Solde migratoire du Vietnam : dynamiques démographiques, départs et migrations vers la France

Le solde migratoire du Vietnam correspond au nombre annuel moyen d’immigrants moins le nombre d’émigrants sur la période quinquennale précédente, du 1er juillet au 30 juin des années initiale et finale, ou sur la période quinquennale suivante pour les données de 2016.

Un nombre négatif signifie qu’il y a plus d’émigrants que d’immigrants. Cet indicateur doit être distingué de la variation totale de la population, qui dépend également des naissances et des décès.

Comment interpréter le solde migratoire vietnamien

Le compteur Population du Viêt Nam (en direct) affiche une estimation continuellement mise à jour de la population actuelle du Viêt Nam, fournie par l'algorithme RTS de Worldometer, qui traite des données collectées auprès de la Division de la population des Nations Unies.

Le graphique Population du Viêt Nam (1950 - 2026) représente la population totale au 1er juillet de chaque année, de 1950 à 2026.

Le graphique Taux de croissance annuel de la population représente les variations annuelles en pourcentage de la population enregistrées au 1er juillet de chaque année, de 1951 à 2026.

Cette valeur peut différer de la Variation annuelle en % indiquée dans le tableau historique, qui indique la variation en pourcentage équivalente de la dernière année en supposant une variation homogène au cours de la période quinquennale précédente.

IndicateurDéfinition
AnnéeAu 1er juillet de l'année indiquée.
PopulationPopulation totale, tous sexes et tous âges confondus, au 1er juillet de l'année indiquée.
Solde migratoireNombre annuel moyen d'immigrants moins le nombre d'émigrants sur la période quinquennale précédente.
Variation annuelleVariation absolue de la population totale ou variation numérique annuelle moyenne selon la période considérée.
Variation annuelle en %Variation en pourcentage de la population totale ou variation annuelle équivalente calculée sur la période quinquennale précédente.

Les données reposent sur les Perspectives de la population mondiale : la révision de 2024. Pour les années prévisionnelles, la variante de fécondité moyenne de l'ONU est utilisée.

Une population vietnamienne en forte progression

Avant la pandémie de coronavirus, le Vietnam affichait une croissance économique annuelle d'environ 7%.

Cette croissance s’accompagne également d’une évolution démographique et sociale rapide.

Sa population a passé le cap des 101 millions d'habitants en 2025, contre environ 60 millions en 1986, et devrait passer à 120 millions d'ici 2050.

Cette progression démographique ne permet toutefois pas de conclure directement à un solde migratoire positif. Une population peut continuer à augmenter malgré un solde migratoire négatif lorsque l’accroissement naturel reste supérieur aux départs.

La fécondité constitue donc un autre indicateur essentiel. Le taux de fécondité, ou indice synthétique de fécondité, est exprimé en enfants par femme.

Il est calculé comme le nombre moyen d'enfants qu'une femme moyenne aura au cours de sa période de procréation, de 15 à 49 ans, sur la base des taux de fécondité actuels de chaque groupe d'âge dans le pays, et en supposant qu'elle n'est pas soumise à la mortalité.

Les facteurs économiques et sociaux des départs

Le Vietnam entretient de bonnes relations diplomatiques et commerciales avec les États-Unis et la Chine.

Le pays figure parmi les économies à la croissance la plus rapide au monde, mais les écarts de revenus, les perspectives professionnelles et les différences de niveau de vie continuent d’influencer les choix migratoires.

Les Vietnamiens qui arrivent au Royaume-Uni ne disent pas grand-chose à leur famille restée au pays des risques encourus, explique la BBC.

La tragédie de 2019, où 39 Vietnamiens avaient été retrouvés morts, asphyxiés dans un camion à Londres, semble même pour certains un simple accident de parcours, un coup de malchance.

Mais cela a poussé les candidats à l'exil à s'éloigner des routes pour se tourner vers les petits bateaux, ajoute la BBC, mus par l'espoir d'une vie meilleure sur le plan économique, dans un pays où le salaire moyen ne dépasse pas les 280 euros, et par l'envie de démocratie, aussi.

Carte des flux migratoires du Vietnam

Les départs clandestins vers le Royaume-Uni

Sur l'ensemble de 2024, 36 816 migrants sont parvenus à traverser la Manche depuis la France, soit 25% de plus qu'en 2023.

Les Vietnamiens constituent l'une des premières nationalités, avec les Afghans et les Iraniens, à entrer illégalement au Royaume-Uni, sur les fameux « petits bateaux ».

Ils sont plus de 4 000 à avoir débarqué illégalement sur les côtes anglaises en 2024, soit 13% des arrivées totales, rapporte le journal britannique The Independent.

Les Vietnamiens ont même dépassé temporairement les Afghans et les Iraniens sur les six premiers mois de l'an dernier, précise la BBC.

Phuong, par exemple, s'est demandée si elle devait monter à bord d'un petit canot pneumatique où s'entassaient 70 personnes.

Cette Vietnamienne, coincée en France depuis deux mois, décrit la situation et se souvient « qu'il n'y avait pas assez de gilets de sauvetage pour tout le monde. La peur palpable, l'épuisement et le désespoir sur les visages ».

Phuong, qui a quitté le Vietnam et transité par la Hongrie, « avait déjà dû faire demi-tour trois fois au milieu de la Manche à cause du mauvais temps ou d'une panne de moteur ».

Elle ne pouvait pas rebrousser chemin une fois de plus, elle qui a emprunté l'équivalent de 30 000 euros pour rejoindre l'Angleterre et sa sœur, qui vit à Londres, précise la BBC.

Phuong est finalement arrivée saine et sauve, raconte le média public britannique.

Sans aucun statut légal, cette jeune Vietnamienne rêve désormais d'économiser suffisamment d'argent pour fonder une famille.

Calais : rencontre avec des migrants qui tentent la traversée de la Manche en bateau • FRANCE 24

Endettement, réseaux de passeurs et exploitation

Les passeurs facturent généralement entre 18 000 et 40 000 euros le voyage du Vietnam vers le Royaume-Uni.

Dans certains cas, le coût du trajet conduit les candidats au départ à s’endetter lourdement avant même leur arrivée.

Dans les pays de destination, les conditions de séjour peuvent rester précaires et exposer les migrants à différentes formes d’exploitation.

Des femmes vietnamiennes peuvent devenir victimes de trafic sexuel, ou bien être exploitées dans des salons de manucure britanniques, rapportent encore le journal vietnamien Tuoi Tre ainsi qu'une enquête de la BBC de fin décembre.

Dans ce pays de 100 millions d'habitants où la diaspora aide à faire vivre des familles entières, relève Sky News, les passeurs se servent des anciens pays du bloc communiste, comme la Hongrie, pour obtenir des visas vers le Royaume-Uni, précisent The Telegraph, The Week et le journal vietnamien VN Express.

« C'est une activité très lucrative », confie un passeur vietnamien à la BBC : « Si vous avez une bonne réputation, les clients viennent à vous. Pas de violence, pas d'histoires ».

Cet homme montre, sous couvert d'anonymat, comment il falsifie des fiches de salaire et des relevés bancaires pour faire sortir ses compatriotes du Vietnam.

Il explique encore que les gens lui font confiance et qu'il n'échoue jamais dans son travail.

Il se défend également, face aux questions du journaliste de la BBC, de forcer les Vietnamiens à emprunter des routes dangereuses et leur conseille même de rester chez eux plutôt que de s'endetter davantage.

En mars, le ministère de l’Intérieur britannique a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour dissuader les Vietnamiens de venir illégalement, rapporte Sky News.

Mais selon ITV News, ce trafic d'êtres humains entre le Vietnam et l'Angleterre continue de prospérer : il génère 5 milliards de dollars de chiffre d'affaires par an.

La diaspora vietnamienne et les transferts familiaux

L’existence d’une diaspora importante contribue à maintenir des liens économiques, sociaux et familiaux entre le Vietnam et les pays d’installation.

Dans ce pays de 100 millions d'habitants où la diaspora aide à faire vivre des familles entières, relève Sky News, les réseaux familiaux peuvent ainsi constituer un facteur d’attraction pour les départs.

Les Vietnamiens qui arrivent au Royaume-Uni ne disent pas grand-chose à leur famille restée au pays des risques encourus, explique la BBC.

La migration peut donc être associée à des transferts financiers, mais aussi à des obligations familiales, à la recherche d’un emploi et à l’espoir d’améliorer durablement les conditions de vie des proches.

Une migration vietnamienne liée à l’histoire de la France

En effet, l’histoire de l’immigration de l’Asie du Sud-est en France se confond largement avec celle de l’ancien Empire colonial, et plus particulièrement avec la période de l’Indochine française.

La colonisation française du Sud-est asiatique s’opère en plusieurs étapes, entre 1862 et 1898.

Cependant, avec l’abolition de l’esclavage en 1848, des travailleurs asiatiques sont engagés pour suppléer la main-d’œuvre dans les colonies sucrières françaises des Antilles et de l’Océan Indien.

Entre 1853 et 1892, la France recrute près de 248 000 travailleurs d’Afrique ou d’Asie pour travailler dans les colonies sucrières ou construire des infrastructures dans son empire colonial.

Cette situation est bouleversée avec les deux conflits mondiaux.

En effet, les besoins en main-d’œuvre et en soldats étant alors particulièrement importants en métropole pour soutenir l’effort de guerre, la France fait appel aux populations de son empire colonial.

Ainsi, l’Indochine fournit près de 43 000 combattants et 49 000 travailleurs pour la Première Guerre mondiale, principalement affectés dans des usines réorientées vers l’effort de guerre, comme les poudreries toulousaines.

À la fin du conflit, ces populations sont bien souvent sollicitées pour participer à la reconstruction et au déminage, ce qui retarde d’autant leur rapatriement en Asie.

Les Vietnamiens en France pendant l’entre-deux-guerres

Dans l’entre-deux-guerres, la population asiatique en France reste limitée, mais néanmoins plus visible et diversifiée.

Elle se compose notamment d’étudiants indochinois et chinois politisés, souvent favorables aux idées communistes ou anarchistes ainsi qu’au principe du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

Elle comprend également des travailleurs modestes employés dans des sites industriels, comme Renault Billancourt, ou dans des structures de petite taille, telles que les blanchisseries et les ateliers de confection.

Des femmes de service domestique et des navigateurs font aussi partie de cette population.

De même, avec la Seconde Guerre mondiale, près de 7 000 soldats et 20 000 travailleurs indochinois sont acheminés en France, entre le début du conflit en octobre 1939 et la défaite de juin 1940.

Décolonisation, guerre du Vietnam et réfugiés

La deuxième moitié du XXe siècle est ensuite marquée par les guerres de décolonisation et le contexte de la Guerre froide, avec des conséquences en termes d’immigration.

Ainsi, en 1954, les accords de Genève scellent la fin de l’Indochine française et l’indépendance du Cambodge, du Laos et du Vietnam, ce dernier étant divisé en deux entités distinctes.

Comme nous l’avons vu, l’immigration du Sud-est asiatique en France coïncide avec la décolonisation de l’Indochine, entre 1949 et 1954, mais aussi avec la guerre du Vietnam, de 1955 à 1975, les guerres civiles cambodgienne, de 1967 à 1975, et laotienne, de 1962 à 1975.

Entre 1954 et 1965, on estime entre 30 000 et 35 000 le nombre de rapatriés indochinois désormais établis en France.

Il s’agit pour la plupart de familles issues de l’union de femmes vietnamiennes et de militaires français, mais aussi d’employés de la fonction publique, de petits commerçants ou d’auxiliaires de l’armée.

À cette époque, en plus des commerçants, on estime que près de 20 000 étudiants cambodgiens, laotiens et vietnamiens avaient choisi la France pour leurs études.

Plus largement, on estime que près de 3 millions d’individus émigreront de la péninsule indochinoise entre 1975 et 1995.

Parmi eux, des centaines de milliers de « boat people » fuient ces territoires sur de petits bateaux précaires et surchargés, avec de nombreux morts par noyade ou de faim.

Dès 1975, la France s’engage, avec d’autres pays, à accueillir un quota de 1 000 réfugiés par mois.

Ceux-ci bénéficieront d’une mobilisation exceptionnelle des pouvoirs publics et de la société civile, dans le contexte de l’affrontement Est-Ouest.

Ainsi, l’acheminement des « boat people » vers la France est organisé par l’État et pris en charge par la Croix-Rouge, tandis que les demandes d’obtention du statut de réfugié sont quasi systématiquement acceptées.

La chute de l’URSS et la fin corrélative de la Guerre froide en 1991 mettent un frein à cette émigration de masse, ceci étant conjugué avec la poursuite de la libéralisation économique mise en œuvre dans de nombreux pays asiatiques.

Arrivée des boat people vietnamiens en France

Étudiants, travailleurs et mobilité contemporaine

La migration vietnamienne vers la France ne relève pas d’une seule période historique ni d’un seul statut.

Elle comprend des réfugiés, des rapatriés, des étudiants, des travailleurs, des commerçants et des personnes venues rejoindre leur famille.

En 1974, alors que la France de Valéry Giscard d’Estaing affronte un premier choc pétrolier et une crise économique, le gouvernement affiche sa volonté de mettre fin à l’immigration du travail, notamment avec les circulaires Marcellin-Fontanet.

La mobilité étudiante conserve toutefois une place importante dans les relations entre les deux pays.

La principale clientèle vietnamienne est composée de groupes loisirs, souvent dans le cadre de circuits européens multi-destinations.

Le voyage en solo reste encore très rare sur ce marché.

Les séjours exclusivement consacrés à la France existent, mais représentent encore de faibles volumes.

Le romantisme et les activités interactives sont des concepts à intégrer dans la promotion des destinations françaises.

Parmi les pays de l’ASEAN, le Vietnam est celui où le nombre de jours fériés est le moins élevé.

Toutefois, les vacances du Têt, le Nouvel An chinois, constituent la meilleure occasion pour organiser des vacances à l’étranger.

Profil démographique et intégration des populations vietnamiennes

Selon l’INSEE, l’indice de fécondité des femmes nées dans la catégorie « autres pays d’Asie », donc hors Turquie et Moyen-Orient, était de 1,8 en 2021, c’est-à-dire en-dessous du renouvellement des générations.

Cette natalité limitée participe à la transformation progressive de la structure démographique des populations immigrées et de leurs descendants.

Les descendants d’immigrés originaires d’Asie du Sud-est représentent le groupe d’origine extra-européenne le moins endogame.

En effet, seuls 14% des descendants de deux parents immigrés d’Asie du Sud-est vivaient en couple avec un conjoint de la même origine migratoire en 2019-2020, contre une moyenne de 35% pour l’ensemble des descendants d’immigrés et un taux de 77% pour les descendants de deux parents immigrés turcs.

70% des immigrés d’Asie du Sud-est âgés de 18 à 59 ans avaient visité au moins une fois leur pays d’origine, ce qui en fait le 2e taux le plus faible derrière les immigrés issus de l’Afrique guinéenne ou centrale.

71% des immigrés d’Asie du Sud-est âgés de 18 à 59 ans avaient des contacts avec leur pays d’origine, y compris téléphoniques ou électroniques, en 2019-2020.

Il s’agit du taux le plus faible, contre une moyenne de 91% pour l’ensemble des immigrés, tandis que ce taux monte à 95% pour les immigrés d’Afrique sahélienne.

17% des immigrés et 6% des descendants d’immigrés d’Asie du Sud-est âgés de 18 à 59 ans apportaient régulièrement une aide financière à la famille, à des amis ou à des associations en 2019-2020.

Ce taux est le plus faible parmi les immigrés extra-européens.

Logement, études et trajectoires sociales

Seuls 14% des immigrés originaires d’Asie du Sud-est vivaient dans un ménage locataire d’un logement social en 2019-2020.

Il s’agit de la deuxième population immigrée la moins représentée en HLM, ex aequo avec les ménages immigrés issus de l’Europe du Sud, juste derrière les immigrés originaires de Chine, avec 8%, contre un taux de 57% pour les immigrés d’Afrique sahélienne, de 49% pour ceux d’Algérie et de 35% en moyenne pour l’ensemble des immigrés.

De même, 61% des immigrés originaires d’Asie du Sud-est vivaient dans un ménage propriétaire de son logement en 2019-2020.

Il s’agit du taux le plus élevé, devant les personnes sans ascendance migratoire ou ultramarine, avec 59%.

Cette surreprésentation de la propriété est parfois interprétée comme un indicateur d’ancrage résidentiel et d’intégration sociale.

Comme le souligne l’ancien préfet Michel Aubouin : « la propriété individuelle peut être considérée comme un marqueur d’intégration, si l’on veut bien considérer que l’achat d’un bien, c’est-à-dire l’achat d’une parcelle de la France, est une preuve concrète de l’attachement que l’on porte à ce pays ».

37,9% d’entre eux avaient un diplôme supérieur à Bac+2, juste derrière les descendants d’immigrés de l’Afrique guinéenne ou centrale, avec 38,5%, et de la catégorie « autres pays d’Asie », avec 41,8%, dont fait partie l’Asie du Sud-est.

Cette surperformance en matière d’éducation est largement documentée et a fait l’objet de nombreux rapports, en France comme à l’étranger.

En 2019, un rapport de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale a mis en lumière la « sur-réussite » des enfants d’immigrés asiatiques, au sens large mais hors Turquie.

« Les enfants d’origine asiatique des deux sexes se démarquent par leur sur-réussite, même comparés aux Français d’origine, les filles plus encore que les garçons : moins de redoublements dès l’école primaire, meilleurs niveaux scolaires en sixième puis en fin de troisième, orientations plus fréquentes vers les filières sélectives, taux record de baccalauréats généraux, notamment scientifiques. »

Comme l’a souligné le professeur Gérard-François Dumont dans le cadre de sa recension du livre La famille, secret de l’intégration écrit par Christian Jelen : « La réussite des enfants d’immigrés dans l’intégration ne peut se faire que si le cadre familial agit comme un aiguillon. Si le père fait preuve d’autoritarisme sur la femme sans satisfaire au devoir d’autorité sur ses enfants, les chances d’intégration sont maigres. Or il y a des types familiaux qui sont néfastes et d’autres qui sont positifs ».

Ainsi, chez les Vietnamiens, « la famille place l’instruction et les performances scolaires au centre de ses préoccupations ».

Cette analyse se retrouve dans le rapport précité de la DEPP, lequel met en exergue que les familles issues de l’immigration asiatique sont celles qui ont les plus hautes aspirations scolaires pour leurs enfants.

Présence et situation administrative en France

Seuls 994 étrangers ressortissants d’un pays d’Asie ou d’Océanie, dont l’Asie du Sud-est ne constitue qu’une part minoritaire, étaient écroués en France au 1er janvier 2022.

Ils représentaient 5,3% du total des étrangers écroués, contre 3 870 étrangers algériens, soit 13,4% du total des étrangers écroués.

Les étrangers ressortissants d’un pays d’Asie, au sens large, ne représentaient l’an dernier que 3% des mis en cause dans les transports en commun en France en 2023.

Les données relatives à la délinquance, au logement, à la scolarité et à la propriété concernent des catégories géographiques plus larges que la seule population vietnamienne ; elles ne doivent donc pas être assimilées automatiquement à un indicateur spécifique du solde migratoire du Vietnam.

Cela tient d’abord au fait que, comme le souligne la Cour des comptes : « seule la moitié des premiers titres accordés en 2018 (…) procède d’une décision entièrement maîtrisée par les autorités publiques, l’autre moitié étant la contrepartie de droits individuels protégés par la Constitution et l’ordre juridique international, que l’État ne peut ni prévoir, ni restreindre ».

Il pourrait donc apparaître souhaitable que l’État reprenne le contrôle d’une plus large part de la politique migratoire, au-delà des seules immigrations professionnelles et étudiantes, et qu’il fasse également le choix d’une immigration choisie, y compris par origines géographiques.

Une telle « révolution juridico-politique » se heurterait évidemment, dans le cadre institutionnel actuel, à d’importants obstacles d’ordre constitutionnel et conventionnel.

Le fait de les surmonter serait alors nécessaire pour ériger la politique « des immigrations » en France sur le même plan que n’importe quelle autre politique publique, guidée par un objectif rationnel et assumé : minimiser les coûts et maximiser les bénéfices, pour la société comme l’économie françaises.

Les infrastructures et la mobilité internationale

Le Vietnam construit actuellement le nouvel aéroport de Long Thành, situé à environ 40 km à l’est de Hô Chi Minh-Ville, dont l’ouverture est prévue en décembre 2026.

À terme, l’aéroport devrait pouvoir accueillir jusqu’à 100 millions de passagers par an.

Ce projet témoigne de l’ambition de Hô Chi Minh-Ville de renforcer sa position de hub aérien régional et de rivaliser avec des plateformes majeures comme Singapour et Bangkok, dont les aéroports accueillent aujourd’hui 90 et 60 millions de passagers par an respectivement.

Le développement des liaisons aériennes, des échanges commerciaux, des études et du tourisme peut faciliter les mobilités régulières entre le Vietnam, la France et d’autres pays.

Ces mobilités légales et temporaires ne doivent pas être confondues avec les passages clandestins de la Manche, qui relèvent de situations, de risques et de statuts juridiques différents.

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