Le camp de réfugiés de Bezons : accueil temporaire et controverse dans le Val-d’Oise

Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À l’automne 2016, le Val-d’Oise devait accueillir bientôt deux cents réfugiés à Cergy-Pontoise et à Bezons, dans des sites gérés par la Croix-Rouge. Une mesure imposée par le gouvernement aux municipalités concernées, trois jours après l’annonce d’Anne Hidalgo d’ouvrir un camp humanitaire de réfugiés dans la capitale, avait suscité un vif mécontentement dans le département.

La préfecture du Val-d’Oise prévoyait la venue de trois cents migrants, répartis à Argenteuil, Bezons et Cergy. Finalement, Argenteuil n’a accueilli aucun réfugié, tandis que Bezons a mis à disposition, à contrecœur, le gymnase du centre-ville Pierre-de-Coubertin.

Gymnase Pierre-de-Coubertin à Bezons

Un accueil organisé dans l’urgence

Selon la préfecture de région, l’accueil en structures sportives ne devait pas excéder un mois, le temps de trouver des solutions plus pérennes.

À Bezons, le gymnase du centre-ville, Pierre-de-Coubertin, devait donc servir de lieu d’hébergement temporaire pour des personnes évacuées de campements précaires. L’objectif était de mettre les migrants à l’abri, dans l’attente d’une orientation vers des dispositifs plus adaptés et d’un examen de leur situation administrative.

Les sites étaient gérés par la Croix-Rouge. À Cergy, c’est le gymnase des Chênes qui devait être mobilisé, même si la mairie n’avait pour l’instant fait aucun commentaire.

Le 9 septembre 2015, 98 réfugiés originaires d’Irak et de Syrie avaient été installés dans le centre d’hébergement de l’île de loisirs de Cergy-Pontoise. Les derniers avaient quitté les lieux trois mois plus tard.

LieuDispositif prévuDurée annoncée
BezonsGymnase Pierre-de-CoubertinAccueil temporaire
CergyGymnase des ChênesAccueil temporaire
Cergy-PontoiseCentre d’hébergement de l’île de loisirsTrois mois pour les derniers occupants

La décision de l’État et la réaction des communes

Une mesure imposée ce jeudi par le gouvernement aux municipalités concernées avait provoqué une vive réaction dans le département.

Le maire d’Argenteuil, Georges Mothron, avait tenu à montrer son fort désaccord : « J’ai répondu un NON ferme et définitif à cette demande. Pourquoi ne pas envoyer ces personnes dans d’autres villes du Val-d’Oise, des villes dont la santé financière n’est pas menacée. »

Face à son refus, l’État envisageait de réquisitionner un gymnase. Mais le maire avait utilisé les réseaux sociaux pour dénoncer la mesure : « Argenteuil commence à sortir la tête de l’eau après deux ans d’efforts et on tente désormais de lui imposer des efforts. »

Finalement, le préfet avait contacté la ville dans la matinée : elle n’accueillerait aucun réfugié.

Bezons met un gymnase à disposition

Sa voisine de Bezons avait mis à disposition, à contrecœur, le gymnase du centre-ville, Pierre-de-Coubertin.

Dans un communiqué, le maire de la ville, Dominique Lesparre, n’avait pas hésité à critiquer la politique du gouvernement : « J’estime que d’autres solutions auraient dû être envisagées : propriétés de l’État, casernes désaffectées… »

Dans une lettre publiée ce vendredi, la section de Bezons du Parti communiste regrettait quant à elle « cette mesure inéquitable, injuste et discriminatoire », proposant que des communes plus riches comme Enghien soient aussi mises à contribution.

La contestation portait donc moins sur le principe d’une mise à l’abri que sur les modalités de sa mise en œuvre, le choix des lieux et la répartition de l’effort entre les communes.

Une controverse départementale

La grogne des élus avait été relayée par le sénateur-maire d’Ermont, Hugues Portelli. Le président de l’Union des maires du Val-d’Oise avait dénoncé une opération de communication politique.

« Cette évacuation coïncide avec l’annonce par le maire de Paris de la création d’un camp d’accueil de réfugiés dont on peut douter qu’il concerne le même effectif : d’un côté, 2 000 migrants sont chassés en banlieue, de l’autre quelques centaines accueillis sous le regard des médias », s’énervait-il dans un communiqué.

« Sa réaction est de la pure politique politicienne », lui répondait Jean-François Carenco, préfet de la région Île-de-France et de Paris.

La polémique opposait ainsi plusieurs conceptions de l’accueil : certains élus demandaient une répartition plus équitable entre les communes, tandis que l’État défendait une organisation territoriale destinée à répondre rapidement aux évacuations de campements de rue.

Le contexte parisien des campements de rue

Depuis quatre mois, plusieurs campements de rue s’étaient développés dans la capitale : cela concernait les portes de la Villette et de la Chapelle, ainsi que les abords du canal Saint-Martin.

Près de la gare du Nord, au centre de Paris, le métro aérien passait dans un grand vacarme sur le pont de la place de la Chapelle. En dessous, plus de 300 migrants s’entassaient dans des tentes.

Une centaine de tentes étaient alignées sous le métro entre La Chapelle et Barbès. Depuis l’été précédent, c’était ici que les migrants d’Afrique de l’Est finissaient un parcours de plusieurs milliers de kilomètres, loin des richesses entrevues sur un téléviseur du pays.

Les hommes regardaient filer les voitures qui accéléraient au feu vert. Les soubresauts du métro couvraient leurs voix. Le TGV passait sous le pont et ajoutait au vacarme ambiant. Ils dormaient sur le goudron et les graviers dans l’attente d’une réponse à leur demande d’asile.

Ils étaient Éthiopiens, Camerounais ou Soudanais. Réfugiés dans ce camp de fortune depuis des mois, la plupart espéraient quitter Paris pour l’Angleterre, où le processus d’immigration était plus souple. D’autres attendaient en vain que la France leur accorde l’asile politique.

Dans les tentes et sur les matelas qui s’agglutinaient sur près d’un kilomètre, les migrants vivaient d’espoir.

Des parcours d’exil marqués par la violence

Zerihun, un jeune Éthiopien de 24 ans, n’avait rien mangé depuis la veille. « J’ai voyagé pendant 50 jours pour arriver ici, confie-t-il. Je suis passé par le Soudan, la Libye et l’Italie. Ce n’est pas une vie ça. Tout ce que je souhaite, c’est fuir la misère une fois pour toutes ».

Mahmoud venait du Darfour, une zone de conflit au Soudan. Il ne parlait ni français, ni anglais. Son ami Ahmed traduisait dans un anglais approximatif : il disait n’avoir aucune famille dans le pays qu’il avait fui après une situation intenable.

Parti en bus et à pied, Mahmoud s’était retrouvé en Libye où il avait payé 1.500$ pour atteindre les côtes de l’Italie. La traversée se négociait entre 4.000 et 6.000$ quelques mois auparavant alors il s’estimait plutôt heureux.

Il avait ensuite pris le train jusqu’à Nice où on l’avait informé de l’existence de ce camp, sous le métro aérien parisien. À La Chapelle depuis 15 jours, il souhaitait obtenir l’asile en France et n’envisageait pas de poursuivre son voyage vers Calais ou la Grande-Bretagne.

« Je suis venu ici pour être éduqué. Je ne suis jamais allé à l’école. »

Actuellement, ils étaient 150 à 200 à vivre sous le métro, en majorité des migrants originaires d’Érythrée et du Soudan du Sud.

Des conditions de vie très difficiles

Dans les tentes et sur les matelas qui s’agglutinaient sur près d’un kilomètre, les migrants vivaient dans des conditions extrêmement précaires.

Nimeri, originaire du Soudan, se plaignait des conditions sanitaires du campement improvisé. « L’urine et les déchets s’accumulent partout. Les gens sont malades. J’ai la gale et je n’arrive pas à dormir à cause du métro qui passe toujours au-dessus de nos têtes. Ça me rend fou », déplorait celui qui avait vécu dans les camps de réfugiés soudanais. « J’étais mieux traité au Soudan », lâchait-il.

Des sanitaires et des poubelles avaient été installés à la demande de la mairie du 18e arrondissement de Paris. Il n’y avait aucun lieu pour cuisiner. Pas plus que des réchauds ou des tables.

Tous vivaient à même le sol et s’asseyaient sur les barrières ou les blocs de béton qui encadraient le camp improvisé. Ils attendaient toute la journée.

Pour s’asseoir, il n’y avait que des blocs de béton. Sur place, il n’y avait rien pour cuisiner.

La mairie d’arrondissement confiait que l’ambiance s’était dégradée depuis plusieurs semaines. « Des fonds ont été débloqués dès l’été dernier pour pallier la situation sanitaire et sociale. »

Il y avait un double objectif : ne pas laisser la misère s’installer et faire en sorte que la cohabitation avec les riverains se passe bien.

Les risques sanitaires et les évacuations

Un avis de la Préfecture de Paris, placardé aux abords du camp de la Chapelle, donnait 48 h aux quelque 200 migrants pour plier bagage.

Celui-ci invoquait des tensions avec le voisinage, mais aussi des problèmes sanitaires, notamment une épidémie de dysenterie : « Les occupants de ce campement sont soumis au risque majeur du péril fécal, avec notamment la possibilité de transmission de parasitoses et la survenue d’épidémies de dysenterie, ainsi qu’à une épidémie de gale, comme celle qui s’est développée dans le courant du mois d’avril. »

Le maire de l’arrondissement, Eric Lejoindre, souhaitait aller plus loin : reloger les migrants dans des hébergements d’urgence. Des demandes des élus avaient été transmises à l’État le lundi 11 mai.

La préfecture de Police de Paris n’avait pas souhaité répondre.

108 personnes avaient été évacuées d’un campement qu’elles occupaient dans le 18e arrondissement de Paris, près de la porte de Clignancourt. Le communiqué de la préfecture de région précisait qu’il s’agissait de la cinquième « opération de mise à l’abri depuis le début de l’année » et que ces hommes avaient été pris en charge dans des CAES franciliens, centres d’accueil et d’examen des situations administratives.

Trois d’entre eux, mineurs, avaient été orientés vers l’aide sociale à l’enfance.

L’association qui leur venait en aide, Utopia 56, avait salué l’évacuation de ce camp, qui faisait suite, selon elle, à des agressions visant ses occupants. Mais elle estimait que ces migrants avaient été mal orientés : « Ils sont menacés de retourner à la rue s’ils ne font pas de demande d’asile alors qu’ils cherchent à faire reconnaître leur minorité », était-il écrit sur les réseaux sociaux.

Le rôle des associations et des habitants

En attendant, des associations, dont France Terre d’Asile et Emmaüs, distribuaient des repas le soir.

Khalit, un Soudanais, trouvait « les habitants du quartier très gentils ». Ils apportaient de la nourriture.

Philippe, un Parisien de 53 ans, était déterminé à améliorer le quotidien des migrants. « Je viens ici tous les jours et je leur apporte une quinzaine de poulets grillés. Je ne demande qu’un sourire en retour. [...] Ce sont devenus mes amis », affirmait-il.

Il confiait avoir hébergé une centaine d’entre eux dans son appartement, à tour de rôle. Ceux qui réussissaient à s’en sortir lui écrivaient régulièrement. « Ils m’appellent Papa Philippe », disait-il.

Pedro était directeur d’un organisme de charité du quartier. À son arrivée, place de la Chapelle, il saluait les migrants et s’assurait que tous étaient en santé. Quelques-uns lui demandaient des médicaments.

« Même si on leur donne à manger tous les soirs, ils sont mal nourris, l’hygiène fait défaut et la plupart souffrent de problèmes intestinaux. Mais le réel problème, c’est le manque d’intérêt des gouvernements », croyait-il.

Les aides d’urgence reposaient également sur une mobilisation locale. Des points d’eau et des sanitaires avaient été installés, des barrières de sécurité avaient été disposées pour protéger le cheminement aux abords du canal, des distributions alimentaires et des consultations médicales avaient été organisées.

Des maraudes de travailleurs sociaux avaient été déployées quotidiennement sur place, les tournées des services municipaux de propreté avaient été renforcées et des barrières de sécurité avaient été disposées pour protéger le cheminement aux abords du canal.

Des démarches d’asile difficiles

La précarité ne disparaissait pas nécessairement avec l’obtention d’un statut administratif.

Khalit avait obtenu le droit d’asile depuis six mois. Il était bénéficiaire du RSA, mais n’arrivait pas à louer d’appartement.

Lui était venu en France pour aller à l’école. Tous les matins, il se levait à 7h.

« J’apprends le français à Aulnay-sous-Bois. Mais du coup, je n’ai pas le temps de prendre la douche au local de l’association. »

Il revenait à 18h dormir sous le pont.

Cette situation illustrait la difficulté de passer de la mise à l’abri à une solution durable : même les personnes ayant obtenu le droit d’asile pouvaient rester confrontées au manque de logement et à des conditions de vie précaires.

Les responsabilités de l’État et de la Ville de Paris

Pour le directeur général de l’organisme France Terre d’Asile, Pierre Henry, le gouvernement et la mairie de Paris n’en faisaient pas assez pour aider les migrants.

« Ceux qui arrivent à Paris sont des survivants. Leur voyage jusqu’à Paris est extrêmement dangereux. Ils se sont endettés pour être ici. Mais attirer l’attention des pouvoirs publics en leur faveur, ce n’est pas évident », soutenait-il.

En pleine crise des migrants en Europe, les élus restaient prudents.

« Il est de notre rôle de demander qu’un traitement digne soit réservé à ces personnes et que la tranquillité des quartiers soit assurée », écrivait Pierre-Yves Bournazel, conseiller de la Ville de Paris.

L’adjointe de la mairesse responsable de la solidarité, Dominique Versini, soutenait quant à elle que c’était à l’État de prendre en charge ces individus et de s’assurer qu’ils aient accès à des logements pour demandeurs d’asile.

L’opposition s’indignait. « Ces gens vivent dans des conditions terribles. Il s’agit d’un véritable drame humain. Mais pour l’instant, rien n’est fait et tous se renvoient la balle », regrettait le conseiller Christian Honoré.

En France, la loi prévoit que la prise en charge des demandeurs d’asile - quelle que soit l’étape à laquelle ils se situent dans leurs démarches - et le respect de l’ordre public relèvent de la compétence de l’État.

Les dispositifs municipaux et associatifs ne pouvaient donc pas se substituer aux responsabilités de l’État en matière d’accueil, d’hébergement et de respect de l’ordre public.

Les opérations de mise à l’abri à Paris

Le ministère de l’Intérieur avait annoncé le 23 mai que l’État conduirait « à bref délai » une opération de mise à l’abri des réfugiés présents dans des campements de rue à Paris.

Le ministère de l’Intérieur avait annoncé le 23 mai qu’il organiserait « à bref délai » une opération de mise à l’abri pour l’ensemble des réfugiés contraints de dormir dans des campements de rues à Paris.

Il confirmait à ce titre que l’État n’avait pas besoin d’une décision de justice pour intervenir.

La mise à l’abri avait eu lieu en deux temps, le 30 mai et le 4 juin.

Les opérations avaient concerné les personnes du camp de la Villette, du canal Saint-Martin et des abords de la porte des Poissonniers.

2300 personnes dormaient depuis plusieurs mois dans des campements de rue.

La Ville de Paris saluait le choix de l’État d’assumer ses responsabilités régaliennes pour l’accueil et l’hébergement des demandeurs d’asile et des réfugiés.

Les principales étapes de la politique d’accueil

  • Début 2015 : première apparition d’un campement de rue, boulevard de la Chapelle. La Ville de Paris met en place un accompagnement social renforcé.
  • Mars 2015 : Anne Hidalgo demande au gouvernement la mise à l’abri rapide des migrants présents sur le campement du boulevard de la Chapelle.
  • Avril 2015 : la Ville de Paris recense son foncier inoccupé pouvant accueillir un centre d’hébergement d’urgence pour les réfugiés et met progressivement ces bâtiments à disposition de l’État à titre gracieux.
  • Avril 2015 : la Ville de Paris met en place un Plan d’accueil et d’accompagnement dédié aux mineurs isolés étrangers.
  • 2 juin 2015 : première opération de mise à l’abri, boulevard de la Chapelle.
  • 9 juin 2015 : Anne Hidalgo adresse un courrier au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour proposer la création de centres de transit pour les migrants répartis sur le territoire national.
  • Été 2015 : apparition de nombreux autres campements donnant lieu chaque fois à des opérations de mise à l’abri.
  • Octobre 2015 : la communauté de Paris - Ville et associations - présente un plan de mobilisation pour l’accueil des réfugiés, doté de 18 mesures en faveur de l’accueil et de l’intégration.
  • Janvier 2016 : ouverture du Dispositif d’Évaluation des Mineurs Isolés Étrangers, DEMIE, géré par la Croix-Rouge.
  • Février 2016 : l’ancien lycée Jean-Quarré devient un Centre d’hébergement d’urgence géré par Emmaüs Solidarité.
  • Mars 2016 : Anne Hidalgo propose au gouvernement une nouvelle méthode, qui prendrait la forme d’un guichet unique d’accueil permettant de prévenir l’apparition de campements.
  • Mai 2016 : Dominique Versini, adjointe à la Maire, et Eric Lejoindre, Maire du 18e arrondissement, se rendent à Grande-Synthe pour partager avec cette ville les bonnes pratiques mises en place dans l’accueil des réfugiés.
  • Mai 2016 : Anne Hidalgo annonce la création dans un délai de six mois d’un camp humanitaire aux normes de l’ONU à Paris.
  • 20 juin 2016 : Anne Hidalgo inaugure un centre d’hébergement dédié aux femmes migrantes avec enfants dans des locaux de la Ville de Paris situés à Bourg-la-Reine.
  • Juin 2016 : Dominique Versini se rend en Allemagne pour recenser les bonnes pratiques des élus et des associations humanitaires pour l’accueil des réfugiés.
  • Septembre 2016 : Paris édite un guide pour les professionnels qui interviennent auprès des réfugiés afin d’orienter leurs interlocuteurs vers toutes les structures et actions de la Ville et de ses partenaires.
  • Octobre 2016 : Anne Hidalgo écrit aux ministres Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse pour demander la mise à l’abri des migrants présents sur le campement avenue de Flandres.
  • 4 novembre 2016 : mise à l’abri de 3 852 migrants du campement de l’avenue de Flandres par l’État, la Ville et les associations.
  • 10 novembre 2016 : ouverture du centre de premier accueil humanitaire de Paris-La Chapelle.
  • Janvier 2017 : ouverture du centre d’hébergement d’urgence de Paris-Ivry dédié aux femmes isolées, couples et familles.
  • Juillet 2017 : Anne Hidalgo soumet aux parlementaires un projet de loi d’orientation et de programmation pour l’accueil des migrants humanitaires et pour une politique nationale d’intégration.
  • Mars 2018 : libération des lieux du Centre Paris-Nord, comme prévu dès l’origine, et début des travaux du Campus Condorcet. Reprise en main par l’État du dispositif de premier accueil des migrants arrivants sur le territoire parisien.
  • Avril 2018 : réapparition des premiers campements de rue aux abords de la porte de la Villette, du canal Saint-Martin, de la porte de la Chapelle et de la porte d’Aubervilliers.
  • Mai 2018 : plus de 2500 migrants campent dans les rues de Paris. Neuvième déplacement d’Anne Hidalgo sur le campement du Millénaire pour demander la mise à l’abri des migrants.
  • 30 mai et 4 juin 2018 : mise à l’abri des personnes des campements des portes de la Villette, des abords du canal Saint-Martin et de la porte des Poissonniers.
  • D’ici la fin 2018 : ouverture de la « Maison des réfugiés » dédiée à l’intégration de ces derniers.

Les moyens mobilisés pour l’hébergement

Paris comptait plus de 34% des places d’hébergement d’urgence de toute l’Île-de-France.

2500 places avaient été créées depuis 2014.

Six lieux supplémentaires, pouvant accueillir 1000 personnes, avaient été proposés en avril par la Ville de Paris au ministère de l’Intérieur.

1 914 places avaient également été ouvertes de façon temporaire depuis 2014.

Depuis 2016, Paris consacrait chaque année près de 3 millions d’euros de son budget à l’accueil des réfugiés. Pour l’année 2018, ce montant devait augmenter de manière significative.

Ce chiffrage ne tenait pas compte de l’investissement de la Ville de Paris pour l’ouverture de places d’hébergement d’urgence.

Chaque année, 5 millions d’euros étaient alloués aux projets et propositions des Parisien.ne.s dans le cadre de l’enveloppe « Paris Ville Refuge » du Budget participatif.

La Ville de Paris avait investi 6,7 millions d’euros pour l’ouverture du Centre humanitaire Paris-Nord et l’État 1,7 millions d’euros.

Pour l’ouverture du Centre humanitaire d’Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, pour femmes et familles, la Ville de Paris avait mobilisé 6,45 millions d’euros et l’État 4,55 millions d’euros.

Chaque année, la Ville de Paris consacrait 80 millions d’euros à l’accueil et à l’accompagnement des mineurs isolés étrangers à Paris : un investissement sans précédent en France.

IndicateurValeur
Part des places d’hébergement d’urgence d’Île-de-France situées à Parisplus de 34%
Places créées depuis 20142500
Places supplémentaires proposées1000 personnes
Places temporaires ouvertes depuis 20141 914
Budget annuel parisien consacré à l’accueil des réfugiés depuis 2016près de 3 millions d’euros
Budget participatif « Paris Ville Refuge »5 millions d’euros
Investissement de la Ville pour le Centre humanitaire Paris-Nord6,7 millions d’euros
Investissement de l’État pour le Centre humanitaire Paris-Nord1,7 millions d’euros

Une pétition pour un hébergement d’urgence

La maire de Paris, le Défenseur des Droits, l’ensemble des associations du secteur social, le Diocèse de Paris et de nombreuses personnalités de la société civile - Edgar Morin, Alexandre Jardin, Sophia Aram, Jacques Attali, Yann Arthus-Bertrand - avaient lancé un appel à l’État pour lui demander d’assumer son rôle.

Une pétition avait également recueilli plus de 25.000 signatures.

En attendant une opération de mise à l’abri, la Ville de Paris et les associations avaient mis en place des aides d’urgence pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes sur les campements et accompagner les riverains dont la vie quotidienne avait été considérablement bouleversée.

Des solutions temporaires face à une situation durable

Ces dispositifs ne pouvaient être que temporaires : la rue n’était jamais une solution.

La seule mesure durable consistait à orienter ces personnes sans-abri vers un hébergement d’urgence puis à les accompagner dans leurs démarches de demande d’asile en France.

L’aide de la Ville et des associations ne pouvait en aucune manière se substituer aux responsabilités de l’État en matière de respect de l’ordre public.

Le cas de Bezons s’inscrivait ainsi dans une succession d’opérations d’urgence destinées à éloigner les personnes de la rue et à les orienter vers des solutions d’hébergement. Le recours à un gymnase permettait une réponse immédiate, mais la préfecture de région indiquait que cette formule ne devait pas excéder un mois.

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