Réfugiées syriennes expertes en plomberie : le parcours de Sana Wardate

Au cœur du district de Ramtha, dans le gouvernorat d’Irbid (Jordanie), Sana Wardate mène une révolution pour la vie des femmes.

En effet, non seulement elle est la seule femme plombier de la région, mais elle se démarque aussi en raison du parcours qui l’a menée jusqu’ici.

Traditionnellement, le rythme du cliquetis des canalisations et l’art de la plomberie étaient l’apanage des hommes.

Pourtant, pour Sana, ces sons sont devenus la symphonie du changement.

Il y a quelques mois, elle a entamé une nouvelle carrière de plombière grâce à l’initiative de l’Union européenne, EDU Syrie.

Ce programme lui a permis d’accéder à un enseignement et une formation techniques et professionnels (EFTP).

Femme plombière syrienne réparant une canalisation

Une formation technique qui change une vie

Grâce à la formation, Sana n’a pas seulement appris la plomberie.

Elle a également acquis des compétences en comptabilité pour aider sa famille à surmonter l’incertitude financière.

« Cette formation a changé ma vie. Mon mari est travailleur journalier et il peut rester des jours sans travail. Il nous est arrivé de n’avoir rien à manger à la maison.

Aujourd’hui, tout a changé.

J’étais une personne timide et renfermée.

Les temps sont révolus où la famille de Sana restait assise avec des assiettes vides, attendant que leur destin change.

Aujourd’hui, grâce à ses nouvelles compétences, elle fait figure de pourvoyeuse et de pilier.

Son parcours montre qu’une formation professionnelle peut répondre à plusieurs difficultés à la fois : apprendre un métier, retrouver une source de revenus et participer directement aux besoins de sa famille.

Une plombière au service des femmes

De nombreuses femmes, contraintes par les normes sociétales, hésitent à inviter des plombiers masculins chez elles.

Consciente de cette situation, Sana est devenue leur solution.

Elle a construit des ponts, et non des murs, se créant une clientèle fidèle de femmes qui la considèrent non seulement comme une plombière, mais aussi comme une alliée de confiance.

Sa réputation ? Impeccable.

Les grossistes, autrefois étrangers, l’accueillent aujourd’hui avec respect, lui proposant des offres et des prix qui en disent long sur son influence.

Dans une région où la plomberie était traditionnellement associée aux hommes, la présence de Sana modifie donc les habitudes professionnelles et sociales.

L’autonomisation des femmes dans les métiers traditionnellement masculins

Mais les rêves de Sana ne s’arrêtent pas là.

L’Union européenne et les membres du consortium EDU Syrie reconnaissent le rôle essentiel de l’autonomisation des femmes dans les secteurs traditionnellement dominés par les hommes.

Pour lutter véritablement en faveur de l’égalité des sexes, il est essentiel de démanteler les vieux stéréotypes qui cantonnent les femmes à des rôles et des professions spécifiques.

En proposant un enseignement et une formation techniques et professionnels (EFTP) adaptés aux femmes dans des secteurs traditionnellement dominés par les hommes, nous permettons non seulement aux femmes de développer leurs compétences, mais nous remettons également en question les normes sociétales.

De plus, lorsque les femmes participent activement à la main-d’œuvre, elles agissent comme un catalyseur de la croissance économique.

De plus, l’intégration des femmes dans des secteurs où elles sont sous-représentées enrichit la diversité globale des compétences de la main-d’œuvre.

Cette réserve de talents alimente à son tour l’innovation, la productivité et la capacité à résoudre les problèmes au sein de ces industries.

Une initiative qui associe réfugiés et communautés d’accueil

Wieke Waterschoot, responsable du programme Education - Refugee Response à la délégation de l’UE en Jordanie, souligne l’importance d’inclure les communautés d’accueil dans les programmes destinés initialement aux réfugiés.

En effet, la communauté d’accueil, avec ses vastes expériences culturelles et professionnelles, ainsi que sa compréhension du contexte socio-économique local, peut grandement bénéficier aux réfugiés.

Elle peut leur apporter des connaissances pratiques et des conseils inestimables, et combler d’éventuels fossés culturels.

L’inclusion de la communauté d’accueil permet une meilleure compréhension et réduit le risque de frictions et de sentiments d’aliénation.

Les réfugiés peuvent ainsi être guidés, ce qui permet de combler les fossés culturels et de favoriser la compréhension mutuelle.

« L’implication de la communauté d’accueil garantit la compatibilité des initiatives avec d’autres projets de développement régional en cours.

Cette approche garantit que les efforts déployés pour soutenir les réfugiés syriens contribueront également à la croissance et au développement globaux de la région, sans pour autant négliger la communauté d’accueil.

La communauté d’accueil peut jouer un rôle crucial dans l’intégration des réfugiés dans l’économie locale.

Le programme EDU-Syrie et la formation professionnelle

Dans le cadre de l’initiative EDU-Syrie, de nombreux projets d’EFTP ont été lancés depuis 2015, dont plusieurs se poursuivent jusqu’en 2028.

En collaboration avec le Luminus Technical University College (LTUC) de Jordanie, ces programmes ont permis à plus d’un millier de personnes d’acquérir de nouvelles compétences et de bénéficier de nouvelles sources de revenus.

Jusqu’à présent, plus d’un millier de personnes ont bénéficié de ces formations qui leur ont permis d’apprendre de nouveaux métiers et de percevoir des revenus.

ÉlémentInformation
Lieu du parcours de SanaDistrict de Ramtha, gouvernorat d’Irbid
Métier exercéPlombière
ProgrammeEDU Syrie
FormationEnseignement et formation techniques et professionnels (EFTP)
Compétences acquisesPlomberie et comptabilité
Début des projets d’EFTPDepuis 2015
Durée de certains projetsJusqu’en 2028
Personnes forméesPlus d’un millier de personnes

D’autres parcours syriens dans la plomberie et le bâtiment

Le parcours de Sana s’inscrit dans un ensemble plus large de programmes destinés à permettre aux réfugiés d’acquérir une qualification professionnelle et de trouver un emploi.

Dix réfugiés bénéficient d'une formation de trois mois à l'Afpa d'Alençon puis d'un contrat de six mois dans le bâtiment, secteur en quête de main-d'œuvre dans l'Orne.

Wissam, 24 ans, a fui Damas en 2011.

En France depuis 2015, il a découvert la plomberie.

Adhérent du dispositif « Hope », il recherche une entreprise.

Wissam Almatar est né à Damas en Syrie, il y a 24 ans.

En 2011, la guerre éclate et sa famille fuit.

« Ma mère et moi avons rejoint la Jordanie à pied parce que je ne voulais pas aller à l’armée, je ne voulais pas attaquer des gens », explique-t-il dans un très bon français.

Il retrouve son père et ses deux jeunes frères et la famille s’y installe « pendant trois ans et cinq mois ».

Wissam trouve un emploi de « responsable de magasin », dans un pressing, où il « trie et repasse les vêtements ».

Le dispositif « Hope » : apprendre le métier et entrer en entreprise

Jusqu’à cette « invitation de l’ONU » à rejoindre la France.

« On est arrivé à l’aéroport de Paris le 14 octobre 2015.

On a été accueilli par le Chef d’État et avec notre dossier Coallia, on a été envoyé directement à Alençon. »

Wissam intègre l’association « Accueil et promotion des étrangers » où il s’initie à la langue française.

Il enchaîne avec la Boîte aux Lettres puis la Mission Locale.

Via le dispositif Réussir, il entre en formation à l’Irfa « par rapport à mon projet de plombier ».

L’Afpa, le Geiq BTP de l’Orne et la fédération ornaise du bâtiment sont mobilisés sur cette action « Hope ».

« Il est destiné à des personnes qui ont le statut de réfugié et leur octroie une formation de trois mois à l’Afpa puis de six mois en entreprise via le Geiq (groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification) qui les salarie », explique Stéphanie Jouglet, la directrice de l’Afpa Normandie à Alençon, pas peu fière d’avoir réussi à intégrer l’Orne dans ce dispositif « Hope ».

« Il a été créé l’an dernier et pour deux ans (2017-2018).

C’est le 4e en Normandie.

Il y en a deux à Rouen pour les Travaux Publics et un à Caen pour les métiers de la propreté ».

L’Orne s’est centré sur le BTP « parce qu’il y a un besoin des entreprises sur notre territoire pour ces métiers.

Les entreprises disent rechercher des candidats mais ne pas en trouver ! »

Formation de plomberie pour réfugiés en France

Les objectifs des trois premiers mois

Vidéos : en ce moment sur ActuVia « Hope », dix futurs professionnels du BTP seront donc bientôt disponibles sur le marché de l’emploi.

« Les trois mois à l’Afpa sont destinés au perfectionnement de la langue française notamment pour les termes professionnels, aux consignes de sécurité aux connaissances de base, des outils et des matériaux » avant la formation pratique en entreprise.

Un contrat encadré par le Geiq BTP

« Mais durant ces six mois, c’est le Geig BTP qui est l’employeur, ce qui n’engendre aucun risque pour l’entreprise.

Sa seule obligation est de faire monter le stagiaire en compétences », assure Stéphanie Jouglet.

Le Geiq assurant, en parallèle, sa mission d’accompagnement social.

La formation à l’Afpa a débuté lundi 9 avril.

Les dix bénéficiaires du projet Hope dans l’Orne seront donc disponibles auprès des entreprises à compter du 9 juillet.

Et pour six mois.

Des entreprises du bâtiment à la recherche de plombiers

L’entreprise d’électricité et de chauffage Blanche était représentée lors de la réunion de présentation du dispositif « Hope ».

« Nous avons déposé l’offre à Pôle Emploi mais en vain.

Et nous avons eu connaissance de ce dispositif par la fédération du bâtiment.

Notre entreprise se situe à Neuilly-le-Bisson, près d’Hauterive, mais les chantiers ont essentiellement lieu à Alençon donc il n’y a pas forcément besoin de mobilité.

Le chef d’entreprise a un salarié et un apprenti mais il est très présent sur les chantiers.

L’entreprise Thépault de Bellême a la même requête.

« Je suis à la recherche d’un plombier-chauffagiste mais pas pour six mois.

Je souhaite un gars, avec de l’expérience ou à former, mais pour le garder sur le long terme.

Notre entreprise compte cinq personnes et nous travaillons à 90 % sur de la rénovation.

Mon chiffre d’affaires vient, pour 65 %, de Parisiens qui s’installent dans l’Orne », annonce le patron qui se dit « ouvert à tout dès l’instant où il peut y avoir une belle rencontre ».

Il précise qu’il se situe « à 40 km d’Alençon » et que la question du logement « n’est pas forcément un problème.

On peut s’arranger ».

Stéphanie Jouglet note que, durant ces neuf mois de dispositif, les bénéficiaires « sont hébergés à l’Afpa d’Alençon ».

L’Afpa, le Geiq BTP de l’Orne et la fédération ornaise du bâtiment sont mobilisés sur cette action « Hope ».

Le projet professionnel de Wissam

Tél.

Mardi 27 mars, la fédération du bâtiment et l’Afpa organisaient une rencontre avec des professionnels du BTP et des candidats pour leur présenter le dispositif « Hope ».

Wissam y assistait.

« J’aimerais bien trouver une entreprise pour valider mon diplôme et améliorer mes compétences.

Titulaire d’une carte de séjour de dix ans, Wissam ne cache pas qu’il ne souhaite pas rentrer en Syrie.

« J’aimerais m’installer en France.

Mais pas rester au chômage !

Ça ne m’intéresse pas de ne rien faire.

Pour Chantal Guillet, présidente de la Fédération ornaise du bâtiment et des travaux publics, « l’idée est de les aider à se former aux métiers du BTP pour qu’ils puissent reconstruire leur pays quand ils rentreront.

D’autant que certains d’entre eux n’ont connu que la guerre !

Elle salue d’ailleurs « leur implication » dans cette démarche.

« Nous n’avons aucun souci de savoir être avec eux.

Et ils sont surpris de voir ce que la France peut leur apporter en matière de formation.

La plomberie comme voie d’insertion

Les formations choisies ciblent des secteurs en tension qui ont du mal à recruter, notamment le bâtiment et la restauration.

« Quand ils sont entrés en formation qualifiante, qu’ils ont commencé à pratiquer, cela a été un changement total », explique le formateur encore impressionné par la volonté de ses élèves qui « veulent s’intégrer et font tout pour ».

Les stages en entreprises en immersion totale ont permis une meilleure compréhension de la langue et facilité l’expression orale.

Le résultat ne s’est pas fait attendre, l’expression s’est libérée.

« Vous faites un atelier de plomberie mais vous faites aussi assistante sociale » dit encore l’enseignant qui considère avoir « eu une enfance royale » après avoir entendu le récit de Majdi venu du Soudan.

Les formations professionnelles ne transmettent donc pas uniquement des gestes techniques.

Elles permettent aussi de progresser en français, de comprendre les règles de sécurité, de découvrir les outils et les matériaux, de s’adapter au fonctionnement d’une entreprise et de retrouver une place dans la société.

Les obstacles linguistiques et administratifs

Quatre mois ont été consacrés à l’apprentissage de la langue et de la culture française, quatre autres à apprendre un métier pour une cinquantaine d’entre eux.

« Un peu compliqué » pour Imam, 26 ans, ou « vraiment difficile » pour Hamed, 32 ans, le français est un obstacle de taille pour la majorité d’entre eux.

« On est passé par la vidéo, par le mime, par le dessin, on a fait de tout, explique Jilianne Roucou, formatrice langue française langue étrangère (FLE).

En mathématiques, « il était impossible pour eux de poser des multiplications et pourtant ils faisaient des calculs mentaux justes, même avec les chiffres à virgule », raconte la formatrice.

À ces difficultés, se greffent celles liées à l’administration.

Par exemple « savoir remplir une feuille d’impôt pour obtenir un logement est fondamental, tout comme reconnaître le logo d’une administration », insiste Christophe Vandaele.

Un appui très sérieux » des préfectures a permis de constituer les dossiers pour l’obtention du statut de réfugié politique.

Pour gagner du temps, ils ont été traités de manière groupée et les demandes administratives aux pays d’origine ont été faites par les autorités françaises.

Des visites de musées dans Paris ont aidé à la compréhension de la culture du pays où l’avenir des réfugiés est désormais inscrit.

Des parcours marqués par la guerre

Pour les personnes réfugiées, la formation et l’emploi s’inscrivent souvent dans une histoire de rupture, de perte et de déplacement.

Dans une des familles de réfugiés, le père était blessé à la jambe : il a reçu des éclats d’obus, ce qui l’a décidé à tout quitter et à emmener sa famille au Liban.

Il a abandonné sa maison, son travail et son statut social.

Physiquement incapable de travailler, il n’a pas les moyens de se faire soigner.

Les yeux brillants de souffrance, il nous a avoué sa honte à ne pas pouvoir prendre soin de ses enfants comme il le souhaiterait.

Et dans ce contexte, pouvoir choisir du riz plutôt que des pâtes, des pois chiches plutôt que des lentilles ne prête pas à sourire : le respect des personnes et de leur dignité passe aussi par de petits gestes et ce choix qui semblerait futile s’avère être un pas pour s’éloigner de la détresse.

Au Liban, j’ai pu constater ce que je savais déjà : l’aide est essentielle car les gens manquent de tout, d’un toit, de nourriture, de soins médicaux.

L’accès à l’eau, un défi majeur au Liban

Depuis 2013, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient au Liban, dans la Bekaa et au Akkar, auprès de 75 000 réfugiés syriens répartis dans 1 600 campements informels, principalement sous tente.

Au Liban, l’accès à l’eau se fait principalement par puits privés non-régulés et livraison d’eau par camion et seulement 8% des eaux usées sont traitées.

Les réfugiés syriens, au nombre total de 1,5 million dans le pays, dont 310 000 vivant dans 5 900 campements informels, représentent donc une pression supplémentaire sur les infrastructures, les ressources et l’environnement.

Les restrictions gouvernementales visant à ne pas pérenniser la présence des réfugiés impactent la réponse Eau, Assainissement et Hygiène aux besoins de base.

La fourniture d’eau potable et la vidange des latrines se font surtout par camions, sans régulation suffisante.

Afin de limiter cette dépendance, notre ONG développe des solutions alternatives.

Pour remédier à ce problème, nos équipes installent des systèmes de traitement de l’eau lorsqu’ils permettent une économie par rapport à la livraison par camion.

Depuis 2017, 18 sites ont ainsi été équipés de systèmes d’ultrafiltration, traitant la contamination microbiologique sans électricité et avec peu d’entretien.

Toutefois, la contamination chimique empêche un développement à large échelle.

C’est pourquoi nous testons depuis 2019 des systèmes de traitement plus complexes par osmose inverse et expérimenterons en 2021 un traitement par échange d’ions.

Ces technologies ayant un coût, une consommation d’énergie et un niveau de maintenance supérieurs, nos équipes étudieront leur adaptation comme solution alternative à la livraison d’eau par camion dans les campements informels.

Pour l’assainissement, depuis 2015, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL installe, lorsque c’est possible, des fosses septiques réduisant les coûts de vidange des latrines.

Aux problématiques financières et de durabilité, se rajoute l’impact sanitaire et environnemental.

En 2019, le gouvernement a cependant commencé à viser municipalités, industries et campements informels ne respectant pas les normes de rejet, notamment en interdisant les campements dans certaines zones sensibles et en imposant de nouveaux critères d’intervention pour les ONG.

Depuis 2019, notre ONG participe, dans le cadre d’un projet pilote financé par l’UNICEF, au développement de systèmes innovants de traitement des eaux usées dans les campements informels.

La crise économique et la COVID-19 ont ralenti les projets mais début 2021, 14 systèmes auront livré leurs premiers résultats.

Accès à l’eau dans un campement syrien au Liban

L’eau et la dignité des familles réfugiées

Au Liban, un habitant sur quatre est aujourd’hui un-e réfugié-e syrien-ne.

Boire, cuisiner, se laver restent ainsi un défi pour de nombreuses familles syriennes ayant un accès limité à l’eau.

« Maintenant on a de l’eau chaude.

Alors que le conflit et les atrocités continuent en Syrie, une assistance de long-terme est vitale pour Yasmine et les réfugié-e-s syriens du Liban.

Aurélie Millon, responsable de la collecte de fonds à Oxfam France, s’est rendue au Liban en septembre 2014 et a pu visiter les programmes d’Oxfam sur place, notamment un projet d’assistance alimentaire financé par le Ministère des Affaires Etrangères français.

Une assistance durable concerne donc à la fois l’accès à l’eau, l’assainissement, l’alimentation, les soins médicaux, le logement et la possibilité de travailler.

Des compétences pour retrouver une autonomie

Les parcours de Sana et de Wissam montrent deux dimensions complémentaires de l’insertion professionnelle.

La première consiste à acquérir une compétence concrète dans un secteur qui recrute.

La seconde consiste à bénéficier d’un accompagnement social, linguistique et administratif permettant de transformer cette compétence en véritable emploi.

Dans le cas de Sana, la plomberie lui donne les moyens de soutenir sa famille et répond à une demande particulière de femmes qui souhaitent pouvoir faire intervenir une professionnelle chez elles.

Dans le cas de Wissam, le dispositif prévoit une formation de trois mois, puis une expérience de six mois en entreprise avec un accompagnement social assuré par le Geiq.

Ces initiatives permettent aux réfugiés d’acquérir de nouvelles compétences et de bénéficier de nouvelles sources de revenus.

Elles contribuent aussi à l’intégration des réfugiés dans l’économie locale.

Pour les femmes syriennes, l’accès à des métiers comme la plomberie ouvre en outre un espace professionnel où elles peuvent devenir des travailleuses qualifiées, des prestataires recherchées et des modèles pour d’autres femmes.

La clientèle fidèle de Sana, l’accueil respectueux des grossistes et la reconnaissance de son rôle dans la famille illustrent les effets concrets de cette évolution.

Une insertion qui demande un accompagnement durable

Alors que le conflit et les atrocités continuent en Syrie, une assistance de long-terme est vitale pour Yasmine et les réfugié-e-s syriens du Liban.

La formation professionnelle ne peut produire pleinement ses effets que si elle s’accompagne d’un accès aux revenus, au logement, aux soins, à l’eau et aux services essentiels.

Les expériences menées en Jordanie et en France associent plusieurs acteurs : organismes de formation, entreprises, associations, institutions publiques, organisations internationales et communautés d’accueil.

Cette coopération permet de répondre simultanément aux besoins des personnes réfugiées et aux difficultés de recrutement de certains secteurs.

Elle contribue également à réduire les fossés culturels et à favoriser la compréhension mutuelle.

« L’implication de la communauté d’accueil garantit la compatibilité des initiatives avec d’autres projets de développement régional en cours.

La communauté d’accueil peut jouer un rôle crucial dans l’intégration des réfugiés dans l’économie locale.

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