Depuis la création de l'Union européenne, la question du contrôle de la migration clandestine fait débat. L’émission Le Dessous des cartes permet d’aborder cette question à partir des frontières, des territoires et des rapports de force qui structurent les mobilités humaines.
« Migrations : pourquoi part-on ? » et « Migrations : que fait l'Union européenne ? » figurent parmi les thèmes traités par le magazine géopolitique. Ces deux approches associent les causes des départs à la réponse politique et territoriale de l’Union européenne.

Une émission géopolitique fondée sur les cartes
"Le dessous des cartes" décrypte les enjeux de notre monde contemporain au moyen de cartes géographiques. Le magazine est présenté par Émilie Aubry.
Diffusée à l'antenne tous les vendredis à 19h30, l'émission est disponible en replay et en VOD et DVD.
Elle a été présentée par le géographe et géopolitologue Jean-Christophe Victor jusqu'à sa mort en 2016.
Le format de l’émission a peu varié depuis son origine mis à part l'augmentation de sa durée qui est passée de 7 à 11 minutes.
À la suite de la mort de Jean-Christophe Victor, survenue le 28 décembre 2016, seules des rediffusions et des épisodes déjà tournés sont diffusés par Arte durant le premier semestre 2017.
Désormais présentée depuis le 2 septembre 2017 par Émilie Aubry qui anime en parallèle les soirées THEMA, l’émission géopolitique de référence, créée et incarnée pendant plus de vingt ans par Jean-Christophe Victor, revient à l’antenne dans une nouvelle formule.
Pourquoi les migrations sont-elles un enjeu géopolitique ?
Les migrations ne se résument pas au franchissement d’une frontière. Elles mettent en relation des territoires de départ, des espaces de transit et des sociétés d’arrivée. Elles interrogent à la fois les causes du départ, les itinéraires empruntés et les politiques mises en place par les États.
La question du contrôle de la migration clandestine s’inscrit ainsi dans un débat plus large sur les frontières et sur la capacité de l’Union européenne à organiser ses espaces extérieurs et intérieurs.
Le choix des thèmes favorise le recul au traitement de l’actualité. Les thèmes sont pour la plupart choisis un an à l’avance pour permettre à l’équipe de préparer les sujets.
Le délai dans le choix des thèmes favorise le recul au traitement de l’actualité.
« Migrations : pourquoi part-on ? »
La première question porte sur les raisons qui conduisent les populations à quitter leur lieu de résidence. Cette perspective replace les mobilités dans leur contexte géographique et politique.
Le traitement cartographique permet de comparer les régions de départ, les axes de circulation et les espaces d’accueil. Il aide également à distinguer les situations migratoires au lieu de les réduire à une représentation unique.
Sur les 300 émissions (de mars 2001 à mai 2008), 210 (70 %) ont une approche géographique et 84 (28 %) ont une approche thématique.
Cette place accordée à l’approche géographique explique l’importance des cartes dans la compréhension des migrations. Une carte peut montrer les distances, les frontières, les passages et les concentrations territoriales qui structurent les déplacements.

« Migrations : que fait l'Union européenne ? »
La seconde question s’intéresse à la réponse de l’Union européenne. Elle porte sur les politiques de contrôle, la surveillance des frontières et les mécanismes destinés à encadrer les entrées sur le territoire européen.
Depuis la création de l'Union européenne, la question du contrôle de la migration clandestine fait débat.
La représentation cartographique permet d’observer la frontière européenne comme un ensemble de limites terrestres et maritimes. Elle met aussi en évidence les rapports entre les États membres, les pays voisins et les territoires de transit.
Le sujet associe donc deux dimensions complémentaires : les mobilités des personnes et l’organisation politique des frontières.
La carte comme outil d’analyse des frontières
Un numéro consacré aux frontières a été particulièrement remarqué : Jean-Christophe Victor y démontrait que les frontières visualisées sur Google Maps dépendaient du pays à partir duquel est affiché la carte.
Sur Google Maps chinois le Cachemire, région contestée, fait partie du territoire de la Chine, alors que la version internationale indique des frontières en pointillé, c'est-à-dire des frontières contestées.
Cet exemple montre qu’une frontière représentée sur une carte n’est pas toujours une réalité unanimement reconnue. La carte peut traduire le point de vue d’un État, signaler une contestation ou présenter une limite comme établie.
Dans le cas des migrations, cette question est essentielle, car les itinéraires, les zones de passage et les espaces de contrôle peuvent être décrits différemment selon les sources et les autorités concernées.
Les choix cartographiques de l’émission
La topographie des cartes est basée sur les données « Oxford Cartographers Ordnance Survey ».
La projection la plus utilisée est celle d’Eckert dite pseudocylindrique.
Le recours à une projection particulière influence la manière dont les espaces sont visualisés. Les distances, les surfaces et les formes des territoires ne sont pas perçues de la même façon selon le choix cartographique.
Pour un sujet consacré à l’immigration, ces choix participent donc à la lecture des frontières, des routes et des rapports entre les continents.
Une production préparée dans la durée
Le Laboratoire d'études prospectives et d'analyses cartographiques (LEPAC) livre une trentaine de numéros du Dessous des cartes par an à la chaîne Arte.
Les thèmes sont pour la plupart choisis un an à l’avance pour permettre à l’équipe de préparer les sujets.
Ce délai dans le choix des thèmes favorise le recul au traitement de l’actualité.
Cette méthode permet de traiter les migrations comme un phénomène géopolitique durable, et pas seulement comme une succession d’événements ponctuels.
La place des migrations dans la programmation
Les questions migratoires s’insèrent dans une programmation consacrée aux enjeux contemporains. Parmi les thèmes proposés figurent notamment : « Une sécurité pour l'Europe ? », « La mer est-elle géopolitique ? » et « Qu'est-ce que l'Amérique latine ? ».
La mer est-elle géopolitique ?
Une sécurité pour l'Europe ?
Les migrations peuvent être étudiées en relation avec la sécurité, les espaces maritimes, les frontières et les dynamiques régionales.
Le magazine aborde également des sujets portant sur les relations internationales, les conflits, les ressources et les transformations démographiques. Cette diversité permet de replacer l’immigration dans l’ensemble des équilibres géopolitiques contemporains.
Un format court pour expliquer des enjeux complexes
Le format de l’émission a peu varié depuis son origine mis à part l'augmentation de sa durée qui est passée de 7 à 11 minutes.
La carte sert à condenser une grande quantité d’informations dans un temps limité. Elle permet de faire apparaître les localisations, les continuités territoriales, les discontinuités et les points de tension.
Dans un sujet sur l’immigration, cette méthode facilite la comparaison entre les territoires de départ, les itinéraires et les espaces de destination.
La présentation par Émilie Aubry s’inscrit dans une formule qui conserve l’usage central de la cartographie.
Des supports complémentaires
Chaque semestre, Arte Vidéo et le LEPAC publient un DVD.
Le DVD regroupe 12 à 20 numéros de l’émission autour d’un thème.
L’émission est disponible en replay et en VOD et DVD.
Les ouvrages consacrés au programme prolongent également cette approche cartographique : Le Dessous des cartes : Atlas géopolitique, Le Dessous des cartes 2 : Tome 2, Atlas d’un monde qui change, Le Dessous des Cartes : Coffret en deux volumes : Atlas géopolitique ; Atlas d’un monde qui change et Le Dessous des Cartes : Itinéraires géopolitiques.
D’autres publications accompagnent l’évolution de l’émission, notamment Le Dessous des cartes : Le monde mis à nu, Le Dessous des cartes : Le retour de la guerre et Le Dessous des Cartes : La puissance et la mer.
La cartographie de ces ouvrages est réalisée par Frédéric Lernoud.
Une approche géographique et thématique
Sur les 300 émissions (de mars 2001 à mai 2008), 210 (70 %) ont une approche géographique et 84 (28 %) ont une approche thématique.
Cette répartition souligne la double identité du magazine. L’approche géographique s’appuie sur la localisation et les territoires, tandis que l’approche thématique examine une question particulière à l’échelle régionale ou mondiale.
Les migrations réunissent ces deux dimensions : elles concernent des territoires précis et soulèvent des questions générales sur les frontières, la sécurité, les politiques publiques et les relations entre États.
Une médiatisation de la géographie
« Des cartes à la télé ? Ça ne marchera jamais ! »
« Le pari de la médiatisation de la géographie et de la cartographie. »
Ces deux références témoignent de la volonté de rendre accessibles les outils de la géographie et de la cartographie à un large public.
Appliquée aux migrations, cette démarche permet de présenter visuellement les parcours, les limites territoriales et les politiques de contrôle sans dissocier les déplacements humains de leur environnement géographique.
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