Loi anti-aide aux migrants en Italie : le décret Salvini et le durcissement des politiques migratoires

En Italie, le durcissement des politiques migratoires s’est traduit par des restrictions de l’accès à la protection, une réorganisation du système d’hébergement, l’augmentation de la durée de rétention et le renforcement des expulsions.

Le décret-loi Salvini s’inscrit dans un contexte national et européen extrêmement tendu sur la question migratoire, marqué par la fermeture des ports, les débats sur les retours volontaires et la progression de discours politiques prônant la « remigration ».

Le décret-loi Salvini : principales mesures

La restriction du système d’hébergement SPRAR

De nombreuses modifications sont apportées par ce décret-loi dont l’objectif assumé est de réduire les possibilités d’obtenir une protection en Italie et d’augmenter les expulsions.

Concernant le système d’hébergement, l’exception devient la règle.

En effet, le système SPRAR, jusqu’à présent destiné aux personnes demandant l’asile et à celles bénéficiant d’une protection internationale, était géré par des administrations locales de manière décentrée et permettait d’assurer des standards élevés d’accompagnement et insertion sociale des personnes.

Sous-financé, il n’offrait néanmoins des places que pour 35 000 personnes.

Le décret-loi Salvini réserve désormais ce système d’accueil aux seul·e·s bénéficiaires de protection internationale et aux mineur·e·s non accompagné·e·s.

Par ailleurs, le système d’hébergement, très fortement compartimenté, va maintenir les demandeurs et demandeuses d’asile dans des conditions d’accueil précaires, les invisibilisant et freinant fortement leur insertion sociale, économique, linguistique.

Ces dernier·e·s n’auront accès plus qu’aux grands centres d’accueil dont les standards sont très bas, à tel point que certaines juridictions françaises ont annulé des renvois en Italie dans le cadre du règlement Dublin.

L’abrogation de la protection humanitaire

Une autre modification de taille est l’abrogation de la protection humanitaire.

Celle-ci, dont 25% des demandeurs·euses d’asile ont bénéficié en 2017, était une protection italienne qui permettait de protéger des personnes ne relevant pas des critères de la convention de Genève, mais se trouvant bien en danger dans leur pays d’origine.

D’une durée de deux ans, elle était renouvelable et permettait d’avoir accès au marché du travail, à un hébergement, etc.

Les conséquences pour les personnes étrangères en Italie, notamment celles en quête de protection vont être très lourdes : un grand nombre d’entre elles risque de se retrouver sans statut légal, sans accès à un centre d’hébergement et donc de facto sans aucune protection.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes actuellement bénéficiaires d’une protection humanitaire vont perdre ce statut.

Si certaines pourront demander à bénéficier d’un statut autre, celui-ci sera souvent plus précaire et beaucoup n’y auront pas droit.

Le doublement de la durée de rétention

Enfin, la durée de rétention des personnes étrangères est doublée et passe de 3 mois actuellement à 6 mois.

MesureSituation antérieureÉvolution
Système SPRARAccessible aux demandeurs d’asile et aux bénéficiaires d’une protection internationaleRéservé aux bénéficiaires d’une protection internationale et aux mineur·e·s non accompagné·e·s
Protection humanitaireProtection de deux ans, renouvelableAbrogation
Rétention des personnes étrangères3 mois6 mois

Les conséquences pour les personnes migrantes et réfugiées

Un grand nombre de personnes risque de se retrouver sans statut légal, sans accès à un centre d’hébergement et donc de facto sans aucune protection.

La disparition de la protection humanitaire expose notamment les personnes dont la situation ne correspond pas aux critères de la convention de Genève, mais qui restent en danger dans leur pays d’origine.

La perte du titre peut également entraîner la perte de l’accès au marché du travail et à l’hébergement.

Dans les faits, les personnes qui ne peuvent pas obtenir un autre statut risquent de se retrouver dans une situation administrative plus précaire.

Le système d’hébergement, très fortement compartimenté, va maintenir les demandeurs et demandeuses d’asile dans des conditions d’accueil précaires, les invisibilisant et freinant fortement leur insertion sociale, économique, linguistique.

La limitation de l’accès aux structures locales d’accompagnement réduit les possibilités de bénéficier d’un suivi social, d’un apprentissage linguistique et d’un accompagnement vers l’autonomie.

La fermeture des ports et les débarquements en Méditerranée

Il faut remettre ce décret-loi dans un contexte national et européen extrêmement tendu sur la question migratoire.

En juin dernier, Matteo Salvini avait déjà annoncé la fermeture des ports italiens aux bateaux ramenant des personnes secourues en Méditerranée.

Ce faisant, plusieurs bateaux ont été contraints d’errer longtemps en mer avant d’obtenir l’autorisation de débarquer les personnes à leur bord dans un port sûr, lorsqu’ils n’ont pas été contraints de débarquer en Libye ou en Tunisie, en violation du droit international.

L’Italie a finalement refusé de signer les pactes mondiaux sur la migration et sur les réfugié·e·s après deux ans de négociations et de discussions.

Ces pactes, non contraignants, ont été la source de très vives polémiques, souvent déconnectées de leur contenu.

La mobilisation de la société civile italienne

Dans ce contexte tendu, la société civile italienne se mobilise avec les personnes exilées pour faire entendre une autre voix et pour continuer à se réclamer d’une Italie ouverte et accueillante.

Des associations comme ARCI, ASGI et bien d’autres, intervenant auprès et avec les personnes étrangères en Italie, se sont largement mobilisées contre le décret-loi et les attaques répétées contre les personnes migrantes et leurs soutiens.

En même temps, plusieurs manifestations contre le décret-loi ont eu lieu récemment dans différentes villes italiennes.

Dernière en date le 15 décembre, une journée de mobilisation contre le racisme et en faveur des droits des personnes migrantes a réuni à Rome plusieurs milliers de personnes.

La « remigration » et l’extrême droite italienne

La remigration est aux portes du Parlement italien.

Vendredi 5 juin, le comité Remigrazione e Riconquista a fait étape près de Milan pour promouvoir sa proposition de loi prônant l’expulsion en masse d’immigrés ou de descendants d’immigrés.

Pour sa dernière étape d’une tournée dans toute l’Italie, le comité Remigrazione e Riconquista est venu présenter, vendredi 5 juin 2026, sa proposition de loi portant sur ce concept en vogue à l’extrême droite, qui prône le renvoi d’immigrés dans leurs pays d’origine.

Avant d’entrer dans l’arrière-salle du bar de la Comunità Giovanile, deux hommes s’agrippent par leurs avant-bras tatoués.

Cette poignée de main romaine, en vogue dans les milieux d’extrême droite, n’est pas le seul indice sur les idées qui règnent dans ce refuge de la jeunesse identitaire locale, à Busto Arsizio, à une demi-heure de Milan.

Un texte anti-avortement et des croquis de vikings issus d’une revue d’extrême droite ornent les murs jaunes défraîchis.

À côté, de grandes affiches annoncent le thème de la soirée : «Remigration, maintenant!»

Manifestation contre le racisme à Rome

Les arguments avancés par les défenseurs de la remigration

Avant de commencer, ils réclament une minute de silence pour Henry Nowak, mort en décembre 2025 à Southampton, dans le sud de l’Angleterre.

Cet étudiant britannique de 18 ans avait été poignardé en rentrant de soirée par un jeune homme sikh, qui l’a ensuite accusé d’agression raciste.

Interpellé et traité sans ménagement par la police, il est mort de ses blessures.

Le drame, filmé, a suscité un grand émoi au Royaume-Uni et l’extrême droite internationale s’est empressée d’en faire un symbole politique.

«Aujourd’hui, aux urgences, on fera passer un Africain avant moi car s’il meurt, les médecins auront des problèmes. Alors que si c’est moi, non. Il faut rendre aux Italiens la préférence qui a été donnée aux étrangers», martèle Salvatore Ferrara, vice-président du comité Remigrazione e Riconquista, qui a longtemps milité au sein du parti néofasciste Forza Nuova, avant de rejoindre la Rete dei Patrioti.

«Cela nous rappelle que l’immigration n’est pas seulement un problème de sécurité et de rapatriement, mais aussi de ce politiquement correct qui veut nous rendre coupables d’être blancs et européens», attaque Angela De Rosa, membre de CasaPound, devant un public conquis, à grande majorité masculin.

Pendant près d’une heure, les intervenants enchaînent statistiques et faits divers démontrant, selon eux, le lien entre insécurité et immigration.

«Nous ne voulons pas être des victimes, sacrifiés sur l’autel des ports ouverts.»

La remigration est aussi présentée par ses défenseurs comme un antidote au «grand remplacement».

«Il suffit de sortir de chez soi. Des quartiers entiers se transforment, il n’y a plus de magasins italiens mais des supermarchés bengalais, égyptiens ou chinois», poursuit l’ancienne conseillère communale d’une ville voisine.

Le programme revendiqué par le comité

La reconquête promise par le comité passe donc par une relance de la natalité en berne, grâce à des aides octroyées en priorité aux Italiens; par le retour des italo-descendants nés à l’étranger; et par une amélioration des conditions de travail, dont la dégradation est, là encore, imputée aux immigrés.

«On importe la main-d’œuvre étrangère pour pouvoir maintenir les salaires le plus bas possible. C’est un choix politique», affirme Sebastiano Seddio, membre du mouvement Brescia ai Bresciani, un groupuscule d’extrême droite basé près de Milan, et candidat sur la liste du parti de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia, aux élections municipales en 2023.

Paradoxe: c’est justement le gouvernement de la Première ministre italienne issue de l’extrême droite qui a autorisé un nombre record de permis de travail pour les travailleurs non-européens.

Près de 450’000 permis ont été débloqués entre 2023, à la suite de son arrivée au pouvoir, et 2025.

Et cinq cent mille de plus pour les trois années suivantes.

Une proposition de loi soutenue par près de 150 000 signatures

En six mois, leur proposition de loi a recueilli près de 150’000 signatures, soit trois fois le seuil requis par la Constitution italienne pour pouvoir la déposer au Parlement, lequel pourra ensuite s’en emparer.

Salvatore Ferrara brandit le texte prêt à être déposé au Parlement: «C’est le dernier espoir des Italiens! C’est une proposition de loi radicale qui va résoudre le problème [de la migration]».

Quelques jours plus tôt, la branche locale du petit parti de gauche Sinistra Italiana dénonçait «un plan de déportations massives» caché «derrière le voile de néologismes destinés à en atténuer la brutalité. Un tel plan brutal demeure brutal, même déguisé».

Historien spécialiste du néofascisme à l’Université de Milan, Elia Rosati, interrogé par Heidi News, qualifie quant à lui la proposition visant à expulser des Italiens d’origine étrangère de «politique raciale de fond».

«On nous accuse de vouloir organiser des déportations, de vouloir tuer les gens. Mais vous pouvez chercher, vous ne trouverez pas une seule fois le mot déportation dans notre proposition!», s’emporte Salvatore Ferrara.

Les limites juridiques de la proposition

Si Salvatore Ferrara assure que la proposition de loi est «sérieuse» et «réalisable», rien n’oblige toutefois le Parlement à délibérer sur le texte.

Même si c’était le cas, Giorgia Serughetti estime qu’il aurait peu de chances d’être approuvé.

«Il existe une série de contraintes juridiques qui le rendent inapplicable», explique-t-elle.

Entre autres, la Constitution prévoit déjà la possibilité de retirer la nationalité italienne à une personne naturalisée mais dans des cas très précis, comme après une condamnation définitive pour terrorisme.

Le comité Remigrazione e Riconquista a prévu de déposer officiellement sa proposition de loi au Parlement, le 13 juin, à l’occasion d’une manifestation nationale à Rome.

À Busto Arsizio, les militants s’y préparent déjà.

La restriction des titres de séjour et l’accélération des expulsions

Longtemps resté marginal, le concept de remigration a récemment gagné en visibilité avec des partis qui n’ont plus de remords à l’assumer publiquement, comme l’AfD en Allemagne ou la Lega en Italie.

Le vice-Premier ministre Matteo Salvini en a même fait l’un des slogans de la manifestation organisée en avril dernier à Milan avec ses alliés européens, dont le Français Jordan Bardella et le Néerlandais Geert Wilders.

Giorgia Meloni, en revanche, évite soigneusement de reprendre le terme à son compte.

Celle qui se vante d’une stabilité politique sans précédent préfère cultiver son image d’une dirigeante crédible et raisonnable, plutôt que de s’associer à un projet aussi radical, observe pour Heidi News Giorgia Serughetti, chercheuse en philosophie politique à l’Université Milan-Bicocca.

Reste que le concept résonne pleinement avec les idées de son parti: une conception de l’italianité fondée sur la filiation, et l’idée qu’un étranger peut perdre sa place dans la communauté nationale au moindre faux pas, poursuit la chercheuse.

Certaines des politiques du gouvernement vont même déjà dans ce sens, comme l’accélération des expulsions d’immigrés, la restriction des titres de séjour, ou encore une prime très contestée de 615 euros pour les avocats et autres représentants de migrants qui favoriseraient le retour de leurs clients dans leur pays d’origine.

La prime aux avocats pour les départs volontaires

Un projet de loi italien contient une mesure qui vise à payer une prime aux avocats ayant conseillé et accompagné leurs clients migrants dans un processus de départ volontaire du pays.

Très vivement décrié par les associations professionnelles et l’opposition, il sera soumis au vote de la Chambre des députés mercredi 22 avril.

Une mesure qui était d’abord passée inaperçue.

Après avoir passé l’étape du Sénat le vendredi 17 avril, un projet de loi sécuritaire sera soumis au vote de la Chambre des députés italienne ce mercredi 22 avril.

Parmi les différentes mesures - qui portent sur les manifestations, les mineurs ou encore les contrôles de sécurité -, une a récemment suscité les critiques de l’opposition et des professionnels: elle vise à payer des bonus aux avocats s’ils arrivent à convaincre leurs clients migrants de quitter le pays et qu’ils les assistent dans ce processus.

La coalition menée par Giorgia Meloni compte allouer 246.000 euros pour 2026 et 492.000 euros par an pour 2027 et 2028 à cette mesure, selon le quotidien Il Sole-24 Ore.

La chaîne d’informations italienne Sky TG24 rapporte que cela équivaudrait à 615 euros par prime.

Le texte de loi précise que les avocats qui accompagnent leurs clients migrants dans un processus de départ volontaire du pays ne verront leurs primes versées qu’après le départ de ceux-ci.

ÉlémentDonnée
Montant prévu pour 2026246.000 euros
Montant annuel prévu pour 2027 et 2028492.000 euros
Montant indiqué par prime615 euros
Condition de versementAprès le départ des clients migrants

La contestation des avocats et des magistrats

Cette mesure a à nouveau suscité de vives tensions entre le gouvernement de Giorgia Meloni et les avocats et magistrats.

Le Conseil national du barreau s’est notamment désolidarisé de cette mesure, qui le mentionne pourtant en tant qu’administrateur de la prime, affirmant n’avoir «jamais été informé de cette implication: ni avant la présentation de l’amendement, ni pendant son examen parlementaire, ni après son adoption», souligne Il Sole-24 Ore.

Le Conseil de l’Union des Chambres Criminelles, une association représentant les avocats pénalistes, a également rejeté publiquement cette mesure.

Elle souligne l’incompatibilité de la proposition avec la déontologie des avocats: «l’avocat ne peut être rémunéré pour obtenir le résultat souhaité par l’État, il doit assister son client en toute liberté et indépendance», écrit-elle.

Même son de cloche du côté du Congrès de l’Ordre des avocats italiens, selon Il Post.

Dans un communiqué, l’Association nationale des magistrats a, elle aussi, dénoncé une mesure «consternante».

Elle estime qu’une telle mesure «soulève des questions qui mettent en péril l’efficacité de la protection judiciaire», avant d’ajouter: «Cela va à l’encontre de l’idée même de défense [juridique], car cela lie la prime à l’échec de la défense, ce qui est contraire à la logique avant même d’être contraire au droit. Dans tous les domaines, le droit à la défense doit rester plein, libre et concrètement accessible».

Côté politique, l’opposition s’est très largement prononcée contre cette mesure.

La Repubblica rapporte que Riccardo Magi, qui est à la tête du parti Più Europa, a dénoncé un décret «à deux doigts de l’ICE de Trump» et l’a qualifié de «systèmes de récompenses dignes du Far West».

L’accès aux soins pour les migrants sans-papiers

Les services de santé italiens sont relativement accessibles aux migrants sans-papiers.

Mais certains discours prônent leur exclusion en invoquant le coût d’une telle accessibilité.

Au sein de l’Union européenne, l’Italie est un des pays qui comptent le plus grand nombre estimé de migrants sans-papiers (MSP).

Dotée d’un système de santé universaliste, le Servizio Sanitario Nazionale, ou SSN, l’Italie garantit aux MSP un accès à des soins de santé complets.

Dans son préambule, la loi de 1998 sur l’immigration renforce l’obligation de garantir aux étrangers les droits les plus fondamentaux, ce quel que soit leur statut juridique.

L’accès aux soins est le seul droit explicitement défini comme fondamental dans la Constitution italienne.

Plus loin, la section santé prévoit que les MSP aient accès aux «soins urgents et essentiels» de manière continue, ce qui comprend les soins de grossesse et de maternité, les soins pédiatriques et les mesures de santé publique.

Les soins urgents désignent l’ensemble des services qui ne peuvent être reportés sans mettre en danger la vie ou la santé d’une personne.

Les soins essentiels comprennent les services diagnostiques et thérapeutiques liés à des pathologies non dangereuses à court terme, mais qui pourraient causer des dommages plus graves.

Un code anonyme renouvelable

En pratique, l’accès aux soins est permis via l’attribution d’un code anonyme, valable six mois et pouvant être renouvelé.

Concernant la mise en œuvre de l’offre de soins, chaque région identifie les moyens adéquats de garantir, sur son territoire, un accès adapté aux MSP, reflétant ainsi la nature décentralisée du SSN.

Par conséquent, une grande hétérogénéité existe sur l’ensemble du territoire.

Par exemple, certaines régions fournissent des soins primaires aux MSP par l’intermédiaire de cliniques publiques dédiées, d’autres par l’intermédiaire de médecins généralistes conventionnels, et d’autres encore par l’intermédiaire d’organismes non gouvernementaux accrédités.

Un coût limité pour les finances publiques

Pour les partis italiens de droite anti-immigration, tels que la Ligue et Fratelli d’Italia, l’accessibilité des soins aux MSP est souvent représentée comme une «charge sociale».

Ces discours - qui apportent de nouvelles nuances raciales aux appels à la «rationalisation dans les soins de santé» et à l’arrêt des «abus du système» entendus en Italie depuis le milieu des années 2000 - sont contredits par les données existantes, bien que peu nombreuses.

Pour la période 1998-2017, environ 0,2 % du Fonds National de Santé annuel a été alloué aux régions par le ministère de la Santé à cette fin.

Exceptés les soins d’urgence, qui étaient remboursés par le ministère de l’Intérieur, les données n’étant pas disponibles.

Depuis 2018, le budget qui y était alloué a fusionné avec d’autres postes de dépenses, rendant impossible l’estimation du montant annuel remboursé.

Concernant le coût des traitements, en 2010, les MSP représentaient 0,4 % de l’ensemble des hospitalisations du pays et 0.34 % des dépenses publiques d’hospitalisation.

IndicateurDonnée
Part du Fonds National de Santé annuel, 1998-2017Environ 0,2 %
Part des hospitalisations, 20100,4 %
Part des dépenses publiques d’hospitalisation, 20100.34 %

Pourtant, des arguments en faveur de leur exclusion persistent, y compris en pleine pandémie de COVID-19.

En plus d’avoir dépeint les migrants débarquant en Italie comme des vecteurs du virus, la Ligue et Fratelli d’Italia ont sévèrement critiqué la régularisation des MSP approuvée en mai 2020 pour des raisons de santé publique ainsi qu’économiques.

Comme le montrent les études, restreindre l’accès aux soins de santé des MSP se révèle inefficace et irrationnel, même lorsque l’on se place d’un point de vue purement économique ou de santé publique.

Portrait d'un député italien issu de l'immigration

Le rôle des associations et les tensions autour de l’aide aux migrants

Les restrictions visant l’accueil, la protection et les retours volontaires s’accompagnent d’attaques répétées contre les personnes migrantes et leurs soutiens.

Des associations comme ARCI, ASGI et bien d’autres, intervenant auprès et avec les personnes étrangères en Italie, se sont largement mobilisées contre le décret-loi.

Dans le même temps, plusieurs manifestations contre le décret-loi ont eu lieu récemment dans différentes villes italiennes.

La question de l’aide aux migrants se retrouve également au cœur des débats sur l’accès aux soins, l’assistance juridique et l’accompagnement des départs.

La mesure prévoyant une prime pour les avocats est ainsi critiquée parce qu’elle pourrait modifier la relation entre le professionnel et son client en liant la rémunération au départ effectif du territoire.

Les associations professionnelles et les magistrats estiment que la défense doit rester libre, indépendante et concrètement accessible.

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