Égalité

L’égalité est souvent liée voire même confondue avec les termes de « justice » et « d’équité ». Ce sont des termes dont la définition fait référence aux idéaux ancrés sur la vie collective en société mais qui néanmoins agissent immédiatement sur les relations à l’échelle individuelle. L’égalité est communément présente dans les règles, les normes, les institutions, les valeurs et les principes qui orientent la vie collective. 

Quelques définitions

La notion d’égalité se trouve souvent au cœur de l’idéal démocratique. Ce n’est pas pour rien qu’elle est évoquée dans la devise de la France, créée dans un contexte de révolution où le peuple réclamait une redistribution du pouvoir. Cette notion suscite des débats jusqu’à aujourd’hui et touche directement l’individu et sa capacité d’agir : « Les démocraties libérales ont privilégié le respect des libertés, parfois au détriment de l’égalité, tandis que les régimes socialistes ont restreint les libertés au nom de l’égalité », a affirmé John Rawls

Selon la définition du dictionnaire Larousse, l’égalité correspond à « l’absence de toute discrimination entre les êtres humains, sur le plan de leurs droits ; Qualité de ce qui est égal, constant ; Uniformité, régularité (…) » 

L’égalité peut donc être considérée comme le caractère identique, invariable ou commun de deux ou plusieurs êtres. Le principe d’égalité repose sur l’interdiction de toute forme de distinction entre les individus.  

Dans son dictionnaire de 1764, Voltaire a écrit « il est clair que tous les hommes jouissant des facultés attachées à leur nature sont égaux ; ils le sont quand ils s’acquittent des fonctions animales, et quand ils exercent leur entendement ». Pour Voltaire, les Hommes seraient censés être tous égaux à la naissance. Or, les besoins de services (spécifiques à l’être humain) ont créé des rapports de dépendance venant à l’encontre de l’idéal d’égalité : « Tous les hommes seraient donc nécessairement égaux, s’ils étaient sans besoins ; la misère attachée à notre espèce subordonne un homme à un autre homme : ce n’est pas l’inégalité qui est un malheur réel, c’est la dépendance ». Dans cette logique, l’égalité serait mise en péril lorsque, dans un contexte où on ne peut pas être autosuffisant et indépendant, elle se voit confrontée à l’ambition, à l’envie d’avoir un rapport de supériorité. Ainsi, un groupe pourrait s’identifier comme des égaux entre eux et différents face à l’altérité qui représenterait une menace. 

Nous voyons ici que cette notion d’égalité partielle (acceptée dans le groupe mais qui n’est pas évidente ou immédiate avec l’Autre) déforme l’idéal d’une égalité intégrale pour tou.te.s car excluant des individus. 

En résumé, il semblerait ainsi que l’égalité soit une notion très abstraite, qui a occupé et occupe toujours une place importante dans la définition des principes fondamentaux. Nous parlons donc d’égalité en tant que point de départ (à l’origine ou naissance), en tant que moyen (les ressources et les traitements) et en tant que fin (l’accès au développement, aux fruits du travail en société). Dans ce sens, le but de l’équité et de la justice serait d’assurer une égalité intégrale. 

L’égalité et la diversité

Le « principe universaliste » soutient que nous sommes tou.te.s égaux.ales en droit, ce qui semble une bonne proposition pour fonder une nation. Cependant, ce principe universaliste, basé sur l’égalité, a aussi eu des conséquences identitaires sur les nouvelles sociétés. En nous rendant égaux.gales, il a invisibilisé nos différences : chacun.e d’entre nous n’est alors plus considéré dans sa singularité. 

Dans cette optique d’égalité, il semblerait que la diversité pose problème. 

Prenons l’exemple de ressortissants d’un pays et de ressortissants étrangers. Le principe d’égalité entre les ressortissants nationaux justifierait qu’on leur octroie des droits égaux, mais, de fait, la totalité de ces droits ne sont pas octroyée aux ressortissants étrangers (ex droit de vote). La diversité semblerait donc à première vue être un frein à l’égalité.

Le paradoxe est que pour assurer une vraie égalité intégrale, il faudrait prendre en compte la diversité

Si l’égalité absolue n’existe pas de par nos différences, une égalité relative, définie, est défendue dans la plupart des sociétés occidentales, dans lesquelles les distinctions ne sont pas niées mais doivent servir au bien commun. Or, le principe même du bien-commun est subjectif et défini culturellement. Certaines sociétés  défendent l’égalité comme fondement primordial du système ; d’autres prônent un système hiérarchique inégalitaire comme élément structurant (castes hermétiques, distinction des rôles des genres…) ; enfin, les systèmes monarchiques (même parlementaires comme au Royaume-Uni), reposent sur une inégalité de naissance, du sang. L’opposition des cadres de références prônant ou non l’égalité peut mener à des chocs culturels et des incompréhensions profondes entre des professionnel.les et des usager.e.s. 

Enfin, se pose aujourd’hui en France la question de la discrimination positive comme vecteur d’équité dans certaines sociétés. Donner une chance supplémentaire aux personnes victimes de discriminations  permettrait de contrebalancer les inégalités vers un système plus juste.

L’égalité dans le travail social

L’égalité, et son antonyme l’inégalité, jouent un rôle important en ce qui concerne le travail social car ces mots regroupent et symbolisent des idées, des idéaux et des valeurs sur le mode de fonctionnement des sociétés, particulièrement quant au développement des individus et leur potentiel. Le travail social en tant que pratique et discipline a pour but d’aider des individus à surmonter les barrières et les disparités (accès à la santé, éducation, emploi, logement…). Le travail social pourrait donc être perçu comme un outil pour la promotion de l’égalité,  qui permettrait aux individus de développer et exprimer leur plein potentiel en société, sans discriminations.

La législation française estime que « le travail social vise à permettre l’accès des personnes à l’ensemble des droits fondamentaux, à faciliter leur inclusion sociale et à exercer une pleine citoyenneté. Dans un but d’émancipation, d’accès à l’autonomie, de protection et de participation des personnes, le travail social contribue à promouvoir, par des approches individuelles et collectives, le changement social, le développement social et la cohésion de la société. Il participe au développement des capacités des personnes à agir pour elles-mêmes et dans leur environnement. »

L’égalité comme valeur évoquée dans plusieurs incidents critiques

Les enjeux liés à l’égalité sont nombreux dans les incidents critiques récoltés. Ce sont des cas où l’origine, le genre, l’opinion politique, la classe sociale ou d’autres vont à l’encontre de l’idéal d’égalité.

Par exemple, le rapport égalité hommes-femmes est évoqué dans l’incident critique « femmes en cuisine ». Il s’agit d’un incident où la narratrice nous raconte que suite à l’intervention d’un mari, une femme tchétchène participant à son atelier quitte l’activité pour aller préparer le repas. 

Dans un autre incident récolté, « Grimaces et préjugés », une professeure est confrontée à des propos racistes en cours de FLE. Elle s’appuie sur la loi française pour rappeler les valeurs d’égalité et de respect de l’autre. Cet incident nous parle de la relation aux différentes représentations de la « paix sociale ». 

Les incidents

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