Accueil des immigrés à Issoudun : structures, accompagnement et solidarité

À Issoudun, l’accueil des migrants et des demandeurs d’asile s’appuie sur des structures d’hébergement, un accompagnement social et l’implication de nombreux partenaires locaux. Cette organisation s’inscrit dans le dispositif national mis en place après le démantèlement de la « jungle » de Calais.

La crise migratoire résulte des désordres du monde, que nul n’ignore, et contraignent à l’exil des milliers de femmes et d’hommes qui fuient les guerres et les persécutions. Elle concerne l’Europe entière.

Plus d’1,2 million de femmes, d’hommes et d’enfants ont franchi les frontières extérieures de l’Union européenne au péril de leur vie. La France agit au plan européen, et prend sa part de l’indispensable effort d’accueil des personnes en besoin de protection.

Accueil de demandeurs d’asile en France

Le dispositif d’accueil mis en place à Issoudun

Depuis le 2 novembre, c’était l’attente. Officiellement prêt depuis cette date, le Centre d’accueil et d’orientation (CAO) d’Issoudun attendait sereinement les quarante réfugiés devant être logés dans les dix appartements aménagés.

Dans le département, un premier bus avec à son bord 34 migrants en provenance de Calais est arrivé le 25 octobre dernier. Ils ont trouvé refuge dans les centres préparés à Argenton-sur-Creuse et à Châteauroux.

Depuis, la « jungle » a été démantelée. C’est désormais de Paris que les migrants partent pour être acheminés vers les centres d’accueils ouverts dans de multiples villes de France.

Ceux arrivés jeudi, en début de soirée à Issoudun, sont partis de la capitale en fin de matinée le même jour. Fatigués, et certainement un peu perdus, ils ont été accueillis autour d’un goûter chaleureux par l’association indrienne Solidarité accueil qui gère les dix appartements mis à leur disposition aux quatre coins de la commune.

Leur arrivée n’ayant pas encore fait l’objet d’une communication officielle, l’association se refuse pour le moment à tout commentaire.

Les réfugiés seraient essentiellement des hommes seuls fuyant les pays africains en guerre, notamment la région du Darfour au Soudan. À Issoudun, Solidarité accueil préparait depuis plusieurs semaines leur arrivée.

Dans les logements vacants attribués au CAO, les bénévoles ont pris soin de prévoir tout le nécessaire afin de leur réserver des conditions d’accueil décentes et humaines.

Du CAO à l’HUDA

L'Hébergement d'Urgence pour Demandeurs d'Asile (HUDA) est un dispositif servant à pallier le manque de place en Centre d'Accueil pour Demandeurs d'Asile (CADA).

Ce dispositif est géré régionalement. Selon la circulaire du 31 décembre 2018, il est destiné à accueillir des personnes en procédure accélérée ou dublinées.

Les HUDA ont pour objectif d'offrir un sas d'accueil et d'orientation pour les migrants stationnant sur le sol français avec la nécessité d'une solution temporaire de mise à l'abri.

En application de la note d'information du 31 décembre 2018 relative au parc d'hébergement des demandeurs d'asile et des bénéficiaires de la protection internationale, le CAO d'Issoudun géré par Solidarité Accueil est devenu un HUDA au 1er juillet 2019.

L’établissement Solidarité Accueil à Issoudun

Établissement SOLIDARITE ACCUEIL à ISSOUDUN en activité.

Cet établissement est un établissement secondaire de l’association SOLIDARITE ACCUEIL, qui possède 13 autre(s) établissement(s).

Une association est constituée d’autant d’établissements qu’il y a de lieux différents où elle exerce - ou a exercé - son activité.

Il faut bien distinguer la fiche résumé de l’association et les fiches de ses établissements.

Immatriculé sous le siret 328 768 940 00111, cet établissement est en activité. Il a été créé le 24 octobre 2016, il y a 10 ans.

Son domaine d’activité est : hébergement social pour adultes et familles en difficultés et autre hébergement social (87.90b).

ÉlémentInformation
NomSOLIDARITE ACCUEIL
LocalisationISSOUDUN
SIRET328 768 940 00111
Date de création24 octobre 2016
Activitéhébergement social pour adultes et familles en difficultés et autre hébergement social (87.90b)
Statuten activité

Les locaux et les conditions d’hébergement

Mardi 14 Juin 2022, plusieurs salariés de chaque site de notre Association SOLIDARITE ACCUEIL ont visité la Structure d’Hébergement d’Urgence pour Demandeur d’Asile située au : 2 rue du Boucher Gris - 36100 ISSOUDUN.

Cette initiative de la part de nos Présidents et Vice-Présidente a permis aux salariés externes au service concerné, d’une part de visiter cette structure dans son ensemble ; d’autre part de mieux connaître et comprendre les missions nombreuses et variées confiées à ce service.

Les bureaux de l’HUDA sont situés en centre-ville et les résidents sont hébergés dans des appartements en co-location.

Nous avons pu ainsi visiter les bureaux et échanger avec nos collègues d’ISSOUDUN qui nous ont réservé disponibilité et accueil chaleureux.

Ils nous ont présenté leurs missions : les travailleurs sociaux sont chargés d’accompagner les demandeurs d’asile, orientés sur la structure par l’OFII, dans leurs démarches administratives de demande d’asile, dans leur suivi lié à la santé mais aussi dans leur intégration à la vie française : codes sociaux et pratique de la langue.

Appartements de demandeurs d’asile à Issoudun

Un accompagnement administratif, sanitaire et social

L’accompagnement proposé à Issoudun couvre plusieurs aspects de la vie quotidienne et du parcours administratif des demandeurs d’asile.

Les travailleurs sociaux sont chargés d’accompagner les demandeurs d’asile, orientés sur la structure par l’OFII, dans leurs démarches administratives de demande d’asile, dans leur suivi lié à la santé mais aussi dans leur intégration à la vie française : codes sociaux et pratique de la langue.

Dès lors qu’ils ont le statut de réfugié les travailleurs sociaux accompagnent la personne dans sa recherche de logement ou d’hébergement ainsi que dans sa recherche d’emploi.

Tout ce travail s’effectue avec de nombreux partenaires.

Nous avons aussi pu découvrir les outils et autres astuces créés par l’équipe en lien avec l’intégration des demandeurs d’asile.

Par exemple, des jeux de société pertinents et ludiques sur des sujets de citoyenneté sont à disposition des usagers, des ateliers de cours français ont pu être élaborés autour des besoins fondamentaux des usagers.

Les cours de français et l’intégration dans la vie locale

Cela fait deux mois que des migrants sont au centre d'accueil et d'orientation d'Issoudun (CAO), géré par l'association Solidarité Accueil, et ils vont enfin commencer les cours de français cette semaine, chose qu’ils attendaient avec impatience.

En deux mois, ils ont commencé à s’adapter à la vie en France, à la gestion du voisinage.

Ils s’intègrent selon Mylène Coulange, une travailleuse sociale, même s’il ne faut pas oublier des étapes et s’il faut surtout le temps long de l’administration.

Ils sont vraiment dans l’optique de se dire « je veux être un Français lambda, je veux m’intégrer, travailler, ne plus dépendre des aides de l’Etat ».

Les ateliers de cours français ont pu être élaborés autour des besoins fondamentaux des usagers.

Ce moment a permis aux salariés du service de l’HUDA d’exprimer un réel besoin de bénévoles pour l’accompagnement des usagers de ce service dans leurs démarches d’apprentissage de notre langue.

Il nous a été précisé que les sœurs de la Paroisse d’ISSOUDUN apportaient généreusement leur contribution et leur soutien de manière régulière pour aider les usagers de ce service.

Le parcours des personnes accueillies

Ils étaient quarante dans le bus qui a fait le voyage de Paris à Issoudun en novembre 2016.

Aujourd’hui, ils ne sont plus que trente-deux à vivre dans la dizaine d’appartements dispatchés dans la ville.

Sept sont partis vers une destination inconnue, un autre, qui avait déjà le statut de réfugié en France, suit le parcours classique et vit actuellement dans un centre d’insertion à Châteauroux.

Parmi ceux qui restent, six ont le statut de réfugiés, les autres sont demandeurs d’asile.

SituationNombre ou indication
Personnes arrivées dans le busquarante
Personnes vivant encore dans les appartementstrente-deux
Personnes parties vers une destination inconnueSept
Personnes ayant le statut de réfugié parmi celles qui restentsix
Logementsune dizaine d’appartements

Mamadou a fui la Guinée en 2016 parce qu’il s’y dit menacé de mort à cause de son engagement dans l’opposition au dirigeant du pays.

Avant d’arriver à Issoudun, il a passé un mois dans un camp dans le nord de Paris.

« J’ai eu de la chance de venir par-là », dans l’Indre, dit-il.

Il passe de bons moments avec les riverains, dit s’entendre avec tout le monde.

« Je suis musulman, mais dimanche dernier je suis allé à l’église parce que les croyants nous avaient invités. Après ils nous ont emmenés dans une autre salle pour manger avec eux et danser. »

Le rôle des bénévoles et des habitants

Une vie remplie, dit-il, mais le directeur du pôle social de Solidarité active cherche encore des bénévoles pour proposer des activités aux demandeurs d’asile.

Des visites, des promenades, des conversations, ou tout simplement un accès à internet.

Mohamed Lounadi voudrait aussi qu’un animateur sportif ou socio-culturel veuille bien les rencontrer quelques fois par mois ou par semaines, pour des activités sportives.

Le sport c’est une activité qui permet aux demandeurs d’asile d’oublier temporairement leurs souffrances, leurs parcours, parce qu’ils sont souvent traumatisés.

Le besoin de bénévoles concerne également l’accompagnement des usagers dans leurs démarches d’apprentissage de la langue française.

Les activités peuvent prendre des formes simples : visites, promenades, conversations ou accès à internet.

Les relations avec les habitants participent aussi à l’adaptation à la vie en France et à la gestion du voisinage.

Une journée de découverte et de coopération

Puis, un pique-nique organisé par l’ensemble du personnel présent a été dégusté dans la bonne humeur sur le site du joli et bucolique parc François MITTERRAND.

Ce moment de partage, de convivialité et d’échanges avec une météo radieuse, a permis aux salariés et membres de l’équipe de la Présidence et de la Direction de faire plus ample connaissance autour de mets préparés par toutes les personnes présentes.

Nous avons tous exprimé un réel enthousiasme, et pour clore cette journée nous avons proposé de nous rencontrer de nouveau dans d’autres lieux afin de fédérer les équipes.

Nous remercions Monsieur Le Président et Madame La Vice-Présidente d’avoir organisé cette journée.

Le contexte national de l’accueil des migrants

Le préfet de la région Centre-Val de Loire, Nacer Medah, annonçait en début de semaine l'arrivée de 580 migrants supplémentaires dans ce plan gouvernemental d'évacuation de la « jungle » de Calais.

À l’heure où la situation dramatique de la jungle de Calais peut enfin trouver une issue solidaire, certains font le choix de jouer le jeu de la peur, de la division, de l’extrémisme.

C’est un jeu dangereux qui porte atteinte aux valeurs de la République.

Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, s’était exprimé jeudi demandant aux élus locaux de s’opposer à l’accueil des migrants.

André Laignel, maire d’Issoudun et François Rebsamen, maire de Dijon, demandent aux autres élus locaux d’exprimer leur solidarité envers Calais.

Et alors que les Français attendent une sortie de crise honorable, le chef de file du parti « Les Républicains », Président de Région Rhône-Alpes et son compère de la Région PACA s’exonèrent honteusement de leurs responsabilités et du devoir de solidarité.

Les faits sont têtus : en dépit des contrevérités proférées, l’immense majorité des migrants présents à Calais ne sont pas des migrants économiques irréguliers ; ce sont des hommes, des femmes et d’enfants qui fuient la guerre et les persécutions.

La différence est majeure.

La France a vocation à leur donner asile.

Le fonctionnement des centres d’accueil et d’orientation

Mensonge, enfin, lorsque les mêmes parlent de « mini-Calais ».

Depuis neuf mois, 161 Centres d’Accueil et d’Orientation ont été créés en France, dans un dialogue systématique avec les maires de toutes sensibilités politiques.

Intégralement financées par l’Etat, ce sont des petites structures, très encadrées, dans lesquelles les associations accompagnent les migrants vers la demande d’asile.

D’ores et déjà, ils ont permis l’accueil de 5 500 personnes dans des conditions positives.

Qui peut soutenir qu’un grand pays comme le nôtre, 65 millions d’habitants, ne peut dignement accompagner vers l’asile 9 000 personnes en détresse ?

Au nom de quel égoïsme la ville de Calais aurait-elle vocation à être abandonnée ?

La France agit au plan européen, et prend sa part de l’indispensable effort d’accueil des personnes en besoin de protection.

Elle démantèle les filières de passeurs qui prospèrent cyniquement sur la détresse des êtres humains.

Notre politique migratoire est maîtrisée : la demande d’asile en France, qui s’établit à 65 000 en moyenne annuelle ces dernières années, atteindra 100 000 en 2016.

L’Etat agit depuis des mois pour le démantèlement de la jungle de Calais.

Il est dans son rôle lorsqu’il organise et finance un accueil digne et maîtrisé des réfugiés et demandeurs d’asile.

Les mensonges à répétition ne font pas une vérité.

Ils créent de la peur, de la division, de la haine.

Nous ne pouvons laisser installer une situation de tension dans notre pays qui a besoin de rassemblement et de raison.

Nous voulons que la France demeure fidèle à ses valeurs.

C’est là son honneur.

Un contact pour le CAO d’Issoudun

Contacter le CAO d’Issoudun par téléphone : 02 54 03 53 40

Allocation(Aide) pour Demandeur d'Asile je vous dis tout....

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