La violence envers les minorités religieuses dans les camps de réfugiés

Les violences envers les minorités religieuses s’inscrivent dans une histoire ancienne de persécutions, de déplacements forcés et de marginalisation politique. Depuis la naissance de l’islam, ils ont toujours été un entre deux.

Au Moyen-Orient, les minorités ethno-religieuses ont été durement touchées par les guerres, les invasions, les discriminations et les exactions de Daech plus récemment. Les populations déplacées, en particulier dans la plaine de Ninive, ont quitté leurs villes et leurs maisons dans la plaine de Ninive pour chercher protection dans des régions sécurisées ou dans des camps de réfugiés.

Les minorités religieuses confrontées au déplacement forcé

Les chrétiens d’Orient, les yézidis, les sabéens, les juifs et d’autres communautés constituent une part essentielle de l’identité irakienne et du patrimoine du Moyen-Orient. Les communautés chrétiennes ont connu une longue histoire dans la région, mais leur nombre a fortement diminué au cours des dernières décennies.

Les persécutions ont été particulièrement brutales depuis la troisième guerre d’Irak de 2003. Beaucoup ont été tués. Des maisons ont été pillées ou brûlées. Des lieux de culte ont été saccagés ou détruits. Les discriminations ont été particulièrement brutales.

La communauté yézidie a subi un véritable génocide de la communauté yézidie. Les violences ont été liées à leur appartenance religieuse, alors même que leur importance numérique relative constitue une entité minoritaire.

Les chrétiens ne sont que 11 des 320 millions d’habitants de la région. Ils représentent, pris ensemble, 12 % de la population. En Irak, les chrétiens ne représentaient plus que 2 à 3 % de la population en 2008, tandis que les chrétiens, les yézidis et les sabéens constituent environ 3 % de la population.

Les camps de réfugiés, espaces de protection et de vulnérabilité

Les camps sont destinés à assurer la sécurité des personnes déplacées, mais ils ne mettent pas automatiquement fin aux violences. La menace demeure et les minorités religieuses sont, plus que jamais, des cibles potentielles.

La vie dans les camps peut exposer les personnes déplacées à des discriminations fondées sur la religion, à des tensions communautaires et à une marginalisation accrue. Les populations déplacées restent dépendantes de l’aide humanitaire, des organisations internationales et des autorités locales.

Les difficultés ne sont pas seulement matérielles. Elles concernent aussi l’identité de ces peuples, leur sécurité, leur liberté religieuse et leur avenir. Les interrogations sur leur avenir doivent être résolues avant que les retours puissent devenir durables.

La reconstruction suppose également la confiance dans les autorités. Les personnes déplacées ne peuvent revenir durablement que si leur sécurité est garantie, si leurs droits sont reconnus et si la destruction des titres de propriété est réparée.

Camp de réfugiés au Moyen-Orient

Les formes de violence subies par les minorités religieuses

La violence physique et les persécutions

Beaucoup ont été tués. Des familles ont été contraintes de partir. Les communautés et les églises ont été prises pour cibles. Des lieux de culte ont été saccagés ou détruits.

Les exactions de Daech ont aggravé une situation déjà marquée par les violences confessionnelles, les affrontements armés et l’abandon de leurs communautés. La violence est absurde. « Dieu ne prend pas plaisir au sang », dit-il.

La destruction des maisons et des lieux de culte

Les maisons ont été pillées ou brûlées. Les lieux de culte ont été saccagés ou détruits. À Qaraqosh, des bâtiments ont été détruits ou endommagés, notamment des églises et des monastères.

Le monastère constitue un haut-lieu du christianisme en Irak. Des statues de saints ont été défigurées au burin. Des gravats et de la terre encombrent les pièces, ce qui rend nécessaire une estimation de l’importance des travaux à réaliser.

La disparition des repères culturels

La destruction du patrimoine touche directement l’identité de ces peuples. La reconstruction ne concerne donc pas seulement les logements et les infrastructures, mais aussi l’éducation et le patrimoine culturel.

Les communautés et les églises doivent pouvoir réinventer la personne, la liberté et la différence. Le maintien de la diversité ethnique et culturelle de l’Irak est une priorité.

Les causes politiques et sociales de la violence

Les tensions ne sont pas uniquement religieuses. Elles sont également liées à la désagrégation de l’État, aux réflexes sectaires, tribaux et claniques, aux rivalités régionales et aux interventions étrangères.

Le progressisme n’a pas pu enterrer le tribalisme pluricellulaire. Les sociétés se juxtaposent et se soumettent l’une à l’autre. Certaines communautés ne se sentent pas intéressées par le destin des autres. Cette marginalisation avorte l’émergence de l’État de droit.

La religion est un rapport entre l’individu et Dieu. La liberté est un don de Dieu, pour tous. Elle doit être respectée.

Il faut distinguer les fondamentalistes du reste. Il convient de se démarquer des pays qui prônent cet intégrisme. La vengeance n’est pas une réponse suffisante. Le ghetto n’est pas non plus une solution.

La faiblesse des institutions

La sécurité et la gouvernance sont deux priorités fondamentales. L’État de droit doit s’appliquer à tous les citoyens, quelle que soit leur confession.

Les institutions publiques doivent être renforcées. Les autorités irakiennes doivent assurer la sécurité, garantir la liberté religieuse et rendre justice aux victimes.

La Commission indépendante irakienne des droits de l’homme peut constater les violations des droits de l’homme dans le pays. Elle peut enquêter et agir partout. La commission dispose de 14 implantations en Irak.

Elle peut recevoir des requêtes et intervenir localement. Une commission centrale va intervenir et diligenter une enquête. Elle doit agir de manière impartiale et indépendante.

La difficulté de juger les crimes

Les structures judiciaires irakiennes sont inadaptées pour juger ce type de crimes. Le retour des djihadistes et de ceux qui les ont aidés pose la question de la justice et de la responsabilité.

La documentation des crimes permet le recueil des preuves et la préparation des données nécessaires pour un procès équitable. Une justice crédible est indispensable à la réconciliation.

Les victimes ne doivent pas être traitées en citoyens ou en croyants mineurs. La liberté religieuse qui en découle est spécifique à la personne humaine.

La situation des chrétiens et des yézidis après Daech

Après la défaite territoriale de Daech, la situation des chrétiens en Irak semble s’améliorer. Cependant, Daech possède encore une effroyable capacité de nuisance.

Les forces irakiennes ont repris le contrôle du barrage de Mossoul. Les territoires libérés restent néanmoins fragiles et les populations déplacées demeurent préoccupées par leur sécurité.

Les chrétiens de la plaine de Ninive souhaitent retrouver leurs villes et leurs maisons. Leur détermination à retourner chez nous reste ferme. L’espérance est liée à la libération de nos villes et à la reconstruction.

Plus de 90 % souhaitaient rentrer. Des milliers de familles étant revenues dans la plaine de Ninive, des milliers d’exilés du Nord de l’Irak ont retrouvé leur région.

Le retour est cependant ralenti par plusieurs facteurs : la destruction des habitations, l’insuffisance des infrastructures, l’absence de garanties de sécurité, les tensions autour du contrôle des terres et les interrogations sur l’avenir politique de la région.

La reconstruction comme condition du retour

La reconstruction des logements

À Qaraqosh, 1 451 maisons appartenant à des familles syriaques orthodoxes ont été endommagées. La reconstruction constitue l’une des premières priorités.

Le père Georges Jahola supervise et coordonne ce projet. Les travaux sont réalisés avec l’aide d’architectes et d’un ingénieur. Les prêts peuvent être remboursés en fin de chantier.

Le recours à un prêt à taux zéro vise à éviter le « don » engendrant une forme d’assistanat. Il ne s’agit pas de donner de l’argent directement, mais de permettre aux familles de participer à la reconstruction de leurs logements.

La réhabilitation des infrastructures

La réhabilitation de la canalisation d’eau courante depuis le Tigre constitue une première préoccupation. Le développement d’une économie diversifiée est également nécessaire.

La reconstruction doit inclure les services, l’équipement, les écoles et les établissements de santé. Le centre le plus proche est à Qaraqosh. Le bâtiment a été gravement endommagé par Daech.

La reconstruction peut prendre à deux ans. Elle dépend de l’aide internationale, du financement de l’État et de la capacité des autorités locales à sécuriser les territoires libérés.

Le rôle de la communauté internationale

Le soutien et le financement de l’État dans la reconstruction sont particulièrement importants. La communauté internationale peut apporter sa contribution par des programmes humanitaires, économiques et culturels.

Le Fonds de soutien participe à la reconstruction. Les organisations internationales et les associations peuvent contribuer au retour des réfugiés et des déplacés.

L’aide humanitaire est nécessaire, mais elle ne suffit pas. Elle doit être accompagnée d’une politique de sécurité, d’éducation, de justice et de citoyenneté.

Mossoul : la restauration de deux églises détruites par Daesh

La citoyenneté et la liberté religieuse

La citoyenneté qui doit en être le pivot doit être appliquée à tous. Les citoyens doivent respecter les lois. L’État doit respecter toutes les religions.

La participation égalitaire au pouvoir et à l’administration est indispensable. Les minorités doivent être représentées au niveau des plus hautes autorités.

La liberté religieuse et la liberté de culte doivent être garanties par la loi. Les différences religieuses ne sont pas un handicap de la coexistence.

La religion, la société et l’État doivent être distingués. Il faut un État laïc qui assure le respect des religions.

Les chrétiens, les yézidis et les autres minorités ne doivent pas être considérés comme des communautés étrangères. Ils font partie de la société irakienne et de son histoire.

« Citoyenneté » et « minorités » doivent être pensés avec précaution. Les minorités ne sont pas minoritaires ni historiquement, ni théologiquement. Elles étaient présentes dès les origines.

Le Liban et l’expérience du vivre-ensemble

Le Liban offre une expérience particulière de coexistence entre communautés. La convivialité islamo-chrétienne passe par le Liban. C’est la grande spécificité du Liban.

Les Libanais sont fiers d’avoir créé le concept du « vivre ensemble ». Il repose sur le respect de la spécificité de chaque confession et sur la nécessité de maintenir le dialogue.

La participation égalitaire au pouvoir et à l’administration demeure un principe important. Les échanges culturels et, au niveau parlementaire, les échanges et les visites peuvent contribuer à rapprocher les communautés.

L’organisation fréquente de conférences conjointes permet de maintenir les contacts entre les institutions religieuses. Des contacts fréquents sont nécessaires afin de coordonner les deux institutions.

Le Liban demeure toutefois confronté à des tensions politiques et confessionnelles. Les rivalités entre l’Arabie Saoudite et les chiites à l’Iran créent une méfiance qui se retrouve sur le plan politique.

Les problèmes économiques et institutionnels aggravent la vulnérabilité des populations. Les difficultés économiques sont principalement dues aux difficultés économiques.

Un large programme de modernisation des infrastructures libanaises pourrait produire des milliers d’opportunités d’emploi. L’éducation et le patrimoine culturel sont également essentiels à la stabilité.

La réussite de ce programme dépend de la stabilité politique, de la coopération régionale et du soutien de la communauté internationale.

La responsabilité des autorités religieuses et politiques

Les responsables religieux ont un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre la violence. Les musulmans eux-mêmes doivent réagir lorsqu’une idéologie terroriste se réclame de l’islam.

Il faut un discours positif sur l’ouverture de l’islam et de l’Arabie Saoudite. Les valeurs de l’islam doivent être distinguées de l’intégrisme et de la violence.

Les autorités religieuses doivent défendre la citoyenneté, les droits de l’homme et la liberté religieuse. Elles doivent également rappeler que les chrétiens sont les frères des musulmans.

Les extrémistes ne sont pas les musulmans. Il convient de distinguer les fondamentalistes du reste et de condamner l’islamophobie.

Les responsables politiques doivent garantir la sécurité, assurer la justice et empêcher les discriminations. La sécurité ne peut pas être séparée de la gouvernance.

Les autorités doivent travailler pour conserver les chrétiens sur place. Les forces de sécurité doivent pouvoir agir dans les villages et dans les villes pour assurer leur présence.

Les protecteurs des minorités doivent être soumis à la loi. Les forces armées et les milices doivent respecter les institutions publiques et les droits des citoyens.

Les conditions d’un retour durable

Le retour des réfugiés et des déplacés ne peut être fondé uniquement sur la libération militaire des territoires. Il faut une paix totale pour entamer ce mouvement.

La sécurité des réfugiés syriens dans les différents pays voisins doit également être prise en compte. Le nombre des retours a été estimé à 200 000 dans certaines régions.

Les personnes déplacées doivent pouvoir revenir dans des régions sécurisées. Leur sécurité ne serait pas assurée en cas de retour si les groupes armés, les tensions communautaires et les menaces terroristes demeurent.

La reconstruction doit être accompagnée d’une politique de réconciliation après Daech en Irak. La réconciliation ne peut réussir sans justice, sans reconnaissance des crimes et sans restitution des biens.

Les communautés chrétiennes ou yézidies doivent être associées aux décisions concernant leur avenir. La détermination à retourner chez nous reste ferme, mais le retour doit être libre, sûr et digne.

Les interrogations sur leur avenir doivent être résolues. La confiance dans les autorités, la citoyenneté, la liberté religieuse et la participation égalitaire au pouvoir sont les conditions d’une présence durable.

Le vivre-ensemble entre communautés était possible dans la sortie de crise récente. Les différences religieuses ne sont pas un handicap de la coexistence.

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