Le campement de migrants installé autour de Stalingrad, dans le nord-est de Paris, a été évacué à plusieurs reprises en 2016. Quelques jours après le démantèlement de la « jungle » de Calais, le plus grand campement de migrants et de réfugiés de Paris a été évacué le 4 novembre au matin.
Près de 3.000 personnes s’étaient installées entre les stations de métro de Stalingrad et Jaurès dans l’Est de la capitale. Ils vont être dans un premier temps logés pour une partie dans des gymnases puis dans des centres d’accueil.

Une évacuation d’ampleur dans le quartier de Stalingrad
L’évacuation des migrants a commencé vendredi 4 novembre vers 6 heures du matin dans le quartier de Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris.
2 500 personnes à prendre en charge, 600 policiers mobilisés, 50 agents municipaux présents, ainsi qu’Emmanuelle Cosse, la ministre du Logement.
La ministre du Logement Emmanuelle Cosse a confirmé que l’évacuation concernait « entre 3.000 et 3.500 migrants » et qu’« on a les places pour héberger tout le monde (...) Ça se passe bien, il y a peu de familles », a-t-elle déclaré à l’AFP.
600 membres de forces de l’ordre étaient présents.
Les premiers bus sont partis ce vendredi matin vers 74 centres d’hébergements et une dizaine de gymnases.
Ils vont être dans un premier temps logés pour une partie dans des gymnases puis dans des centres d’accueil.
Le directeur de cabinet du préfet d’Ile-de-France Patrick Vieillescazes assure que « les premiers gymnases seront libérés dès lundi. »
La maire de Paris Anne Hidalgo était présente pendant une partie de l’évacuation.
PARIS • ÉVACUATIONS DES CAMPS DE RÉFUGIÉS STALINGRAD/JAURÈS
Des personnes installées dans des conditions très précaires
Selon la préfecture, les migrants installés dans ce camp sont pour la plupart Soudanais, Afghans et Erythréens.
« Ils dormaient dans des tentes, sur des matelas voire à même le sol pour les moins chanceux ».
Depuis plusieurs mois ces personnes, des hommes en majorité, vivent dans la rue et la situation sanitaire préoccupante.
Le nouveau campement de de migrants installé sous le métro aérien de la station Stalingrad, essentiellement composé de Soudanais, d'Erythréens et d'Afghans, a commencé à être évacué mercredi matin.
Cette évacuation concerne plusieurs centaines de personnes, dont quelques femmes et enfants, installées depuis environ trois semaines dans des tentes et sur des matelas, au milieu des détritus.
Des associations qui estiment que ces « mises à l’abri » s’imposaient en raison des températures très basses de ces derniers jours.
Un jeune afghan, à qui les services de la préfecture d’Île-de-France proposent un logement en province, attend pour monter dans le bus : « Je préfère partir même si ce n’est que pour un mois », dit-il.
« Je n’ai aucune idée de où on va. A Paris, à côté, ça me va. L’important pour moi, c’est d’avoir des papiers. Ça fait un mois que j’étais ici dans une tente, c’est bien de partir », explique Khalid, 28 ans.
« On emmène les gens où ? A Paris ou en province ? » s’inquiète Abderrahmane, 19 ans, Guinéen qui s’est confié à l’AFP.
Des bus vers des centres d’hébergement et des sites de transit
Avant même qu’elle ne commence, les migrants, parfois avec un sac contenant leurs maigres possessions, le plus souvent les mains vides, regroupés sur les trottoirs sous les arches du métro, attendaient les bus devant les emmener vers des structures d’hébergement.
Ils doivent en effet être transportés en région parisienne ou en province, où ils seront accueillis pendant un mois, afin de leur donner le temps de commencer leurs démarches de demandes d’asile, selon les autorités.
Les personnes vont être dirigées vers différents sites de transit en région : Rennes, Rouen et Marseille afin de traiter leurs demandes d’asile.
Les migrants « vont demander l’asile » dans les centres d’hébergement, et « ceux qui ne le font pas ou se conduisent mal, on les met dehors. La France n’est pas une terre de désordre et de pagaille », a déclaré sur place Jean-François Carenco, préfet d’Ile-de-France.
En venant à Paris, par la visibilité que cela offre, les migrants entrent en réalité beaucoup plus vite dans un dispositif d’hébergement et d’asile.
En fin de matinée, l’association Utopia 56 dresse le bilan de cette opération : 338 personnes ont été prises en charge ce mercredi par les autorités.
Une succession d’évacuations et de reconstitutions
Le camp a été évacué plusieurs fois, notamment en juillet et en septembre, mais le camp s’était reformé rapidement.
Le campement de Stalingrad avait été évacué une première fois le 7 mars. Près de 400 personnes avaient alors été mises à l’abri, mais il s’était reconstitué quelques jours plus tard.
Un campement qui s’était formé ces dernières semaines sous le métro aérien au niveau de la station Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris, a été évacué, lundi 2 mai.
Selon la préfecture de Paris, « 1 619 personnes ont été mises à l’abri » et acheminées « vers des centres d’hébergement en Ile-de-France essentiellement ».
Les autorités ont précisé qu’il s’agit de l’opération la plus importante parmi la vingtaine menée depuis un an pour des campements de migrants dans la capitale.
Une vingtaine d’opérations de « mise à l’abri » de ce type ont été organisées à Paris depuis le 2 juin 2015, date de l’évacuation du campement de La Chapelle.
Celui de Stalingrad avait été évacué une première fois le 7 mars, puis le 30 mars, et à chaque fois il s’est reformé peu après.
En un an, ce sera presque la 30e opération d’évacuation du campement.
Un éternel recommencement, qui fait se succéder inlassablement l’arrivée de migrants, le développement d’un camp, un démantèlement avec relogement et, très rapidement, dans la foulée, le retour de nouveaux migrants.
Selon les pouvoirs publics, 20.000 prises en charges ont déjà été faites avant ce nouveau démantèlement.
Pour éviter qu’il y ait une 31e évacuation, il faut créer un dispositif solidaire et vertueux sur l’ensemble du territoire.
Pourquoi les migrants se regroupent-ils à Stalingrad ?
Mais pourquoi les migrants convergent-ils systématiquement vers ces quartiers de Paris nord ?
Pour Héloïse Mary, la réponse est évidente : « Tout simplement parce qu’il y a tout à proximité ! C’est dans le quartier qu’il y a un maximum d’institutions qui peuvent les aider pour ce dont ils ont besoin. »
Des associations, d’abord, comme France Terre d’Asile : leur service d’assistance sociale et administrative est à Max-Dormoy, dans le 18e arrondissement tout proche, et leur centre d’accueil pour demandeurs d’asile est encore plus près, rue Marc-Seguin.
Les arrivants sont aussi non loin de la porte de Clignancourt, où se trouve la préfecture de police, qui accorde les titres de séjour.
Joue aussi la proximité avec la gare du Nord, où passent et arrivent les trains vers l’Angleterre.
Et avec ça, l’espoir, pour certains migrants, d’arriver à se glisser dans l’un d’eux.
Le métro aérien offre en outre, malgré le bruit et la saleté, une certaine protection contre la pluie.
C’est sans doute pour ces raisons que, voilà quatre ou cinq ans, les premiers campements se sont installés et ont fait tache d’huile.
Une géographie parisienne qui se déplace
Depuis quelques années et le début de cette crise migratoire, la géographie des campements parisiens bouge, s’adapte, connaît des flux et des reflux, mais reste grosso modo dans le même périmètre, à quelques stations de métro près.
Il y a d’abord eu le campement de la Chapelle, une vingtaine de tentes à l’origine, qui a fini par grossir avant d’être évacué en juin 2015 ; puis Stalingrad, Jaurès, la Halle Pajol ou les jardins d’Eole…
Au fil des évacuations, les forces de l’ordre ont parfois cherché à rendre les lieux moins accessibles, comme avec l’installation de grillages sous le métro aérien de Stalingrad.
Les migrants se sont alors rabattus sur le terre-plein de l’avenue de Flandres, se sont décalés vers Jaurès, le quai de Jemmapes, mais aussi sur le terre-plein de Stalingrad, sur l’esplanade de la Villette.
S’adaptant en permanence, toujours à la recherche du bout de trottoir où poser leur tente.
Plusieurs centaines de migrants ont été évacuées de leurs camps de fortune installés sur le boulevard qui relie La Chapelle, Stalingrad, Jaurès et Colonel Fabien dans l’est-parisien.
Les autres campements de migrants à Paris
Ceci-dit, malgré sa persistance, le campement de Stalingrad n’est pas le seul dans Paris.
D’autres sont apparus, ont été dissous, se sont reconstitués.
En 2009, il y a ainsi eu les réfugiés afghans qui ont investi le quai de Jemmapes, à proximité de Stalingrad, dans la foulée du mouvement des Enfants de Don Quichotte.
Leur campement est resté un an avant d’être démantelé.
Depuis mai dernier, une ribambelle de tentes sonne le retour.
Il y a aussi les campements de Saint-Ouen, un campement rom installé depuis septembre 2015 et qui a compté jusqu’à 600 habitants, avant d’être évacué le 21 octobre dernier.
Il y avait eu, aussi, le camp de migrants de la gare d’Austerlitz, évacué en septembre 2015.
Mais, encore aujourd’hui, des tentes subsistent.
Le rôle des associations et des autorités
L’évacuation, qui a commencé ce mercredi matin vers 6h20, concerne plusieurs centaines de migrants.
Lancée vers 6h20 par les services de l’Etat, la Ville de Paris et la préfecture de police, l’évacuation a débuté dans le calme, sous la surveillance d’un important dispositif policier.
La circulation a d’ailleurs été coupée sur le boulevard de la Villette.
Très tôt ce mercredi matin, des bus étaient stationnés au pied du métro Stalingrad dans le 19e arrondissement.
Depuis 6h30, plusieurs associations étaient sur place pour venir en aide et guider les migrants.
Emmanuelle Cosse, la ministre du logement, était sur place, tout comme Pierre Henry, le président de l’association France Terre d’asile, et les représentants d’Emmaüs ou de l’Office français d’intégration et d’immigration.
Pierre Henry : L’évacuation se passe dans de très bonnes conditions.
Comme à chaque fois, les migrants veulent partir en premier et partir le plus vite possible de ce lieu d’indignité qu’est devenu le trottoir parisien.
La maire de Paris Anne Hidalgo avait décidé au printemps d’ouvrir un « centre d’accueil humanitaire » dans la capitale.
Doté de 400 lits au départ, il accueillera les migrants quelques jours, avant de les répartir en CAO, centre d’accueil et d’orientation.
Elle avait posé comme condition préalable à son ouverture, l’évacuation du campement.
Le débat sur l’arrivée de migrants après Calais
Et ces derniers jours, dans la foulée du démantèlement de la « jungle » de Calais, le camp de migrants de Stalingrad a grossi, et accueille aujourd’hui près de 2500 personnes, principalement des Erythréens, Soudanais ou Afghans selon la Ville de Paris.
« C’était évident : d’après MSF, 6000 personnes ont été évacuées à Calais, qui comptait 9000 migrants. Où sont les autres ? », questionne Héloïse Mary, présidente de l’association du BAAM, Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants, qui intervient sur place.
Pour plusieurs associations, le grossissement du camp dit de Stalingrad s’expliquait par des reports depuis la « jungle » de Calais, avec l’arrivée de migrants cherchant un passeur pour la Grande-Bretagne.
Thèse réfutée côté gouvernemental, où l’on met en avant les migrants venant sur ces campements dans l’attente d’une évacuation.
Mes équipes n’ont jamais constaté une augmentation du nombre de migrants après la fermeture de Calais.
A Stalingrad et aux alentours, nous avions observé depuis dix jours une hausse régulière du nombre des migrants, mais elle n’était pas du tout liée à Calais.
C’est un faux débat.
La route migratoire entre Paris et Calais est ouverte depuis bien longtemps.
Une opération administrative avant l’évacuation
Publié le 31 octobre 2016 à 17h48, mis à jour le 4 novembre 2016 à 6h05
MIGRANTS - Une opération de « contrôle administratif », prélude à une évacuation dans les prochains jours, a été menée lundi matin sur le campement de migrants installé à Stalingrad, au nord-est de Paris, où 2000 personnes dorment depuis plusieurs jours.
Tôt le matin, les CRS ont débarqué, encerclé les tentes, demandé les papiers des migrants présents.
Détruit des tentes.
Une opération de « vérification de la situation administrative » de la part des forces de l’ordre.
Une de plus, qui augure d’un démantèlement dans les prochains jours.
Le campement de Stalingrad a ainsi concentré, au cours de l’année 2016, des opérations de contrôle, des évacuations et des remises à l’abri successives, tandis que de nouvelles personnes arrivaient et que les tentes réapparaissaient dans les quartiers voisins.
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