Le militant écologiste Paul Watson, détenu au Groenland et réclamé par le Japon pour des faits liés à son combat contre la chasse à la baleine, a demandé la nationalité française, a annoncé jeudi son avocat.
Fondateur de Sea Shepherd, le militant écologiste Canado-américain de 73 ans, a été arrêté le 21 juillet alors qu'il était en route sur son bateau pour intercepter un navire-usine baleinier nippon. Figure emblématique de la lutte contre la chasse à la baleine, Paul Watson est, selon ses avocats, poursuivi pour « obstruction à une activité commerciale ».
La demande de nationalité française
De son côté, Paul Watson a écrit au président Macron le 25 octobre pour rappeler son très fort attachement à la France et demander officiellement la nationalité française.
Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot, le 25 octobre 2024 sur franceinfo. « Paul Watson a demandé à pouvoir être naturalisé. C'est une option que nous sommes en train d'examiner », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, invité vendredi 25 octobre sur franceinfo.
« Paul Watson défend une cause qui est juste et qui est noble et je la partage, la France d'ailleurs la partage puisque sur la protection des océans, nous sommes en première ligne », a fait valoir le ministre.
« Nous avons depuis le début de sa captivité suivi la situation de jour en jour et nous avons adressé tous les messages en direction des autorités du Danemark et des autorités japonaises », a souligné Jean-Noël Barrot.
Avant de demander la nationalité française, Paul Watson avait demandé l'asile politique à la France dans une lettre manuscrite à Emmanuel Macron.
Après avoir écrit une lettre à Emmanuel Macron le 16 octobre afin de demander l'asile politique, il vient de solliciter la nationalité française.
Les conditions de la naturalisation
Il s'avère cependant qu'à ce stade, ni le ministère de l'intérieur, ni le consulat de France à Nuuk (Groenland), n'ont été destinataires d'une demande de Monsieur Paul Watson en vue d'acquérir la nationalité française par naturalisation.
Si l'intéressé souhaite bénéficier de la procédure de l'article 21-1 du Code civil, il devra remplir les conditions prévues par cette disposition : maîtrise du français et connaissance de la France, liens avec la France, absence de casier judiciaire, etc.
M. M. Jean-Louis Roumégas appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la situation de Paul Watson, ardent défenseur de la protection des océans.
Paul Watson, qui vit en France avec sa famille depuis 2015, compte sur notre pays pour le défendre et, indirectement, défendre l'environnement.
Le soutien des élus et de la société civile
En France, où le militant est très largement plébiscité, une campagne de mobilisation lancée auprès des élus locaux par le journaliste Hugo Clément a remporté un très vif succès, avec de très nombreuses mairies petites ou grandes acceptant d'afficher publiquement leur soutien au capitaine, par l'affichage de portraits ou de banderoles accompagnés des slogans #FreePaulWatson et « Sauver des baleines n’est pas un crime » (Rouen, Lyon, Paris, Nice, Grenoble, Reims, Lille, Marseille…).
L’association Sea Shepherd France a profité de l’initiative pour lancer une nouvelle pétition citoyenne pour que tout un chacun, en France, puisse soutenir sa demande.
L’ASPAS, qui soutient pleinement cette action, vous invite à signer et la partager massivement autour de vous !
Les deux autres pétitions restent bien sûr également d’actualité et appellent à toujours plus de signatures.
Merci à toutes et tous, et merci pour Paul Watson !

La procédure d’asile et le rejet de l’Ofpra
Dans cette décision rendue le 9 septembre, l’Ofpra estime que les craintes de cette figure du combat pour la défense des baleines, de nationalité canadienne et américaine, d’être « automatiquement interpellé » en cas de retour au Canada ou aux États-Unis sont infondées s’agissant de « deux démocraties régies par l’État de droit ».
La réaction de Paul Watson
« J’étais confiant lorsque j’ai fait ma demande, je suis allé à l’Ofpra six fois […] mais ils l’ont simplement rejetée », a réagi Paul Watson.
« J’étais très surpris, j’étais certain que cela ne poserait pas de problème […] car je suis persécuté par les Japonais depuis des années », a-t-il ajouté.
« Je suis déçu mais j’espère que nous pourrons trouver une solution », a-t-il ajouté, précisant ne pas savoir s’il peut obtenir la citoyenneté française grâce à un soutien du président Emmanuel Macron : « Tout ce que je sais, c’est qu’il a dit que ma famille et moi étions en sécurité en France aussi longtemps que nous le voulions. C’est tout ce que j’ai. »
Les arguments avancés par l’Ofpra
« À supposer qu’il puisse être interpellé en cas de retour au Canada ou aux États-Unis en raison de la volonté de ses deux pays de nationalité de répondre favorablement à une demande d’extradition des autorités japonaises, il n’a fourni aucun élément sérieux permettant de conclure qu’il ne serait pas en mesure de faire valoir ses droits dans le cadre de procédures régulières d’extradition […] », indique l’Ofpra dans sa décision, révélée par Le Parisien.
« De dire que ce sont des États de droit et qu’il aurait droit à un procès équitable dans ces deux pays est une sottise monumentale », selon lui.
Le mandat d’arrêt japonais et les risques d’extradition
Depuis plus de dix ans, un mandat d’arrêt émis par le Japon pèse sur lui et met en danger sa liberté.
Paul Watson, 74 ans, a été détenu au Groenland pendant cinq mois l’an dernier, avant que le Danemark ne rejette une demande d’extradition émanant du Japon, qui l’accuse d’être coresponsable de dommages et blessures à bord d’un navire baleinier japonais en 2010 dans le cadre d’une campagne menée par l’ONG Sea Shepherd.
En juillet 2024, il a été arrêté au Groenland et détenu cinq mois.
Chaque déplacement international reste depuis un risque réel d’arrestation.
« Le Japon maintient son mandat d’arrêt international, donc il est toujours en danger, partout où il peut circuler », selon lui.
En juillet 2025, Interpol a levé une notice rouge le concernant, mais cette mesure « n’est absolument pas une garantie pour lui, pour sa sécurité », a estimé la présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali.
« Quand Paul Watson risquait sa vie et sa liberté, la France s’est distinguée au niveau international pour lui venir en aide », a-t-elle ajouté.
« Il paraît cohérent qu’elle devienne officiellement son port d’attache. »
Il risque une peine de 15 ans d'emprisonnement.
Il est inacceptable qu'un homme de 73 ans puisse finir ses jours en prison uniquement pour avoir agi dans l'intérêt de la préservation de la planète.
Il est inacceptable que le Danemark livre un défenseur de la biodiversité et des océans à un État qui viole depuis des années le moratoire international sur la chasse commerciale des cétacés.
La situation administrative en France
Aujourd’hui, une étape majeure est franchie.
Paul a reçu un titre de séjour « visiteur », octroyé par décision du Président de la République, ainsi qu’une protection politique lui permettant de se déplacer librement dans l’espace Schengen.
Ce titre lui permet de rester en France avec sa famille et de bénéficier d’une sécurité administrative essentielle face aux pressions internationales.
Mais le mandat d’arrêt japonais, lui, demeure actif.
Sea Shepherd France reste pleinement mobilisé aux côtés de Paul Watson, qui défend les océans depuis plus de 50 ans, souvent au péril de sa propre liberté.
Merci à tous ceux qui se sont mobilisés pour lui !
La mobilisation politique et citoyenne à Paris
Paul Watson a été détenu au Groenland pendant cinq mois, avant que le Danemark ne rejette une demande d'extradition du Japon.
Les démarches du Japon ont suscité une vive inquiétude au sein de la communauté internationale.
La Ville de Paris a donc décerné le titre de citoyen d'honneur au fondateur de l’ONG Sea Shepherd, Paul Watson, qui était menacé d'extradition vers le Japon.
Lors du Conseil de Paris le 19 novembre 2024, unanimement les élus parisiens ont reconnu le rôle de Paul Watson dans la défense de la biodiversité et ont voté en faveur de l’attribution de sa citoyenneté d’honneur.
En tant que lanceur d'alerte, Paul Watson se devait de bénéficier d'une protection particulière.
Sa détention soulevait aussi des questions sur le respect de ses droits fondamentaux.
Cette distinction honorifique est un acte politique et revêt une dimension symbolique forte.
Elle s’inscrit dans une démarche de démocratie et de respect des droits de l'homme.
La Ville de Paris offre avec cette distinction honorifique un refuge symbolique.
Les enjeux liés à la protection des océans
Figure emblématique de la lutte contre la chasse à la baleine, Paul Watson défend une cause que le ministre des Affaires étrangères présente comme juste et noble.
La France partage cette cause puisque sur la protection des océans, elle est en première ligne.
Sea Shepherd France reste pleinement mobilisé aux côtés de Paul Watson, qui défend les océans depuis plus de 50 ans, souvent au péril de sa propre liberté.
La mobilisation en faveur de Paul Watson associe ainsi soutien citoyen, engagement des collectivités locales, action associative et débat sur la protection des océans, la biodiversité et les droits fondamentaux.
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