Les envois d’argent des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont franchi la barre des 120 milliards de dirhams en 2025.
Près de cinq millions de ressortissants établis à l’étranger ont transféré des montants massifs vers le Maroc l’an dernier.
Ces capitaux irriguent en priorité les zones rurales, finançant directement l’éducation et impulsant de nouvelles activités génératrices de revenus.
La France conforte son statut de premier pays expéditeur de ces flux.
Lors de la Journée internationale des envois de fonds familiaux tenue à Rabat le jeudi 11 juin 2026, Charles Thépault a dévoilé l’ampleur de ces transactions.
Ces statistiques traduisent la densité des connexions humaines et commerciales liant Paris à Rabat.
Selon le diplomate, ces transferts garantissent en premier lieu la « résilience des ménages » face aux difficultés économiques.

Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont franchi un nouveau seuil historique avec leurs transferts de fonds vers le Maroc en 2023.
D’après les données fournies par l’Office marocain des changes, ces envois ont atteint 115,3 milliards de dirhams marocains, l’équivalent approximatif de 10,71 milliards d’euros.
Ce chiffre marque une progression par rapport à l’année précédente où les transferts s’élevaient à 110,8 milliards de dirhams, soit environ 10,3 milliards d’euros.
Les fonds transférés par les MRE sont la source la plus importante de devises étrangères pour le Maroc, surpassant même certains secteurs exportateurs traditionnels.
En 2023, ces transferts ont connu une augmentation significative de 19,2 %, consolidant leur rôle clé dans l’économie marocaine.
Ces flux financiers demeurent essentiels pour la stabilité économique, soutenant non seulement le taux de change mais également des investissements variés à travers le royaume.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Transferts MRE en 2023 | 115,3 milliards de dirhams |
| Équivalent approximatif | 10,71 milliards d’euros |
| Année précédente | 110,8 milliards de dirhams |
| Variation en 2023 | 19,2 % |
| France dans le total | 30,8 % |
| Espagne dans le total | 12,6 % |
| Arabie Saoudite dans le total | 10,7 % |
| Italie dans le total | 9,2 % |
Cette hausse des transferts a été largement alimentée par les envois provenant de la France, qui représente 30,8 % du total des fonds.
En second lieu, l’Espagne (12,6 %), suivie par l’Arabie Saoudite (10,7 %) et l’Italie (9,2 %), illustrent la diversité des destinations de la diaspora marocaine.
Les transferts en provenance de l’Arabie Saoudite ont connu une croissance particulièrement rapide avec une augmentation de 47 %, équivalente à 3,9 milliards dirhams supplémentaires.
Les Émirats Arabes Unis et les États-Unis ont également enregistré des croissances notables de 24,8 % et 11,3 %, respectivement.
Sur une période de cinq ans, les transferts venant du Canada ont affiché le taux de croissance annuel moyen le plus élevé à 37 %, suivi par l’Arabie Saoudite à 27,2 % et l’Espagne à 26,2 %.
Cette dynamique reflète l’engagement continu et croissant des MRE envers leur pays d’origine, contribuant non seulement directement par voie de fonds, mais également par le biais d’investissements immobiliers et d’autres participations économiques.
Les transferts des MRE ne se limitent pas uniquement à l’aspect monétaire.
Ils englobent aussi des contributions significatives lors des visites au pays, par l’achat de biens et services locaux, ainsi que par des investissements qui créent davantage d’opportunités économiques sur le territoire marocain.
Les défis de maintien de cette dynamique de transfert incluent la préservation des relations économiques saines avec les pays où réside une large population de MRE.
Pourquoi ces envois sont essentiels
Les immigrés, arrivés récemment ou non en France, constituent bien souvent une source de revenus pour leurs proches restés dans leurs pays d’origine.
C’est évidemment le cas lorsque leur émigration poursuit précisément des buts économiques : quitter le pays, avec l’aide de la famille ou de la communauté pour financer la migration, peut alors être vu comme un investissement dont les fruits (salaires, aides sociales…) sont ensuite partagés avec la famille restée sur place.
Les transferts de fonds des migrants sont des flux privés, qui constituent une des facettes des échanges financiers et économiques entre l’Europe et le reste du monde.
À la différence de l’aide publique au développement, ils ne sont pas financés par le contribuable - du moins pas directement.
Pour autant, il importe de ne pas s’en désintéresser car ils connaissent une dynamique avérée et ont naturellement un impact sur l’économie française.
Les transferts sont dits personnels car ils émanent de personnes physiques et sont sans contrepartie pour la partie versante : il ne s’agit donc ni d’un investissement ni de l’acquisition d’un bien ou service mais simplement d’une aide.
En pratique, ces transferts sont néanmoins motivés par les liens qu’entretient la personne envoyant les fonds avec son pays d’origine, notamment avec les membres de sa famille.
Rappelons que les transferts sont effectués sans contrepartie et auprès de personnes physiques : de telles aides se conçoivent dans un cadre familial, ou tout au moins communautaire.
Les transferts peuvent naturellement intervenir dans les deux sens.
Lorsque des résidents français envoient des fonds à l’étranger - cas le plus fréquent -, on parle de transferts sortants (ou payés).
À l’inverse, lorsque des résidents français bénéficient de transferts de fonds de personnes résidant dans d’autres pays, il s’agit de transferts entrants (ou reçus).
Poids mondial et place de la France
À l’échelle mondiale, le volume des transferts entrants a atteint 823 Md$ en 2023 selon la Banque mondiale.
Ce volume augmente de manière tendancielle depuis 1970.
On ne constate des diminutions que certaines années et pour une courte durée, souvent en lien avec une conjoncture économique dégradée.
La hausse des transferts est globalement corrélée au nombre de migrants internationaux.
Les transferts de fonds des migrants ont augmenté plus rapidement que l’aide publique au développement (APD) et même que les investissements directs étrangers (IDE) : ils dépassent les montants consacrés à l’APD depuis le milieu des années 1990 et se rapprochent des IDE.
Si l’on rapporte les transferts entrants au PIB mondial, on observe, après une phase de fluctuation entre 0,3 et 0,4 % du PIB entre 1977 et 2000, une forte hausse depuis 2001.
Les catégories de pays pour lesquels les transferts représentent le pourcentage du PIB le plus élevé sont les pays d’Afrique occidentale et centrale (4,16 %), les pays dans la tranche inférieure des revenus intermédiaires (4,89 %) ou encore les pays dits de dividende démographique précoce (3,00 %).
Ainsi, pour ces catégories de pays, qui sont des pays relativement pauvres, les transferts représentent pour les ménages un revenu important et contribuent de manière substantielle à leur économie - même si les effets économiques restent discutés, comme nous le verrons plus loin.
La France et, plus largement, la plupart des pays européens sont une des sources de ces transferts financiers.
Ce solde se dégrade fortement depuis le milieu des années 2010, le déficit ayant presque triplé, passant de 12,4 Md€ en 2014 à 35,9 Md€ en 2023.
La France suit la tendance haussière précédemment décrite.
Comme nous venons de la souligner, elle est même le premier pays européen à l’origine de transferts de fonds des migrants, avec un déficit de 15,8 Md€ et un volume de transferts sortants de 16,1 Md€.
Le solde français des transferts tend à se dégrader nettement depuis 2008 : le déficit a plus que doublé en 15 ans, passant de -7,2 Md€ en 2008 à -15,8 Md€ en 2023.
En cumulant les 15 dernières années (2009-2023), le volume des transferts sortants atteint 162,5 Md€, contre des transferts entrants de seulement 7 Md€ - soit un solde négatif de 155,5 Md€.
Ce montant cumulé sur quinze ans équivaut à 5,3 % du PIB de la France l’an dernier.
Destination des transferts depuis la France
À qui profitent ces sommes transférées par des migrants depuis la France ?
En 2023, plus de la moitié du déficit de la France en termes de transferts entre ménages résidents et non-résidents provient de l’Afrique, à savoir 51,4 %.
Plus précisément, il s’agit principalement de l’Afrique du Nord (41,2 %), l’Afrique centrale et australe venant nettement derrière (10,2 %).
Autrement dit, nous ne disposons pas de l’évaluation de la Banque de France concernant les transferts français bénéficiant à l’Algérie, alors que nous en avons pour le Maroc.
En se limitant aux données disponibles, nous présentons ci-après le « top 10 » des pays ayant bénéficié de transferts depuis la France.
En première position apparaît le Maroc (solde de -3,5 Md€, soit 22,4 % du solde total de la France), suivi par deux pays d’Europe du Sud (le Portugal et l’Espagne), auxquels il faut ajouter, plus bas dans le classement, l’Italie et la Roumanie.
Ce rapport permet de mesurer le poids de la France dans la ressource financière que constitue ces transferts personnels pour les pays récipiendaires.
En moyenne, il apparaît que les transferts depuis la France représentent 2,75 % de la totalité des transferts à destination du reste du monde.
Dans le détail, le Maroc et la Turquie ont une dépendance assez forte aux transferts français (respectivement 33,3 % et 13,1 % de leurs transferts totaux).
Dans le top 10 des pays pour lesquels la part des transferts personnels français est importante, on trouve ensuite divers pays européens, ainsi que la Chine (6,2 %) et le Brésil (5,3 %).
Transferts informels, usages et risques
Les données disponibles, à savoir notamment celles de la Banque mondiale, qui servent par ailleurs de source à Eurostat, n’appréhendent qu’imparfaitement les transferts informels.
Si la situation de chaque pays est spécifique, il est probable que ces écarts s’expliquent aussi par l’existence de transferts informels qui échappent aux organismes statistiques.
Aussi, pour appréhender de manière exhaustive l’ampleur des transferts vers les pays bénéficiaires, il serait nécessaire de chiffrer ceux d’entre eux qui transitent par des canaux informels.
Les canaux informels sont variés : il peut s’agir de transferts d’argent liquide via des proches ou de systèmes plus évolués tel que le système dit Hawala.
La Hawala est un système occulte d’envois de fonds.
Une transaction Hawala n’implique pas l’envoi physique d’espèces d’un pays à un autre.
Le système s’appuie sur un réseau d’opérateurs appelés Hawaldars ou intermédiaires Hawala.
Une personne désireuse de transférer de l’argent contacte un opérateur Hawala dans son lieu de résidence.
Cet opérateur Hawala perçoit l’argent et l’indication du bénéficiaire.
Les données empiriques disponibles sur les transferts de source française se situent dans cette fourchette.
Selon l’INSEE, 28 % des immigrés versent une aide financière régulière à des proches (famille ou amis) ou à une association.
C’est aussi vrai, en partie, pour le Maroc et la Tunisie, qui se situent dans la moyenne (30%).
Viennent ensuite l’Algérie (22 %), la Turquie et le Moyen-Orient (19 %), l’Asie du Sud-Est et la Chine (17 %).
Les liens économiques avec le pays d’origine peuvent par ailleurs prendre d’autres formes, sur lesquelles nous ne nous attarderons pas ici, telle que la propriété immobilière.
Effets économiques
D’une part, ils augmentent le revenu disponible des ménages, stimulant leur consommation, réduisant directement la pauvreté et permettant l’accès à l’éducation, ce qui concourt au développement des populations.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence de l’ONU, explicite ces défauts d’une forte dépendance aux transferts de fonds, qui expose en outre les pays bénéficiaires à des effets déstabilisateurs en cas de fluctuations des transferts ou des taux de change.
Si les transferts peuvent être une solution commode pour capter des ressources financières à l’étranger et contribuer au financement du niveau de vie d’un pays donné grâce à sa diaspora, ils ne sont néanmoins pas suffisants pour bâtir l’avenir du pays et peuvent même, en certains cas, le desservir.
En fait, autorités et chercheurs s’interrogent davantage sur la contribution des transferts au développement des pays d’émigration que sur leur impact pour l’économie et les finances publiques des pays d’immigration.
En premier lieu, il est utile de resituer les transferts en comptabilité nationale.
Le déficit de la France en termes de transferts personnels concourt au déficit du poste « revenus secondaires ».
Source : Banque de France. La balance des paiements et la position extérieure de la France - rapport annuel 2024.
Ils viennent d’abord diminuer la consommation, ce qui a pour conséquence concrète de réduire le PIB.
En effet, la consommation des ménages est la principale composante du PIB, auquel elle contribue pour plus de moitié.
Au demeurant, l’épargne permet une consommation différée et peut également être investie, sachant que l’investissement des ménages contribue lui aussi au PIB, certes plus marginalement.
En outre, la partie des sommes transférées qui aurait été non pas consommée mais épargnée serait venue alimenter les dépôts bancaires et les différents dispositifs d’épargne (réglementée ou non), contribuant directement ou indirectement au financement de l’économie.
L’ensemble de ces éléments permet de faire l’hypothèse que les transferts vers l’étranger se font davantage au détriment de la consommation dans le pays d’accueil qu’aux dépends de l’épargne.
Ce n’est pas anodin au vu de la croissance française de 2025, qui devrait être du même ordre selon les dernières prévisions de la Banque de France (+0,6 %).
L’impact négatif sur l’économie se répercute nécessairement sur les finances publiques, via une diminution des ressources fiscales.
En particulier, la baisse de la consommation des ménages a pour effet de réduire les recettes de TVA.
En effet, les sommes versées en vertu d’une obligation alimentaire sont déductibles du revenu imposable même si le bénéficiaire réside à l’étranger.
La déductibilité des pensions alimentaires se traduit alors par une perte sèche pour les finances de l’Etat.
Réglementation, fiscalité et vigilance
Pour diminuer les transferts, la mesure la plus directe et la plus efficace est donc de réduire l’immigration, plus particulièrement celle issue des pays dont les émigrés reversent fréquemment des fonds, à savoir notamment les pays d’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
À l’échelle de la France, une taxe au taux de 2 %, appliquée à 16 Md€ de transferts, procurerait 320 M€ - un rendement qui serait supérieur à celui de la taxe de solidarité sur les billets d’avion.
Aux Etats-Unis, l’administration Trump a pris l’initiative d’une telle « remittance tax », qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2026.
Ne sont assujetties à la taxe que les sommes remises aux opérateurs à partir de certains supports de paiement physiques uniquement, tel l’argent liquide, de sorte que le champ de la taxe paraît assez étroit.
Cette taxe poursuit ainsi à la fois un objectif budgétaire et un objectif de lutte contre le blanchiment d’argent.
Pour autant, en Europe, un obstacle juridique important se dresse devant ce projet : une taxe ciblée sur les transferts vers les pays tiers serait probablement jugée incompatible avec le principe de libre circulation des capitaux, qui a une portée mondiale en vertu des traités européens et qui fait l’objet d’une interprétation extensive par la Cour de justice de l’Union européenne.
Les transferts dits informels, c’est-à-dire occultes, sont un des nombreux défis à la légalité que soulève l’immigration.
Le propre des systèmes de type Hawala est qu’ils se situent en dehors de ce cadre légal.
Indépendamment même de la problématique des transferts de fonds des migrants, les transferts informels sont un phénomène qui doit être réprimé, dans la mesure où ils sont un instrument au service de la criminalité, du terrorisme et du financement illégal d’organisations religieuses ou politiques.
Certains opérateurs Hawala en France ont déjà été poursuivis et condamnés, généralement dans un contexte de blanchiment d’argent.
La poursuite de ces opérateurs devrait être une priorité des autorités compétentes.
Bloquer les transferts vers un pays donné ne se heurte en soi pas à des difficultés techniques - sauf naturellement pour les transferts informels - mais soulève des questions juridiques et d’efficacité.
Il conviendrait donc de faire évoluer les textes.
Dans le domaine de l’immigration, certaines données sont bien précises, d’autres sont plus approximatives.
On connaît, déjà, beaucoup moins exactement le nombre d’étrangers en France et leurs nationalités.
En ce qui concerne les transferts de fonds des migrants, les statistiques existent mais sont peu diffusées et imparfaites, dépendant notamment de la fiabilité des comptes nationaux des pays qui bénéficient des transferts.
Les impacts économiques de ces transferts de fonds attirent également moins l’attention que le débat sur l’impact plus direct de l’immigration sur l’économie.
Les immigrés conservent des liens avec leur pays d’origine.
Ils y font parvenir, entre autres, des sommes d’argent - par des canaux qui ne sont au demeurant pas bien maîtrisés.
4 méthodes pour envoyer de l’argent au Maroc facilement et à meilleur taux
Envoyer de l’argent vers le Maroc peut se faire de plusieurs manières.
Les agents Ria en France peuvent vous aider pour les transferts vers Maroc.
De confiance depuis plus de 38 ans dans le monde, ce service permet d’envoyer de l’argent vers plus de 200 pays.
Envoyer de l'argent au Maroc est rapide, pratique et abordable avec Ria Money Transfer.
Les virements bancaires sont généralement une option abordable, tandis que les transferts par carte de crédit et de débit peuvent entraîner des frais supplémentaires.
Si vous cherchez le moyen le plus rapide d'envoyer de l'argent au Maroc, vous pourriez utiliser une carte de débit ou de crédit pour votre transaction.
Et si le délai n'est pas une préoccupation, envisagez plutôt un virement bancaire.
Quel est le moyen le plus sûr d'envoyer de l'argent au Maroc ?
Lorsque vous envoyez de l'argent au Maroc, il est important de choisir un prestataire sûr et réputé.
Recherchez des entreprises de transfert d'argent international agréées qui utilisent le chiffrement, offrent un suivi fiable et disposent d'un service client clair.
Ria Money Transfer offre un moyen sûr d'envoyer de l'argent, avec plusieurs options de paiement soutenues par des mesures de sécurité solides et des décennies d'expérience dans les transferts d'argent mondiaux.