Le président bolivien Evo Morales est parti se réfugier au Mexique alors que son pays sombre dans le chaos.
Le Mexique a annoncé lundi 11 novembre dans la soirée avoir accepté d'accorder l'asile politique à l'ex-président bolivien Evo Morales, parti dans la foulée.
« Sa vie et son intégrité physique sont menacées ». Ce serait la raison qui a poussé Mexico à accorder l'asile politique à l'ex-président bolivien, ce lundi.
Une démission après la contestation de sa réélection
Evo Morales, qui débutait son quatrième mandat, a été poussé à quitter le pouvoir à cause d'un large mouvement de contestation.
L’ex-président bolivien avait quitté son pays le 11 novembre pour se réfugier au Mexique après que l’armée lui eut « suggéré » de partir face aux violents troubles entourant sa réélection.
Il a démissionné dimanche après avoir été lâché par l’armée.
Car celui qui débutait son quatrième mandat avant d’être poussé à quitter le pouvoir, à cause d’un large mouvement de contestation, est persuadé d’être sous un mandat d’arrêt.
La demande d’asile politique au Mexique
Devant la presse, le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a justifié cette décision en estimant que le dirigeant démissionnaire risquait sa vie.
Ce serait d'ailleurs ce dernier qui aurait sollicité Mexico.
« Il nous a demandé verbalement et de façon formelle de lui accorder l'asile politique dans notre pays », a-t-il dit.
Le ministre mexicain avait assuré plus tôt que son gouvernement avait été sollicité par M. Morales.
Un asile accordé dans cet État dirigé par un président de gauche.
Le gouvernement mexicain a chaleureusement accueilli Evo Morales, « pour des raisons humanitaires et pour protéger la vie » du dirigeant bolivien.
« Ça me fait mal d'abandonner le pays pour des raisons politiques », a-t-il ajouté.

Le départ vers le Mexique
« Frères et sœurs, je pars pour le Mexique », avait twitté lundi soir Evo Morales.
L’avion militaire mexicain qui transportait M. Morales a quitté la Bolivie après plusieurs heures d’incertitude.
« La lutte continue », a promis M. Morales, pantalon noir et polo bleu ciel, affirmant qu'il ne cesserait pas de « faire de la politique ».
Alors que tout le pays ignorait où il se trouvait, l’un de ses principaux opposants, Luis Fernando Camacho, avait « confirmé » cette information.
« La police et les militaires le recherchent dans le Chaparé », avait-il publié.
Les accusations et les violences en Bolivie
Ce dernier estime en effet être sous le coup d'un mandat d'arrêt dans son pays, où il a été poussé à la démission par la rue.
« Après avoir pillé et tenté d'incendier ma maison à Villa Victoria, des groupes de vandales des putschistes [Carlos] Mesa et [Luis Fernando] Camacho ont fait irruption chez moi dans le quartier de Magisterio à Cochabamba. »
M. Mesa est le candidat d'opposition qui réclamait un second tour à la dernière élection présidentielle.
Son principal opposant, Luis Fernando Camacho, avait confirmé que la police et les militaires recherchaient Evo Morales dans le Chaparé.
La mise en place d’un gouvernement de transition
Un gouvernement de transition a été mis en place en Bolivie.
« Nous ne pouvons pas être sans gouvernement », a ajouté cette sénatrice de l'opposition de 52 ans, qui avait annoncé lundi son intention de « convoquer des élections » pour avoir « un président élu le 22 janvier ».
La crise politique a ainsi ouvert une période de transition marquée par l’incertitude institutionnelle et la perspective de nouvelles élections.
Le séjour au Mexique et le départ vers l’Argentine
Après quelques jours passés à Cuba, Evo Morales s’est remis en route et est arrivé le 12 décembre à Buenos Aires, « où il séjournera en qualité de réfugié », indique le quotidien argentin La Nación.
Pourquoi Evo Morales rejoint-il maintenant l’Argentine, qui, selon La Nación, a accepté de lui donner l’asile mais doit encore statuer sur « les conditions de son séjour » et lui a demandé, pour l’heure, d’« éviter toute déclaration politique » sur le sol argentin ?
Officiellement, l’ancien président bolivien souhaite se rapprocher de ses enfants, Evaliz et Alvaro, installés en Argentine depuis la fin de novembre, et être plus près de son pays.
Un rapprochement géographique et politique avec la Bolivie
Mais, nuance BBC Mundo, cette proximité géographique de l’Argentine avec la Bolivie pourrait aussi permettre à l’ancien dirigeant de « poursuivre la lutte », comme il l’a lui-même énoncé le 12 décembre, et d’être entouré par ses réseaux de soutien.
L’Argentine compte notamment une grande communauté bolivienne et des partisans du parti MAS (Mouvement vers le socialisme) de M. Morales.
Enfin, l’avènement d’un pouvoir de gauche en Argentine ces dernières semaines, avec le tandem Alberto Fernández-Cristina Fernández de Kirchner qui a pris ses fonctions le 10 décembre, a pu jouer dans la décision d’Evo Morales.
Le socialisme du XXIe siècle est un courant marxiste remis en selle en 2005 par Hugo Chávez au Venezuela, et auquel se sont joints, à l’époque, l’Équateur et la Bolivie.
Bolivie : les protagonistes de la crise politique
Les principaux repères de la crise
| Événement | Date ou période |
|---|---|
| Départ d’Evo Morales de Bolivie | 11 novembre |
| Annonce de l’asile politique au Mexique | Lundi 11 novembre 2019 |
| Arrivée à Buenos Aires | 12 décembre |
| Installation des enfants en Argentine | Fin de novembre |
| Prise de fonctions du tandem Alberto Fernández-Cristina Fernández de Kirchner | 10 décembre |
Une présence politique maintenue depuis l’exil
« La lutte continue », a promis M. Morales, affirmant qu'il ne cesserait pas de « faire de la politique ».
Son installation au Mexique répondait officiellement à des considérations humanitaires et sécuritaires.
Son déplacement ultérieur vers l’Argentine lui a permis de se rapprocher de ses enfants, de la Bolivie et de ses réseaux de soutien.
Les autorités argentines ont toutefois demandé à l’ancien président d’« éviter toute déclaration politique » sur le sol argentin, tandis que les conditions de son séjour devaient encore être précisées.