La Grèce est l’un des principaux points d’entrée pour les réfugiés et les migrants en Europe et il y a donc beaucoup de bénévolat qui peut être fait pour aider ces personnes.
La Grèce, aux prises avec une grave crise économique qui frappe ses citoyens, fait aussi face à une crise migratoire d’une grande ampleur. Les réfugiés qui y accostent viennent s’entasser dans des camps précaires, sis dans les îles qui bordent la Turquie comme dans les villes portuaires de Grèce continentale. Le SPF leur vient en aide, par le truchement de ses associations partenaires.

La Grèce, une première porte d’entrée en Europe
La signature d’un accord entre l’Union Européenne (UE) et la Turquie en mars 2016 a considérablement réduit le flux des migrants empruntant la route des Balkans. Le nombre de personnes arrivant en Grèce est passé de 3 000 par jour en moyenne en 2015 à une centaine fin 2016.
Les milliers de migrants et réfugiés arrivés avant la signature de cet accord se retrouvent piégés en Grèce. Ils sont sans accès aux services de base, sans hébergement ni assistance juridique.
La Grèce est leur première porte d’entrée, avec plus de 70 000 arrivées en 2019 (selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés).
Les réfugiés qui y accostent viennent s’entasser dans des camps précaires, sis dans les îles qui bordent la Turquie comme dans les villes portuaires de Grèce continentale.
Des conditions de vie extrêmement difficiles dans les camps
Surpeuplé et insalubre, Moria symbolise le drame vécu par des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, migrants réfugiés, survivant péniblement dans des camps en Europe.
Les 8 et 9 septembre derniers, dans le monde entier, des écrans diffusaient des images infernales : le camp de réfugiés de Moria, petite ville située sur l’île grecque de Lesbos, brûlait. Ses milliers d’habitants avaient perdu le peu qu’il leur restait, après avoir vécu dans des conditions extrêmement difficiles.
Entre le 8 et le 10 septembre 2020, plusieurs incendies ont éclaté dans le camp de réfugiés de Moria, forçant plus de 12 000 personnes à quitter les lieux.
Les caméras du monde se sont détournées des cendres encore fumantes de Moria mais, bien sûr, le drame demeure - à Moria comme sur d’autres îles et en Grèce continentale.
Dans les deux pays le constat est le même, les migrants sont contraints à la passivité et attendent qu’on décide de leur sort. Dans ce contexte, l’interaction avec les volontaires européens apparaît comme une bouffée d’air frais, porteuse d’échange.
L’accès aux soins : une urgence persistante
En septembre 2016, Médecins Sans Frontières ouvre une clinique dans le centre-ville de Mytilène, principale ville de Lesbos, et offre des soins en santé sexuelle et reproductive, le traitement des maladies chroniques et un soutien en santé mentale.
En juillet 2019, le gouvernement grec a révoqué l’accès à l’assurance sanitaire publique pour tous les ressortissants étrangers.
Depuis, les autorités grecques ont mis en place un nouveau dispositif d’accès aux soins à destination des personnes bénéficiant du statut de réfugié, laissant en revanche plus de 55 000 demandeurs d’asile et sans-papiers sans aucun accès gratuit aux soins, dont des bébés de moins de six mois nés dans les camps.
Entre mars et décembre 2019, les soignants du centre pédiatrique de MSF, situé à l’extérieur du camp de Moria, ont vu plus de 270 cas d’enfants souffrant de maladies chroniques qui nécessitent des traitements spécialisés, que ce centre ne peut fournir faute d’équipement.
Les consultations psychologiques dans les camps révèlent des informations précieuses sur les dynamiques de migration en cours et les perspectives de ces populations.

Les associations partenaires du Secours populaire
L’historique Solidarité populaire comme la toute récente Tolou sont, au cœur de ces camps où l’humanité est mise à mal, le prolongement de la main ailée du Secours populaire.
L’enfance, c’est le cœur des actions de Solidarité populaire de Grèce, association partenaire depuis 2013 de l’association nationale du Secours populaire comme de nombre de ses fédérations.
Haïk Apamian, son président, avance : « Nos efforts se dirigent vers les plus démunis, c’est-à-dire les grecs qui vivent dans les quartiers populaires et les réfugiés qui vivent dans les camps. Et toujours, les premières victimes de la pauvreté, ce sont les enfants. »
Le président de Solidarité populaire précise : « Dès la création de notre association en 2013, nous pressentions l’ampleur de la crise à venir, l’arrivée massive de réfugiés en Grèce. Leur venir en aide s’est donc inscrit dès le départ dans nos principes. Nous sommes une association de bénévoles, sans aucune attache politique, économique ou religieuse avec quelque pouvoir que ce soit. Cette indépendance est la raison de nos moyens fragiles, mais nous savons pouvoir compter sur le Secours populaire.
Ainsi, remonter le fil de l’action de Solidarité populaire, c’est revivre presque une décennie rythmée par les arrivées de migrants et leur installation précaire dans des camps de fortune.
Distribution de nourriture, de vêtements et de produits essentiels
En 2016 par exemple, des distributions de vivres, de jouets et de produits pour bébés, acheminés par le Secours populaire en convoi, ont été effectuées par les bénévoles de Solidarité populaire auprès des migrants réfugiés syriens du camp du port du Pirée, kurdes et afghans du camp de l’ancienne cité minière de Lavrio.
La présence de Solidarité populaire auprès des réfugiés n’a jamais faibli.
Le 15 octobre 2020, un camion empli de vêtements et chaussures neufs, collectés par le Secours populaire, partira de Clermont-Ferrand, à destination d’Athènes.
« Le convoi arrivera en Grèce à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, car notre solidarité ne doit connaître aucune frontière », éclaire Christian Causse, membre du Bureau national du SPF.
Pour les femmes, les hommes comme pour les enfants, de toutes tailles, ces articles seront remis par les bénévoles de Solidarité populaire aux réfugiés des différents camps des environs de la capitale hellénique.
La scolarisation et l’accompagnement des enfants
Solidarité populaire, au moment où Haïk Apamian témoigne, vient juste de terminer une distribution de cartables neufs pour 150 enfants du centre de réfugiés de Elefsina, ville située à vingt kilomètres environ à l’ouest d’Athènes.
« Pour certains enfants, c’est la première fois qu’ils se rendent à l’école. Ils sont heureux d’avoir des cartables neufs, fournis en crayons, en stylos et en cahiers. Pour les enfants de maternelle, nous avons offert des crayons de couleur. Nous souhaitions que ces enfants puissent suivre leur scolarité avec dignité, sans sentiment d’exclusion.
Une telle distribution de matériel scolaire neuf se déroule chaque année.
Chaque année également, Solidarité populaire permet aux enfants en grande difficulté de partir en séjours de vacances estivaux ou dans le village « copains du Monde » de Meyras mis en place par la fédération du Secours populaire d’Ardèche, ou encore de participer aux grands carnavals de Patras et d’Athènes.
Dans leurs costumes offerts, qui font briller leurs mille couleurs et reflètent la lumière, les enfants font ce que devraient faire tous les enfants du monde : ils rient, jouent et s’imaginent en héros.
Tolou : créer des espaces d’apprentissage dans les camps
« Tout commence en janvier 2020, sur l’île de Lesbos… » Ainsi, Fanny Houvenaeghel conte-t-elle l’histoire de l’association qu’elle crée, Tolou, qui est liée à la fédération du Secours populaire de l’Hérault par un tout récent partenariat.
« J’y ai alors un poste d’interprète persan / arabe / anglais / français dans un centre d’accompagnement pour demandeurs d’asile. Quand Lesbos se retrouve confinée, le centre stoppe son activité mais je reste sur l’île.
Je rencontre Elahe dans le camp de Moria. C’est une jeune fille afghane de 14 ans qui, pour répondre au manque d’école dans le camp, a créé sa propre classe d’Anglais, consciente de l’importance de son apprentissage.
Sous un arbre, Elahe apprend aux enfants des tentes avoisinantes l’alphabet et quelques phrases de conversation courante en anglais.
Nous avons décidé, avec le père d’Elahe, charpentier, de réunir les fonds auprès de donateurs privés pour qu’il puisse construire un espace couvert.
Deux semaines plus tard, nous avons ouvert une petite école, construite dans l’espoir d’enseigner à une quarantaine d’enfants.
Deux autres salles de classe sont construites afin d’accueillir tous les aspirants élèves, et un emploi du temps savamment mis en place, afin que par tranches d’une heure, tous puissent suivre les cours.

Des enseignements adaptés aux besoins du camp
Les enseignements se diversifient au fil des semaines et en fonction des besoins exprimés par les habitants du camp : à l’anglais s’ajoutent le grec et le français, ainsi que les arts plastiques.
Aux enfants se joignent vite des femmes puis des hommes.
« Intégrer tous les profils, ne laisser personne de côté, c’était très important », souligne la jeune femme.
La construction des salles et la conduite des classes rassemblent des compétences qui existent partout dans le camp : charpentiers, maçons, chefs de projet, électriciens, ingénieurs, professeurs se retrouvent autour de ce projet.
« Plus important que les cours eux-mêmes, l’école offrait la possibilité pour toutes ces personnes, livrées à elles-mêmes dans le camp, de renouer avec un rythme, un sentiment d’utilité, une confiance en soi.
Premiers secours et apprentissage de la natation
D’autres besoins s’expriment bientôt et, tout d’abord, celui de formations aux premiers secours.
La nuit tombée, le camp de Moria manque cruellement de personnel médical.
Apprendre à une poignée de volontaires les gestes qui sauvent : voilà ce à quoi un médecin et une infirmière bénévoles s’attèlent bientôt.
Ensuite, ce sont des cours de natation qui sont donnés.
« Les personnes du camp de Moria sont toutes venues sur l’île de Lesbos par voie de mer. Ils ont vu des personnes tomber à l’eau, parfois se noyer. L’objectif, c’était de rompre avec la peur de l’eau, savoir faire la planche puis apprendre à nager.
Des actions au-delà des camps
Une autre école voit bientôt le jour dans la commune voisine de Mytilène, pour les personnes réfugiées qui y ont obtenu un logement.
Pour celles qui acquièrent le statut de réfugié, des actions se mettent en place à Athènes.
L’association loue des appartements afin de permettre aux familles de se loger.
« C’est pour la période de transition.
« Ce qui nous importe, plus peut-être que d’entrer dans les camps de réfugiés, est de mettre en place des actions qui permettent aux personnes d’en sortir, de vivre des moments dans la société, avance Haik Apamian.
Et ça, depuis la crise sanitaire et les mesures de quarantaine, c’est devenu très difficile…
Je me souviens avec émotion d’une sortie au théâtre pour les enfants du camp d’Eleonas et du quartier populaire de Grava, organisée le 20 novembre 2019, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant.
La pièce s’intitulait « Plus fort que Superman » et traitait de l’importance de la solidarité !
Je me souviens de ces enfants ensemble, au-delà de leurs différences. De tous ces rires, cette joie.
Le partenariat entre Tolou et le Secours populaire
La rencontre entre Tolou et le Secours populaire se fait par l’intermédiaire de la fédération de l’Hérault du SPF.
Gilles Loison, secrétaire départemental, en précise les prémices : « Le partenariat s’initie avec le financement de 35 malles de premiers secours, afin que les personnes formées puissent disposer de matériel pour intervenir dans le nouveau camp de Lesbos, où la plupart des réfugiés de Moria ont été déplacés après l’incendie.
L’idée force, c’est d’associer les comités, les bénévoles, les personnes accueillies à cet effort.
Les formes de volontariat en Grèce
La conservation de l’environnement et le sauvetage des animaux sont également des domaines importants dans lesquels les efforts de bénévolat sont concentrés.
Le développement communautaire est une autre forme courante de volontariat en Grèce.
Dans l’ensemble, quelle que soit votre passion pour le bénévolat, les chances sont, la Grèce aura une occasion pour vous d’aider.
Sur le terrain, le travail consiste d’abord à apporter une aide directe aux migrants et demandeurs d’asile.
En Italie, Cyril et Vilbas animent des activités éducatives et ludiques (atelier musical, sportif, cours de dessin etc.) pour les jeunes migrants qui séjourne dans le Centre d’Accueil pour Demandeur d’Asile (CADA) de Palerme.
Ils participent aussi à la préparation des repas pour les migrants.
Dans les prochains mois, l’ADICE travaillera à la production de vidéo « Parcours Citoyen » afin de faire de ces expériences individuelles des exemples positifs et accessible d’engagement.
Conseils pratiques avant une mission bénévole
Apprendre quelques mots de grec
Bien que l’anglais soit largement parlé, en particulier dans les zones touristiques, apprendre quelques phrases grecques de base vous aidera certainement à vous connecter avec la communauté.
Les Grecs sont très reconnaissants lorsque vous essayez d’apprendre leur langue.
Cela sera particulièrement utile si votre projet se trouve dans une zone plus rurale ou sur l’une des îles.
Apprendre à lire l’alphabet vous aidera également à vous déplacer.
Respecter la culture locale
N’oubliez pas de respecter et de vous adapter à la culture locale pendant votre séjour en Grèce.
Sortir de votre zone de confort et vous immerger complètement dans la culture locale vous donnera l’expérience la plus enrichissante possible.
Préparer les aspects médicaux
Assurez-vous de consulter votre médecin et l’Institut Pasteur pour connaître les médicaments/vaccins recommandés.
Visa et durée du séjour bénévole
La plupart des ressortissants européens n’ont pas besoin d’obtenir un visa à l’avance pour faire du bénévolat en Grèce pour des séjours de moins de 90 jours.
Vous pouvez participer à un projet international de bénévolat dans le cadre d’un programme de protection des tortues de mer.
Les sites de nidification des tortues se trouvent sur la côte de Kyparissia.
Volontariat avec les migrants en Italie et en Grèce (1ère partie)
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