Ils pressent les réfugiés : la solidarité sélective aux frontières de l’Europe

À l’heure où un véritable élan de solidarité avec les personnes fuyant l’Ukraine se manifeste en Pologne (et ailleurs en Europe), d’autres réfugiés, qui se pressent à la frontière avec le Bélarus, sont eux victimes de refoulements illégaux et de violences.

Ces derniers, qui sont principalement originaires de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan, ne semblent pas mériter le même traitement.

Cette solidarité sélective interroge et met en lumière l’hypocrisie des politiques d’accueil.

Après une interruption durant l’hiver, un nombre accru de demandeurs et demandeuses d’asile tentent aujourd’hui de rejoindre l’Europe en franchissant la frontière entre le Bélarus et la Pologne.

Ils se heurtent à des clôtures barbelées et font l’objet de refoulements illégaux répétés et violents de la part des garde-frontières, parfois jusqu’à vingt ou trente fois.

Après avoir fui la guerre, la terreur ou les bombes, les demandeurs d’asile se retrouvent face à de nouvelles épreuves traumatisantes.

Frontière Pologne Bélarus clôture barbelée

Une frontière marquée par les refoulements et la violence

Les garde-frontières polonais arrêtent systématiquement et refoulent violemment les personnes qui franchissent la frontière depuis le Bélarus, parfois sous la menace des armes.

Dans certains cas, les garde-frontières ont usé d’une force excessive, notamment avec des tasers, l’usage de menottes, et l’administration de sédatifs dans certains cas.

La majorité des personnes qui ont la chance de ne pas être renvoyées de force au Bélarus et de pouvoir demander l’asile en Pologne sont placées de façon systématique en détention, sans évaluation réelle de leur situation individuelle ni de l’impact que la détention aura sur leur santé psychologique et physique.

Souvent, elles sont détenues pour une durée prolongée et indéfinie dans des centres surpeuplés qui offrent peu d’intimité et un accès limité à des installations sanitaires, à des médecins, à des psychologues ou à une aide juridictionnelle.

Pire encore, ils font l’objet de détention arbitraire.

En 2021, près de 2 000 demandeurs d’asile se sont retrouvés enfermés et traités de manière abusive ; des fouilles au corps humiliantes, parqués dans des centres insalubres et surpeuplés…

Des conditions de détention épouvantables

Presque toutes les personnes que nous avons interrogées ont déclaré qu’elles étaient traumatisées après avoir fui des zones de conflit et être restées coincées pendant des mois à la frontière entre le Bélarus et la Pologne.

Elles souffraient également de graves problèmes psychologiques, notamment d’anxiété, d’insomnie, de dépression et de pensées suicidaires fréquentes, sans aucun doute exacerbées par leur détention injustifiée.

La plupart ne bénéficiaient d’aucun soutien psychologique.

La plupart des personnes avec lesquelles nous nous sommes entretenues ont déjà séjourné au centre de Wędrzyn, une base militaire encore active qui enferme 600 personnes en demande d’asile.

En 2021, les autorités polonaises ont diminué l’espace minimum requis pour les détenus étrangers, le faisant passer de 3 m² par personne à seulement 2 m².

D’après nos témoins, les gardiens accueillent les nouveaux en leur disant « Bienvenue à Guantánamo ».

La plupart ont été victimes de torture dans leur pays d’origine avant d’endurer des expériences très difficiles au Bélarus et à la frontière polonaise.

Le plus souvent, nous étions réveillés par le bruit des tanks et des hélicoptères, auquel succédaient tirs d’armes à feu et explosions.

Parfois, cela durait toute la journée.

Lorsque vous n’avez nulle part où aller, pas d’activités pour vous changer les idées ni aucun endroit où aller, ne serait-ce que pour un bref répit, c’est intolérable.

Le centre de Lesznowola : déshumanisation et mauvais traitements

Au centre de Lesznowola, les détenus ont raconté que le traitement infligé par les gardiens leur donnait le sentiment d’être déshumanisés.

Le personnel ne les appelle pas par leur nom, mais par leur numéro de dossier, et leur inflige des sanctions excessives, notamment l’isolement, pour de simples demandes, par exemple pour une serviette ou un supplément de nourriture.

La quasi-totalité des personnes interrogées ont signalé un comportement sans cesse irrespectueux et insultant, des remarques racistes et d’autres pratiques constitutives de mauvais traitements psychologiques.

Les hommes interrogés se sont tous plaints de la manière dont sont menées les fouilles corporelles.

Lorsqu’ils sont transférés d’un centre de détention à l’autre, ils sont contraints de subir une fouille au corps dans chacun des centres, doivent se déshabiller entièrement et s’accroupir plus longtemps que ne le nécessite un contrôle légitime.

Le témoignage de Yezda, demandeuse d’asile kurde

Yezda est une femme kurde d’Irak âgée de 30 ans, arrivée en Pologne via le Bélarus avec son époux et leurs trois enfants en bas âge.

Lorsqu’on lui a dit que sa famille allait être renvoyée en Irak, Yezda a paniqué, elle a hurlé et supplié les gardes de ne pas les emmener.

Elle a menacé de se suicider et est devenue extrêmement agitée.

Je savais que je ne pouvais pas retourner en Irak et j’étais prête à mourir en Pologne.

Elle ajoute : « On nous a demandé de franchir la sécurité de l’aéroport et les gardiens nous ont enjoint de bien nous tenir dans l’avion. Mais j’ai refusé d’y aller.

Je me souviens avoir remarqué que je n’avais même pas de chaussures, car pendant le chaos dans le camp, elles avaient glissé de mes pieds.

Ma tête était brumeuse et je ne voyais pas mon mari ni mes enfants, mais je me souviens qu’ils m’ont forcée à monter dans l’avion, qui était bondé.

Je pleurais toujours et je suppliais la police de ne pas nous emmener. »

Yezda s’est cassée le pied alors qu’elle résistait pour ne pas monter dans l’avion.

Yezda et sa famille ont été reconduits à Varsovie, la compagnie aérienne ayant refusé de les emmener en Irak.

Ils se trouvent toujours dans un camp en Pologne.

Des personnes bloquées entre le Bélarus et la Pologne

Le 20 mars, les autorités bélarussiennes auraient expulsé près de 700 personnes exilées, notamment des familles avec de jeunes enfants et des personnes souffrant de graves maladies et handicaps, de l’entrepôt du village bélarussien de Bruzgi dans lequel étaient hébergées plusieurs milliers de personnes en 2021.

Ces personnes se sont soudain retrouvées bloquées dans la forêt, s’efforçant de survivre par des températures négatives, sans abri, sans nourriture, sans eau ni accès à des soins médicaux.

Beaucoup subissent des abus quotidiens de la part des garde-frontières bélarussiens.

Ils se servent de chiens et font preuve de violence pour les obliger à traverser la frontière vers la Pologne.

Réfugiés bloqués forêt frontière européenne

Une solidarité qui révèle une hiérarchie entre les exils

Ces traitements soulignent le contraste avec l’accueil chaleureux qu’offre la Pologne aux personnes fuyant le conflit en Ukraine.

L’attitude des autorités polonaises est empreinte de racisme et d’hypocrisie.

La figure du réfugié hante-t-elle l’Europe ?

Sans aucun doute.

Mais pas seulement cet espace régional.

C’est une hantise partagée sur tous les continents par tous les États nationaux et par de nombreuses populations, toutes conditions et classes sociales confondues.

Ce n’est certes pas nouveau, mais cette hantise ne cesse de pousser hors de toute rationalité, de tout débat serein.

Il ne s’agit pas, bien entendu, de diviser dogmatiquement le monde en « persécuteurs » et en persécutés », en « méchants » et en « misérables », en « racistes » et en « victimes », etc.

La surpolitisation de ce thème aboutit le plus souvent à la production d’une opinion morale comme substitut à l’argument scientifique.

L’immigration, les immigrés, les demandeurs d’asile et les réfugiés constituent une population non seulement constamment suspectée de présence illégitime mais qui incline aussi très fortement, et presque naturellement, à basculer dans la compassion, l’idéologie ou le (grossier) parti pris politique.

Il n’en reste pas moins que ce processus de méfiance et de suspicion généralisées s’est considérablement accru ces dernières décennies pour au moins trois raisons historiques.

Tout d’abord, il y a eu la fin de ce que l’on a appelé la guerre froide qui a sensiblement modifié l’intérêt stratégique de l’asile et a eu pour conséquence une modification sociologique des propriétés biographiques des demandeurs d’asile.

Enfin, depuis la fin des années 1980, de manière franche et significative, nombreux ont été les pays capitalistes développés qui ont affiché une volonté politique d’« endiguer » les flux migratoires du Sud vers le Nord.

Réfugiés, demandeurs d’asile et catégories d’État

La problématique de l’asile et des réfugiés, au-delà des chiffres, ne peut se réduire simplement à une relation logique entre deux catégories : l’accord ou le rejet du demandeur d’asile.

L’enjeu central de la protection des personnes, qui est une mission de plein droit des États nationaux et de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ne doit jamais être disjointe, en pratique et en théorie (et donc politiquement), d’une série d’autres enjeux : ceux des institutions ayant un rapport direct ou indirect avec la protection internationale des personnes, de la géopolitique, de l’économie, du droit, de l’anthropologie, de l’histoire et de la sociologie.

Car de quoi s’agit-il lorsqu’on évoque les demandeurs d’asile et les réfugiés ?

De l’État et de ses relations aux normes internationales, de la guerre (civile ou entre États), du racisme, des frontières, des déplacements forcés de populations, de persécution d’État, de conventions internationales, etc.

Autrement dit, les thèmes de l’asile et plus largement ceux des réfugiés et des déplacés n’engagent pas seulement les relations entre les États.

Ils sont à la fois causes et effets des transformations des sociétés et de l’ordre international.

Ils sont aussi, on l’oublie trop souvent, au cœur des relations de domination et d’interdépendance entre nations et entre États.

Plus précisément, les déterritorialisations et les mobilités forcées soulèvent des questions cruciales qui n’intéressent pas seulement l’Afrique ou le Moyen-Orient.

La « multi-appartenance » des individus à plusieurs territoires et à plusieurs lieux, pour ne citer qu’un exemple, est une configuration plus fréquente qu’on ne le croit.

L’exil n’est pas seulement un voyage entre des espaces (pays, villes, etc.), c’est aussi un voyage entre des catégories classificatoires : un jour « sans-papiers », un autre jour « demandeur d’asile », un autre jour un « régularisé temporaire », etc.

Des mots comme « immigrés », « clandestins », « sans-papiers », « migrants économiques » « faux réfugiés », etc. n’appartiennent pas seulement au registre de la langue ordinaire.

Ces mots sont aussi, et probablement avant tout, des catégories d’État qui trouvent leur traduction pratique dans le droit.

Ce dernier devient alors officiellement le seul qui définit les non-nationaux, les classe en ayants-droits ou sans-droits, les inclue ou les exclue de la protection, les intègre ou les écarte de la citoyenneté.

De ce point de vue, il importe de ne jamais perdre de vue que le pouvoir d’État est un pouvoir producteur d’effet de théorie sans égal.

Les déplacements forcés dans le monde

Dans le monde, à la mi-2023, 52% des réfugiés et autres personnes en besoin de protection internationale provenaient des trois pays suivants : la Syrie (6,5 millions), l’Afghanistan (6,1 millions) et l’Ukraine (5,9 millions).

Ce chiffre est en constante augmentation en raison de crises qui s’inscrivent dans la durée, auxquelles s’ajoutent de nouvelles crises, qui risquent de passer inaperçues et d’être oubliées.

Contrairement aux idées reçues, 75% des réfugiés et personnes en besoin de protection sont accueillis par des pays à faible ou moyen revenu, et 69% le sont dans des pays voisins.

N’oublions pas, enfin, alors qu’ils comptent pour 30% de la population mondiale, les enfants représentent 40% des personnes déplacées dans le monde.

La plupart des personnes qui sont contraintes de fuir ne franchissent jamais une frontière internationale, restant déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

Les déplacés internes représentent en effet 57% de toutes les personnes déplacées de force, soit 62,5 millions à la fin de l’année 2022.

Dans le monde, le nombre de réfugiés qui ont franchi les frontières de leur pays pour trouver une forme de protection a augmenté de 35% par rapport à 2021, pour un total de 34,6 millions fin 2022.

Les réfugiés relevant du mandat du HCR dans le monde sont passés de 21,3 millions en 2021 à 29,4 millions fin 2022 puis à 30,5 millions à la mi-2023.

IndicateurChiffrePériode
Réfugiés et personnes en besoin de protection provenant de Syrie, d’Afghanistan et d’Ukraine52%Mi-2023
Réfugiés originaires de Syrie6,5 millionsMi-2023
Réfugiés originaires d’Afghanistan6,1 millionsMi-2023
Réfugiés originaires d’Ukraine5,9 millionsMi-2023
Personnes accueillies par des pays à faible ou moyen revenu75%Mi-2023
Personnes accueillies dans un pays voisin69%Mi-2023
Déplacés internes57%, soit 62,5 millionsFin 2022
Réfugiés ayant franchi une frontière internationale34,6 millionsFin 2022

Le rôle des États et du HCR

La question pourrait être ainsi formulée : peut-il y avoir une « politique migratoire » (immigration, flux migratoires et asile) dans des pays où l’État est faible, déliquescent, absent, dictatorial ou privatisé ?

D’où toute la difficulté à définir et à qualifier cet État.

Que signifie avoir une politique migratoire lorsqu’un État ne possède pas de formes objectives, ni codifiables ni codifiées par le droit, ne compte qu’une Constitution sur le papier non contraignante et sans aucun effet juridique, ne connaît ni administrations locales ni centrale, se trouve sans réelle emprise ni contrôle sur son territoire, avec des fonctionnaires sans salaire et une fiscalité sans ressource, etc. ?

En réalité, même si elles ne sont pas explicitées organisationnellement et juridiquement, en pratique il existe des « politiques migratoires » ne serait-ce qu’en se déchargeant sur le HCR ou en appliquant des normes et des catégories produites ailleurs, principalement importées de pays développés.

Il est vrai que se doter politiquement d’une « politique migratoire » et la mettre en œuvre sont deux niveaux différents.

Discours et pratique (ou effectivité des pratiques) ne doivent pas être confondus.

Toujours dans la même perspective, face à l’impuissance de nombreux États du Sud, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) est une institution décisive dans la production des catégories et des identités.

C’est d’ailleurs moins une organisation humanitaire - comme on le croit parfois - qu’un dispositif de gouvernement des hommes dans les lieux où il lui est donné le mandat d’intervenir.

Dans le champ des identités, le HCR a le pouvoir de faire exister, d’inclure ou d’exclure.

Dans le contexte français, où le HCR est en activité depuis 1952, nous travaillons pour mobiliser et soutenir les réfugiés dans le monde comme en France.

Au-delà du soutien financier, nous collaborons avec différents acteurs français pour faciliter l’ouverture et le maintien de voies légales pour les réfugiés, comme pour le programme de réinstallation.

Nous collaborons aussi étroitement avec les instances d’asile, et notamment l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et la Cour nationale du droit d’asile, pour assurer la qualité de la procédure d’asile.

Une de nos priorités est également de travailler avec nos partenaires pour faciliter l’inclusion socio-économique des réfugiés.

Les acteurs du secteur privé, entreprises et fondations, sont peu à peu devenus des interlocuteurs clés, en particulier concernant l’accès au travail pour les réfugiés.

La loi française sur l’immigration et les garanties de protection

Les termes de la loi immigration votée en décembre 2023 posent question sur la manière dont les personnes arrivées sur le territoire français, après un départ contraint de leur pays, y seront désormais accueillis.

Nous avons suivi de près le débat sur ce projet de loi « pour contrôler l’immigration et améliorer l’intégration » qui a commencé il y a près d’un an maintenant.

La loi a subi des transformations importantes au cours du processus législatif.

Le débat public entourant les discussions et l’adoption de cette loi a été très animé et parfois en décalage avec ce qui est observé par les acteurs de l’asile.

Pourtant, une gestion équilibrée et rationnelle des flux des migrants et réfugiés peut contribuer à alléger la pression sur le système d’asile, réduire les délais et simplifier les procédures.

La loi, dont les dispositions sont à l’examen du Conseil constitutionnel, touche beaucoup plus à l’immigration qu’à l’asile.

Nous sommes d’abord particulièrement inquiets des restrictions au bénéfice de la réunification familiale, notamment pour les mineurs.

Selon la loi, il ne sera désormais plus possible pour un mineur réfugié en France d’être rejoint par ses frères et sœurs, ce qui a pourtant été introduit en 2018, plaçant les parents dans le dilemme cornélien de devoir faire le choix d’abandonner l’un ou l’autre de leurs enfants.

L’enfant réfugié accompagné en France d’un de ses parents ne pourra également plus être rejoint par son autre parent au titre de la réunification familiale.

Ces ajouts nous paraissent contraires à l’intérêt supérieur de l’enfant, droit essentiel garanti par la Convention relative aux droits de l’enfant, ainsi qu’au principe général du droit international qu’est le droit à l’unité et à la vie familiale.

Nous sommes également préoccupés par d’autres points touchant à la procédure d’asile même.

La loi introduit par exemple une notion d’irrecevabilité pour les demandeurs d’asile qui bénéficient d’une « protection équivalente » dans un pays tiers.

Une histoire longue de l’accueil et du refus

La question de l’accueil des personnes persécutées n’est pas nouvelle.

Des loyalistes et des pacifistes (dont des Mennonites et des Quakers) fuient au Canada pendant la Révolution américaine.

Des esclaves qui se sont échappés ainsi que des Noirs libres fuient les É.-U.

La première loi sur l’immigration est adoptée au Canada.

Le gouvernement adopte un Décret en conseil qui exclut les immigrants « de toute race asiatique ».

La définition d’asiatique comprend les Arméniens fuyant le génocide en Turquie.

Le député Samuel Jacobs défendait « ceux qui sont obligés de quitter leur propre pays en Europe en raison de la persécution religieuse et sociale.

Or, notre pays, il me semble, devrait être un havre de paix pour ce genre de personne et nous devrions ouvrir grandes les portes pour tous ceux qui fuient la persécution, qu’elle soit sociale ou autre, dans des pays européens.

Dans le contexte de la dépression et des craintes du communisme, de nombreux chômeurs, syndicalistes et personnes soupçonnées d’être communistes sont déportés.

Le risque de persécution n’empêche pas la déportation, malgré les préoccupations soulevées par le Canadian Labour Defence League quant aux dangers d’un renvoi vers des pays fascistes.

Au cours des 12 ans du régime nazi en Allemagne, le Canada admet moins de 5 000 réfugiés juifs, un des pires dossiers des pays démocratiques.

« En tant qu’êtres humains nous devons nous efforcer d’offrir autant que possible l’asile aux personnes qui réussissent à s’échapper.

Selon moi, nous devons le faire parce que ces personnes sont des êtres humains et méritent cette considération, et parce que nous sommes des êtres humains et devons agir de la sorte.

Le Canada adhère à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et à son protocole de 1967.

Dans les années 1970, l’idée s’est répandue que le Canada était et avait toujours été un havre pour les opprimés.

Rétrospectivement, une série restreinte de programmes de réinstallation de réfugiés, avantageux au plan économique, avait été transformée dans l’imaginaire collectif en une résolution humanitaire canadienne massive et de longue date en faveur des réfugiés.

La nouvelle Loi sur l’immigration est déposée.

Il s’agit de la première loi d’immigration canadienne qui reconnaît que les réfugiés constituent une catégorie spéciale d’immigrants.

Parmi ses objectifs, la Loi avait le devoir de « remplir, envers les réfugiés, les obligations légales du Canada sur le plan international et de maintenir sa traditionnelle attitude humanitaire à l’égard des personnes déplacées ou persécutées ».

Au milieu de 1979, il y a environ 1,5 million de réfugiés de l’Asie du Sud-Est.

Au mois de juin, le gouvernement canadien annonce que 50 000 réfugiés sud-est-asiatiques seront réinstallés avant la fin de 1980.

Des milliers de Canadiens se montrent disposés à les accueillir, et le Programme de parrainage privé des réfugiés démarre de façon saisissante.

Des pressions populaires forcent le gouvernement à ajuster à la hausse son engagement initial à l’égard de la réinstallation des réfugiés.

La Cour suprême du Canada rend l’arrêt Singh, par laquelle elle reconnaît que les demandeurs d’asile ont droit à la justice fondamentale, en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés.

Les mots de l’exil et la conjugaison de « se réfugier »

Le verbe se réfugier décrit l’action de chercher protection dans un lieu considéré comme sûr.

Indicatif

  • Présent : je me réfugie, tu te réfugies, il se réfugie, nous nous réfugions, vous vous réfugiez, ils se réfugient
  • Passé composé : je me suis réfugié, tu t'es réfugié, il s'est réfugié, nous nous sommes réfugiés, vous vous êtes réfugiés, ils se sont réfugiés
  • Imparfait : je me réfugiais, tu te réfugiais, il se réfugiait, nous nous réfugiions, vous vous réfugiiez, ils se réfugiaient
  • Plus-que-parfait : je m'étais réfugié, tu t'étais réfugié, il s'était réfugié, nous nous étions réfugiés, vous vous étiez réfugiés, ils s'étaient réfugiés
  • Passé simple : je me réfugiai, tu te réfugias, il se réfugia, nous nous réfugiâmes, vous vous réfugiâtes, ils se réfugièrent
  • Passé antérieur : je me fus réfugié, tu te fus réfugié, il se fut réfugié, nous nous fûmes réfugiés, vous vous fûtes réfugiés, ils se furent réfugiés
  • Futur simple : je me réfugierai, tu te réfugieras, il se réfugiera, nous nous réfugierons, vous vous réfugierez, ils se réfugieront
  • Futur antérieur : je me serai réfugié, tu te seras réfugié, il se sera réfugié, nous nous serons réfugiés, vous vous serez réfugiés, ils se seront réfugiés

Subjonctif

  • Présent : que je me réfugie, que tu te réfugies, qu'il se réfugie, que nous nous réfugiions, que vous vous réfugiiez, qu'ils se réfugient
  • Passé : que je me sois réfugié, que tu te sois réfugié, qu'il se soit réfugié, que nous nous soyons réfugiés, que vous vous soyez réfugiés, qu'ils se soient réfugiés
  • Imparfait : que je me réfugiasse, que tu te réfugiasses, qu'il se réfugiât, que nous nous réfugiassions, que vous vous réfugiassiez, qu'ils se réfugiassent
  • Plus-que-parfait : que je me fusse réfugié, que tu te fusses réfugié, qu'il se fût réfugié, que nous nous fussions réfugiés, que vous vous fussiez réfugiés, qu'ils se fussent réfugiés

Conditionnel

  • Présent : je me réfugierais, tu te réfugierais, il se réfugierait, nous nous réfugierions, vous vous réfugieriez, ils se réfugieraient
  • Passé première forme : je me serais réfugié, tu te serais réfugié, il se serait réfugié, nous nous serions réfugiés, vous vous seriez réfugiés, ils se seraient réfugiés
  • Passé deuxième forme : je me fusse réfugié, tu te fusses réfugié, il se fût réfugié, nous nous fussions réfugiés, vous vous fussiez réfugiés, ils se fussent réfugiés

Impératif

  • réfugie-toi
  • réfugions-nous
  • réfugiez-vous

Participe et infinitif

  • Participe passé : réfugié, réfugiée, réfugiés, réfugiées
  • Participe présent : s'étant réfugié

Ces verbes ont la particularité d'avoir un doublement du i à la 1re et 2e personne du pluriel de l'imparfait de l'indicatif et au présent du subjonctif : nous appréciions.

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