France Travail et voyage à l’étranger : règles, déclaration et maintien des allocations

Vous êtes demandeur d'emploi et vous avez prévu de prendre des congés durant l'été ? Pensez à prévenir France Travail, c'est une obligation.

Dès lors que vous vous absentez de votre lieu de résidence habituelle, vous devez avertir France Travail de ce changement de situation. Cela permet à votre conseiller de prendre en compte votre emploi du temps personnel, afin par exemple de ne pas vous proposer de rendez-vous ou de services qui ont lieu à une période où vous êtes absent.

Partir à l'étranger reste possible même en étant demandeur d'emploi. Mais attention, cette mobilité s'accompagne de règles strictes à respecter pour conserver vos allocations.

Peut-on voyager à l’étranger quand on est au chômage ?

Oui, il vous est possible de percevoir vos allocations chômage tout en étant en voyage à l’étranger, mais votre absence doit respecter plusieurs règles.

La règle fondamentale est simple : en tant que demandeur d'emploi, vous devez rester disponible pour occuper un emploi et rechercher activement du travail. Un départ à l'étranger peut potentiellement remettre en question cette disponibilité.

Vous disposez d'un quota de 35 jours calendaires par an, soit cinq semaines, durant lesquelles vous pouvez vous absenter de votre domicile habituel tout en continuant à percevoir vos allocations. Ces jours courent du 1er janvier au 31 décembre.

SituationRègle principale
Voyage ou congés à l’étranger35 jours calendaires par année civile
Absence à déclarerToute absence, quelle que soit sa durée, depuis janvier 2025
Actualisation mensuelleObligatoire, même pendant une absence autorisée
Dépassement du plafondInscription en catégorie « non immédiatement disponible » et arrêt du versement à compter du 36ème jour

Concrètement, si vous partez une semaine à Barcelone ou quinze jours en Asie du Sud-Est, vous continuez à recevoir votre Aide au Retour à l'Emploi (ARE) sans interruption, à condition de respecter la procédure de déclaration et de ne pas dépasser ce plafond annuel de 35 jours.

Vous avez le droit de partir en vacances partout dans le monde pendant une durée maximale de 35 jours par an, soit 5 semaines au total au calendrier.

Carte des voyages à l’étranger depuis France

La déclaration d’absence auprès de France Travail

Depuis janvier 2025, toute absence doit désormais être déclarée à France Travail, quelle que soit sa durée. Auparavant, seules les absences de plus de 7 jours consécutifs devaient être signalées.

Vous devez informer France Travail de tout départ, même pour quelques jours seulement, avant votre absence.

Vous n’avez pas besoin d’une autorisation formelle pour partir, mais il est obligatoire de déclarer cette absence dans un délai maximal de 72 h, soit 3 jours avant votre départ.

Vous pouvez le faire facilement en ligne depuis votre espace personnel. Rendez-vous sur votre dossier de demandeur d'emploi, dans la zone « Mon inscription et mes allocations », dans la zone « Mon inscription », cliquez sur le lien « Signaler un changement de situation ».

La démarche en ligne

  1. Connectez-vous à votre espace personnel sur francetravail.fr.
  2. Accédez à la rubrique « Mon inscription et mes allocations ».
  3. Ouvrez la zone « Mon inscription ».
  4. Cliquez sur le lien « Signaler un changement de situation ».
  5. Déclarez les dates de votre absence et votre situation.

Cette traçabilité vous protégera en cas de litige ultérieur.

Pour voyager l'esprit tranquille tout en préservant vos droits, quelques bonnes pratiques s'imposent. Anticipez toujours vos démarches : déclarez votre absence avant de partir, jamais pendant ou après.

Le plafond de 35 jours calendaires

France Travail vous autorise une absence maximale de 35 jours calendaires par année civile, du 1er janvier au 31 décembre, pour un voyage hors de France, ce qui correspond à environ 5 semaines de congés indemnisés.

Avec le quota de 35 jours annuels, mieux vaut tenir un calendrier précis pour éviter les mauvaises surprises. Certaines applications ou tableaux simples peuvent vous aider à suivre vos départs.

Si vous dépassez les 35 jours d'absence cumulés sur l'année, vous ne serez plus considéré comme immédiatement disponible. Votre inscription sera automatiquement modifiée en catégorie « non immédiatement disponible » et le versement de vos allocations cessera à compter du 36ème jour.

À votre retour en France après un court voyage à l’étranger, vos droits au chômage reprennent normalement si vous avez des droits ouverts. Il suffit d’informer France Travail.

L’actualisation mensuelle pendant un séjour à l’étranger

L'actualisation mensuelle reste évidemment obligatoire, même pendant votre absence.

L'actualisation mensuelle constitue le pilier de votre maintien sur les listes de demandeurs d'emploi. Même en étant à l'étranger, cette obligation demeure. Entre le 28 du mois et le 15 du mois suivant, vous devez vous connecter à votre espace personnel pour mettre à jour votre situation.

Si vous avez déclaré une absence de courte durée, dans la limite des 35 jours, votre actualisation se fera normalement. Indiquez simplement que vous êtes toujours à la recherche d'emploi et renseignez les activités éventuellement exercées durant le mois écoulé.

Enfin, restez joignable pendant votre absence. Une offre d'emploi correspondant à votre profil pourrait vous être proposée, et vous devez pouvoir y répondre rapidement.

Que risque-t-on en cas d’absence non déclarée ?

Attention : si vous dépassez cette limite de 35 jours d’absence dans l’année civile, vous vous exposez à des risques.

Le non-respect de ces obligations expose à des sanctions graduées mais potentiellement lourdes. Si vous oubliez de déclarer votre absence, vous risquez tout d'abord de manquer des convocations ou des opportunités d'emploi.

En cas d’absence non déclarée ou de dépassement des jours autorisés, vous risquez une radiation de la liste des demandeurs d’emploi rétroactive. Cela signifie que toutes les allocations que vous percevez pendant la période non déclarée peuvent vous être demandées en remboursement.

En cas de non-déclaration d'une absence ou de dépassement du quota de 35 jours, vous pouvez être radié de la liste des demandeurs d'emploi. Le versement de vos allocations sera alors interrompu.

Si France Travail découvre que vous avez perçu des allocations pendant une période où vous n'étiez pas disponible pour occuper un emploi, vous devrez rembourser les sommes indûment versées.

Ce manquement équivaut à une fraude aux droits sociaux, susceptible de sanctions administratives sévères, voire pénales en cas de récidive.

Les fraudes ou fausses déclarations peuvent même entraîner des pénalités administratives et, dans les cas les plus graves, des poursuites judiciaires.

Comment France Travail peut-il être informé d’un séjour à l’étranger ?

France Travail est informé de votre présence à l’étranger principalement parce que toute absence doit désormais être déclarée, quelle que soit sa durée, depuis janvier 2025.

Au-delà de cette obligation déclarative, l’organisme peut aussi être alerté par les échanges avec un employeur en cas d’expatriation, ou par l’absence de réponse à une convocation ou une actualisation.

Sans déclaration de votre part, un rendez-vous manqué ou un contrôle de recherche d’emploi non justifié reste le déclencheur le plus fréquent d’une suspicion.

Il n’existe pas de système automatisé permanent connecté aux données de voyage ou douanières. Les agents de contrôle n’ont pas d’outils automatiques pour espionner vos comptes privés fermés.

La méthode de détection la plus simple n’est pas informatique, elle est humaine. Le demandeur d’emploi qui est à l’étranger nous appelle paniqué pour décaler, ou ne se présente pas du tout au rendez-vous. C’est le début automatique de la procédure d’avertissement avant radiation.

De nombreux internautes conseillent sur les réseaux sociaux d’utiliser un outil informatique appelé VPN, réseau privé virtuel, pour masquer sa localisation à l’étranger.

Le VPN permet de faire croire au site de France Travail que votre téléphone se trouve à Paris alors que vous êtes en Espagne.

Tricher volontairement de cette façon transforme une simple omission en un délit de fausse déclaration et d’escroquerie aux allocations publiques.

Si l’administration découvre le pot aux roses lors d’un contrôle ultérieur sur vos fiches de paie ou vos comptes bancaires, elle déposera plainte contre vous devant le tribunal.

Chercher un emploi en Europe avec le formulaire U2

Si votre projet n'est pas de partir en vacances mais de chercher du travail dans un pays de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou en Suisse, une procédure spécifique existe : le transfert temporaire de vos droits au chômage.

Oui, c’est une option légale très intéressante au sein de l’Union européenne grâce au formulaire U2.

Ce dispositif, souvent méconnu, peut s'avérer précieux dans votre parcours professionnel.

Cette exportation de vos allocations est possible pour une durée de trois mois, parfois prolongeable jusqu'à six mois selon les situations.

Le principe est le suivant : vous continuez à percevoir vos allocations françaises versées par France Travail, mais c'est le service de l'emploi du pays d'accueil qui assure votre suivi et votre accompagnement dans votre recherche d'emploi.

Conditions à remplir

  • Vous devez être inscrit comme demandeur d'emploi depuis au moins quatre semaines avant votre départ, sauf circonstances particulières validées par France Travail.
  • Vous devez obtenir le formulaire U2, anciennement E303, auprès de France Travail avant votre départ, qui atteste du maintien du versement de l’assurance chômage.
  • Une fois sur place, vous disposez de sept jours pour vous inscrire auprès du service public de l'emploi local.
  • Vous devez bien évidemment vous conformer au contrôle de la recherche d'emploi de l'État de destination.

Cette démarche nécessite une anticipation. Prenez contact avec votre conseiller France Travail au moins un mois avant votre départ envisagé pour constituer votre dossier et obtenir les documents nécessaires.

À votre retour en France, vous devez vous réinscrire auprès de France Travail dans les sept jours suivant la date de fin d'inscription dans le pays étranger. Vos droits reprennent alors leur cours normal.

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Partir hors de l’Union européenne

La situation se complique si votre destination se situe hors de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse.

En principe, il n'existe pas de portabilité de vos droits vers ces pays, sauf convention bilatérale spécifique entre la France et le pays concerné.

Cependant, si vous partez travailler ou vous expatrier hors Europe, vous pouvez suspendre vos droits. Cette suspension, aussi appelée « gel des droits », vous permet de conserver votre allocation pour plus tard.

Vos droits restent valables pendant une période de trois ans, à laquelle s'ajoute votre durée d'indemnisation initiale.

Exemple concret : vous aviez droit à 24 mois d'ARE. Vous partez au Japon et suspendez vos droits. À votre retour, vous avez jusqu'à cinq ans, 3 + 2, après votre départ pour vous réinscrire et récupérer le reliquat de vos allocations non utilisées.

Pour geler vos droits, lors de votre dernière actualisation avant le départ, déclarez que vous n'êtes « plus à la recherche d'emploi ».

Situations particulières

Suivre son conjoint à l’étranger

Si vous partez à l'étranger pour suivre votre conjoint, concubin ou partenaire pacsé expatrié, vous pouvez bénéficier du dispositif de démission légitime qui vous permet de conserver ou d'ouvrir des droits au chômage.

Renseignez-vous auprès de France Travail avant votre départ.

Suivre une formation à l’étranger

Partir suivre une formation à l'étranger peut être compatible avec le maintien de vos allocations, à condition que cette formation soit validée par France Travail dans le cadre de votre projet professionnel.

Une démarche préalable est indispensable.

Devenir travailleur frontalier

Si vous devenez travailleur frontalier, des règles spécifiques s'appliquent concernant le pays qui vous indemnisera en cas de perte d'emploi.

Ces situations sont complexes et nécessitent un accompagnement personnalisé.

Les démarches au retour en France

Si vous avez simplement pris des congés dans la limite des 35 jours, aucune démarche particulière n'est nécessaire. Continuez simplement vos actualisations mensuelles comme d'habitude.

En revanche, si vous revenez après une exportation de droits en Europe, vous devez vous réinscrire dans les sept jours suivant la fin de votre inscription à l'étranger.

Connectez-vous à votre espace personnel ou appelez le 3949 pour effectuer cette démarche.

Pour ceux qui reviennent après une expatriation hors Europe avec des droits gelés, la réinscription doit intervenir dans le délai de validité de vos droits, trois ans + durée d'indemnisation initiale.

Une fois réinscrit, vous retrouverez le montant et la durée restante de vos allocations, calculés sur la base de votre situation au moment de votre départ.

Faire reconnaître une activité professionnelle exercée à l’étranger

Si vous avez travaillé dans un pays européen et souhaitez faire valoir ces périodes pour ouvrir ou compléter vos droits en France, munissez-vous du formulaire U1, anciennement E301, délivré par l'organisme compétent de ce pays.

Ce document récapitule vos périodes d'emploi à l'étranger et permettra à France Travail de les prendre en compte pour calculer vos droits, à condition que votre dernière activité salariée ait eu lieu en France.

Conditions générales pour conserver ses droits

Pour conserver vos droits au chômage, vous devez être inscrit à France Travail, rechercher activement un emploi et ne pas avoir quitté votre travail sans raison légitime.

On perd ses droits au chômage lorsqu’on a épuisé la durée maximale d’indemnisation prévue, généralement entre 18 et 27 mois selon l’âge, ou en cas de non-respect des obligations de recherche d’emploi.

Les conditions pour ne pas toucher le chômage sont principalement le refus, à deux reprises, d'offres raisonnables d'emploi en CDI dans les 12 mois suivant la fin d'un CDD ou d'une mission d’intérim, sous réserve que ces offres remplissent certains critères, emploi similaire, rémunération équivalente, lieu de travail identique.

Les bons réflexes avant un voyage

  • Déclarez toute absence avant votre départ.
  • Vérifiez le nombre de jours déjà utilisés entre le 1er janvier et le 31 décembre.
  • Ne dépassez pas le plafond de 35 jours calendaires pour les congés indemnisés.
  • Maintenez votre actualisation mensuelle.
  • Restez joignable pendant votre séjour.
  • Contactez votre conseiller en cas de séjour long, de formation internationale ou de projet professionnel à l’étranger.
  • Demandez le formulaire U2 suffisamment tôt si vous partez chercher un emploi en Europe.
  • Conservez les justificatifs de vos démarches et de vos déclarations.

N'hésitez pas à contacter votre conseiller France Travail en cas de doute sur une situation particulière. Un projet de séjour long, une offre d'emploi à l'étranger, une formation internationale : chaque cas mérite un échange avec votre agence pour sécuriser vos démarches.

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