Agir professoral et traumatisme chez les enfants réfugiés

À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés (20 juin), le Rapport mondial de suivi sur éducation (GEM) publie un nouveau document portant sur la difficulté d’enseigner à des enfants souffrant de traumatismes, comme les enfants migrants et réfugiés en âge d’aller à l’école, dont le nombre a augmenté de 26 % depuis 2000.

Beaucoup de ces enfants ont subi des expériences traumatisantes avant de quitter leur foyer, que ce soit pendant leur voyage ou lorsqu’ils ont trouvé refuge dans leur une communauté ou un nouveau pays. Certains d’entre eux développent un stress qui affecte leur capacité d'apprentissage.

Une population exposée à des parcours traumatiques complexes

Dans le monde, le nombre de personnes contraintes de quitter leur pays d’origine en raison de guerres, de persécutions, de conflits ou d’autres types de violence a augmenté pour atteindre, fin 2020, près de 82,4 millions de personnes déracinées à travers le monde, en raison de la persécution, des conflits, des violences, des violations des droits humains ou d’événements troublant gravement l’ordre public, selon les estimations de l’UNHCR.

Ils ont décidé de quitter leur pays par tous les moyens, parfois au péril de leur vie. Le nombre de réfugiés dans le monde est en nette hausse : il a doublé en dix ans.

La plupart de ces personnes déplacées sont originaires de pays en guerre (Syrie, Yemen, Centrafrique, République Démocratique du Congo, Sud Soudan) ou de pays qui subissent des vagues de violences communautaires ou religieuses (Birmanie).

On compte parmi elles 48 millions - soit plus de la moitié - de déplacés internes c’est-à-dire qu’ils sont restés à l’intérieur de leur pays, et presque 26,4 millions de réfugiés dont plus de la moitié à moins de 18 ans.

Précisons qu’un réfugié est une personne à qui est accordée une protection, en raison des risques de persécution qu’elle encourt dans son pays d’origine à cause de son appartenance à un groupe ethnique ou social, de sa nationalité ou de ses opinions politiques.

Le terme de réfugié désigne un individu qui a franchi une frontière internationale poussé par une crainte de persécution et qui, de ce fait, demande la protection d’un autre pays, lequel reconnaît sa demande d’asile.

Il existe aussi des millions de personnes apatrides qui ont été privées de nationalité et d’accès aux droits élémentaires comme l’éducation, les soins de santé, l’emploi et la liberté de circulation. Actuellement 1 personne sur 95 a été forcée de fuir son foyer à cause des conflits ou de la persécution.

Déplacements forcés et enfants réfugiés

Les enfants réfugiés et l’immigration en France

80 000 personnes ont effectué une demande d’asile en 2020 en France. L’origine de ces demandeurs d’asile est très variable puisqu’elle dépend du contexte géopolitique mondial.

Toutefois, en 2020, trois pays asiatiques étaient en tête des pays d’origine des demandeurs d’asile en France : Afghanistan, Bangladesh, Pakistan.

Les Afghans représentent la première communauté, avec 41 000 personnes, devant les Syriens (35 327) et les Sri-Lankais (33 675).

En France, en 2019, on estimait à 40 000 le nombre de mineur·e·s non-accompagné·e·s pris·e·s en charge par les départements, dont seulement 17 000 ont été confié·e·s à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et moins de 1000 ont déposé une demande d’asile.

Des problèmes psychologiques élevés chez les réfugiés

Les migrants sont une population particulièrement à risque de TSPT en raison de confrontations fréquentes à un ou plusieurs événements traumatisants (traumatisme complexe) dans leur pays d’origine, sur le parcours de l’exil mais aussi dans le pays d’accueil où ils vivent dans l’insécurité et la précarité.

Les réfugiés ont comme dénominateur commun des parcours de vie complexes. Pour beaucoup d’entre eux, ils ont vécu dans leur pays d’origine des situations de ruptures et de violence.

À défaut de possibilités d’accès sûres et légales, ils ont emprunté une route migratoire qui comporte de nombreux dangers. Les risques d’assassinat, d’enlèvements, d’abus physiques, de violences sexuelles et de genre ainsi que les risques d’humiliation sont prégnants sur ces itinéraires.

La route de l’exil peut provoquer chez certains migrants des traumatismes et entraîner des dépressions.

Les traumatismes sont nombreux et souvent très lourds : maux de tête, terreurs nocturnes, perte de repères spatiaux-temporels, cauchemars, dépression, crise d’angoisse, idées suicidaires, humeur triste, anxiété, troubles de la concentration, sentiment d’impossibilité à faire face, à faire des projets ou à continuer dans la situation actuelle.

Ceux qui n’ont pas développés de troubles n’en sont pas moins fragilisés. Pour tous, le départ, l’arrachement au groupe social, la violence des parcours migratoires et l’arrivée dans un environnement inconnu sont autant de facteurs de déstabilisation psychique.

D’après le dernier rapport de la Comede, Comité pour la santé des exilés, entre 2013 et 2017, sur l’ensemble des demandeurs d’asile reçus par l’association, près de 7 sur 10 souffraient d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Des études épidémiologiques confirment que le risque d’apparition de problèmes psychologiques est élevé chez les réfugiés [Fazel M, Wheeler J, Danesh J. Prevalence of serious mental disorder in 7000 refugees resettled in western countries: a systematic review. Lancet. 2005;365(9467):1309-14].

L’histoire clinique de ces individus est caractérisée par une exposition répétée à des événements traumatiques (torture, nombreuses pertes de pairs et de personnages importants, blessures graves, scénarios de guerre et pénurie alimentaire) [Goodwin-Gill GS, Mc Adam J. The refugee in international law. Oxford: Oxford University Press; 2007].

Des troubles qui peuvent se prolonger après l’arrivée

Les conditions d’accueil peuvent également majorer les troubles psychiques pré existants.

des mineurs non accompagnés au cours de la procédure en reconnaissance de minorité majorent les troubles psychiques préexistants

La lourdeur des démarches administratives et la longueur des procédures de régularisation, les problèmes d’accès au logement ou à l’emploi… sont également des facteurs de risque de souffrance psychique.

Plusieurs raisons peuvent expliquer l’absence de prise en charge et/ou d’intérêt pour des consultations d’ordre psychologiques.

La demande d’une prise en charge en santé mentale est peu exprimée par les migrants : la santé intervient au second plan face à la survie au quotidien, et, dans certains pays, la profession de psychologue n’existe pas ou est peu connue, dans d’autres, recevoir des soins psychologiques est tabou voire honteux.

L’absence de suivi ne facilite pas la prise en charge : les migrants sont très souvent en mouvement, or les traumatismes sont tellement grands qu’une séance ne suffit pas.

La langue est souvent un obstacle aux soins, le recours à l’interprétariat professionnel étant très limité.

Les manifestations du traumatisme en classe

Certains de ces enfants développent un stress qui affecte leur capacité d'apprentissage.

Souvent, les enseignants ne réalisent pas que les enfants traumatisés ne peuvent pas apprendre comme les autres.

Ils sont souvent devenus des chefs de famille.

Ils n’ont pas un environnement sûr leur permettant de se relever de leur traumatisme.

Huit ans après le début du conflit syrien, ce nouveau document insiste sur la nécessité de mieux former les enseignants afin de fournir un soutien psychosocial aux enfants ayant vécu des événements traumatisants.

« Je pense à un garçon qui a été placé en détention en Iraq. Si on élève la voix, il s’enfuit de la salle et ne revient pas. Je n'ai pas reçu de formation. Et il m’est arrivé de me sentir dépassée. Souvent, les enseignants ne réalisent pas que les enfants traumatisés ne peuvent pas apprendre comme les autres. Ils sont souvent devenus des chefs de famille. Ils n’ont pas un environnement sûr leur permettant de se relever de leur traumatisme. », témoigne Jenny Caroline Herbst, enseignante dans une classe d’accueil pour nouveaux arrivants en Allemagne.

Cette situation montre que l’agir professoral ne se limite pas à transmettre des connaissances. Il consiste aussi à établir des conditions d’apprentissage compatibles avec l’état psychique de l’élève, à repérer certaines manifestations de souffrance et à orienter l’enfant vers les professionnels compétents.

Une vulnérabilité particulière des mineurs non accompagnés

En Allemagne, un cinquième des enfants réfugiés souffrent de stress post-traumatique. Les mineurs non accompagnés sont particulièrement vulnérables.

Un tiers des 160 enfants demandeurs d'asile non accompagnés en Norvège, originaires d'Afghanistan, de la République islamique d'Iran et de Somalie, souffraient de stress post-traumatique.

Parmi les 166 enfants et adolescents réfugiés non accompagnés en Belgique, 37 à 47% présentaient des symptômes d’anxiété « graves ou très graves », de dépression et de stress post-traumatique.

Les niveaux de traumatismes chez les personnes déplacées dans les pays revenus faibles et intermédiaires sont également élevés.

Par exemple, 75 % des 331 enfants déplacés dans les camps situés dans le sud du Darfour, au Soudan, répondaient aux critères de diagnostic du syndrome de stress post-traumatique et 38 % présentaient des signes de dépression.

L’école comme espace de stabilité

En l'absence de centres de santé, les écoles jouent souvent un rôle clé dans la restauration d'un sentiment de stabilité.

Mais les enseignants doivent disposer de connaissances de base sur les symptômes des traumatismes pour mieux accompagner les élèves.

Un contexte scolaire stable peut contribuer à restaurer des repères, à soutenir la socialisation et à permettre à l’enfant de retrouver progressivement une capacité d’attention et d’engagement.

Les contextes d'apprentissage doivent être sûrs, stimulants et adaptés.

La sécurité du cadre, la prévisibilité des activités et l’adaptation des pratiques pédagogiques sont donc essentielles pour les élèves migrants et réfugiés ayant vécu des événements traumatisants.

La formation des enseignants face au traumatisme

Les enseignants qui travaillent avec des élèves migrants et réfugiés ayant subi un traumatisme font face à des difficultés particulières et ont besoin d'une formation adaptée.

Des ONG telles que International Rescue Committee, iACT et Plan International forment les enseignants à relever ce défi par le biais de leurs programmes, mais leur portée ne suffit pas.

En Allemagne, la majorité des enseignants et des éducateurs ont déclaré qu’ils ne se sentaient pas suffisamment préparés pour répondre aux besoins des enfants réfugiés.

Aux Pays-Bas, 20 % des enseignants ayant plus de 18 ans d'expérience dans les écoles classiques ont déclaré éprouver beaucoup de difficulté à interagir avec les élèves traumatisés.

La grande majorité de ces enseignants (89 %) ont rencontré au moins un élève traumatisé au travail.

Un examen des structures d’éducation et de protection de la petite enfance pour les enfants réfugiés en Europe et en Amérique du Nord a révélé que, bien que de nombreux programmes aient reconnu l’importance de fournir des soins, la formation et les ressources « font défaut presque universellement ».

« Les enseignants ne sont pas et ne devraient jamais être considérés comme des spécialistes de la santé mentale, mais ils peuvent jouer un rôle clé dans le soutien apporté aux enfants traumatisés, s’ils bénéficient d’une formation adaptée », a déclaré Manos Antoninis, directeur du Rapport GEM.

La formation permet notamment de mieux comprendre les réactions de l’enfant, d’éviter les interprétations uniquement disciplinaires et d’ajuster la relation pédagogique à des situations de peur, d’hypervigilance, de retrait ou de difficulté de concentration.

Faire évoluer les pratiques pédagogiques

« Les conflits et les déplacements ne vont pas disparaître », déclare Manos Antoninis.

« Ils nécessitent des changements considérables dans les pratiques pédagogiques, qui doivent être intégrées dans les programmes des pays. Il faut les faire évoluer pour mieux accompagner ces enfants et les aider à renforcer leur confiance en eux, notamment grâce à des jeux de rôle et à des discussions de groupe. »

Les jeux de rôle et les discussions de groupe peuvent contribuer à renforcer la confiance en soi et à favoriser l’expression dans un cadre collectif.

Les interventions sociales et psychologiques doivent tenir compte de la culture et être adaptées au contexte.

Les interventions psychosociales nécessitent une coopération entre les services d’éducation, de santé et de protection sociale.

L’enseignant peut ainsi participer à un réseau d’accompagnement sans se substituer au psychologue, au médecin, au travailleur social ou aux autres spécialistes de la santé mentale.

La coopération entre l’école, la santé et la protection sociale

Une réponse adaptée au traumatisme repose sur la complémentarité des acteurs.

Les interventions psychosociales nécessitent une coopération entre les services d’éducation, de santé et de protection sociale.

Cette coopération est particulièrement importante lorsque les enfants vivent dans l’insécurité, lorsqu’ils sont isolés ou lorsqu’ils rencontrent des obstacles administratifs, linguistiques et sociaux.

Les enseignants ne sont pas et ne devraient jamais être considérés comme des spécialistes de la santé mentale, mais ils peuvent jouer un rôle clé dans le soutien apporté aux enfants traumatisés, s’ils bénéficient d’une formation adaptée.

L’EMDR auprès des réfugiés et des demandeurs d’asile

L’EMDR peut apporter une contribution significative pour aider les victimes d’attaques terroristes, les réfugiés et demandeurs d’asile.

La recherche et les recommandations internationales montrent que la thérapie EMDR peut aider les réfugiés à plusieurs niveaux : la prévention des troubles mentaux, la résolution des facteurs de risque, faciliter l’intégration et l’adaptation des réfugiés dans une nouvelle culture, et aider à transformer les expériences critiques à laquelle cette population est exposée en quelque chose de constructif.

De nombreuses études menées dans des zones géographiques et des contextes variés ont mis en évidence l’utilisation de protocoles EMDR avec des mineurs réfugiés.

Des études sur les protocoles EMDR de groupe

Molero, Jarero et Givaudan ont publié un essai contrôlé randomisé multisite longitudinal sur la mise à disposition de l’EMDR-IGTP-OTS aux mineurs réfugiés à Valence, en Espagne.

Les résultats de l’étude indiquent que l’administration intensive de PP EMDR-IGTP-OTS pourrait être une solution réalisable, rentable, composante efficace dans le temps, sensible à la culture et efficace d’un programme multidisciplinaire basé sur des groupes psychosociaux pour lutter contre le TSPT, la dépression et les symptômes d’anxiété chez les mineurs réfugiés.

Smyth-Dent, Fitzgerald et Hagos proposent une étude de terrain sur le protocole de traitement de groupe intégratif EMDR pour le stress traumatique continu fourni aux réfugiés érythréens adolescents vivant en Éthiopie destinée à évaluer l’efficacité du protocole de traitement de groupe intégratif EMDR pour le stress traumatique en cours (EMDR-IGTP-OTS) dans la réduction du trouble de stress post-traumatique (TSPT), de la dépression et des symptômes d’anxiété chez les adolescents réfugiés vivant à l’intérieur du Camp de réfugiés de Shimelba à Shiraro, Éthiopie

Hurn R et Barron I. ont publié un protocole de traitement de groupe intégratif EMDR dans un programme psychosocial pour les enfants réfugiés : Une étude pilote qualitative

Wadaa NN, Zaharim NM, Alqashan HF. abordent l’efficacité du protocole de groupe EMDR avec les enfants pour réduire le TSPT chez les enfants réfugiés.

Les résultats suggèrent que les interventions EMDR-GP/C peuvent réduire les symptômes du TSPT et de la dépression, ainsi qu’améliorer le bien-être des enfants réfugiés syriens atteints de TSPT.

Il semble également que le contenu de l’EMDR-GP/C aide les enfants à intégrer l’ensemble de l’expérience, en reconstruisant une signification adaptative de l’événement traumatique.

Pourquoi privilégier les protocoles de groupe dans certains contextes

Comme l’expliquent Civilotti, Margola, Zaccagnino, Cussino, Callerame, Vicini & Fernandez, dans leur article l’EMDR dans la psychologie de l’enfant et de l’adolescent : un examen narratif : » Compte tenu de la situation critique, ces personnes sont très susceptibles d’être retraumatisées et exposées à de nouveaux événements traumatiques ; les contraintes de temps ancrées dans le contexte d’urgence et les difficultés organisationnelles dues aux caractéristiques socio-économiques du contexte incitent à choisir un protocole de groupe plutôt qu’un cadre individuel. «

La plupart des interventions EMDR utilisent le protocole de traitement de groupe intégratif (EMDR-IGTP) ou le protocole de traitement de groupe intégratif pour le stress traumatique continu (EMDR-IGTP-OTS) avec ces populations de patients.

Le protocole EMDR-IGTP-OTS intègre de nombreux avantages qui sont adaptés aux populations de réfugiés.

Il permet d’identifier, de cibler et de traiter le continuum d’expériences traumatiques multiples auxquelles sont confrontées les populations de réfugiés qui subissent un stress traumatique permanent.

Le traitement EMDR individuel peut être dispensé à des groupes de réfugiés, petits ou grands, dans le cadre d’une modalité de traitement intensive, afin que les patients puissent recevoir un traitement efficace et effectif.

L’ensemble du traitement et l’exposition des souvenirs se déroulent en présence des thérapeutes, qui régulent les affects.

En tant que traitement interculturel sensible à la culture, l’EMDR-IGTP-OTS réduit la résistance culturelle au traitement, même pour les membres de cultures réticentes, car il est peu intrusif et ne nécessite pas la création d’un récit de l’expérience traumatique, la divulgation verbale ou écrite des détails, la reviviscence prolongée de l’expérience traumatique ou le travail à domicile.

Le souvenir troublant n’est pas visualisé mentalement comme dans le protocole standard de l’EMDR, mais il est représenté concrètement dans les dessins ou les symboles du participant.

L’utilisation du protocole IGTP-OTS est également attribuable aux tentatives de limiter les réticences culturelles (les pays d’origine des participants de l’échantillon sont souvent peu familiers avec les pratiques liées au diagnostic et au traitement des problèmes de santé mentale) [55].

En fait, les caractéristiques les plus importantes de l’EMDR dans ces contextes sont l’absence d’intrusion, l’approche non narrative en ce qui concerne le récit de l’expérience traumatique et l’absence de devoirs entre les séances.

Avec ces protocoles EMDR, on ne demande généralement pas aux patients de parler de leurs souvenirs traumatiques mais de les représenter graphiquement à l’aide de dessins ou de symboles.

EMDR de groupe pour enfants réfugiés

Résultats observés et limites d’intervention

Toutes les études soulignent une augmentation du bien-être psychologique des sujets associée à une réduction des symptômes du TSPT, de l’anxiété et de la dépression.

Les résultats montrent que cette intervention EMDR est efficace (les données recueillies après le traitement montrent une diminution des réactions psychologiques et somatiques) et fonctionnelle en quelques séances de groupe, ce qui fait de l’EMDR un traitement rentable.

L’EMDR constitue une intervention spécialisée qui doit être mise en œuvre par des professionnels formés. Elle ne remplace ni la présence sécurisante de l’enseignant ni l’organisation d’un accompagnement coordonné autour de l’enfant.

L’adaptation culturelle des interventions

Certaines recherches détaillent les adaptations culturelles du protocole EMDR standards.

Le protocole EMDR standard a été créé dans un contexte culturel occidentalo-centré.

La pratique de l’EMDR s’est étendue depuis à d’autres cultures, notamment dans le cadre de prise en charge de populations migrantes et réfugiées et lors d’interventions humanitaires à l’étranger…

Comment développer une relation thérapeutique avec des patients d’une autre culture et établir une relation de confiance ?

Comment surmonter les différences culturelles dans les styles de traitement et d’expression des émotions ?

Comment réduire les résistances culturelles au traitement ?

Plusieurs auteurs abordent ces questions.

Naseh, M., Stempel, R., Macgowan, M. J., Wagner, E. F., Abtani, Z., Potocky, M., & Stuart, P. H. ont réalisé une revue systématique des adaptations culturelles dans les interventions psychosociales pour le trouble de stress post-traumatique chez les réfugiés.

Les adaptations culturelles couramment utilisées dans les études examinées comprenaient des modifications du personnel et du contexte, des changements de contenu et la traduction ou l’adaptation des outils d’évaluation.

Mbazzi, F. B., Dewailly, A., Admasu, K., Duagani, Y., Wamala, K., Vera, A., Roth, G. formulent des recommandations pour une adaptation culturelle du protocole EMDR qui le rende culturellement pertinent pour les patients africains, dans un article Adaptations culturelles du protocole EMDR standard dans cinq pays africains, : formulation du texte du protocole, expression culturelle des pensées et des émotions, choix de la stimulation, simplification des échelles quantitatives…

Les interventions sociales et psychologiques doivent tenir compte de la culture et être adaptées au contexte.

Recommandations pour l’agir professoral

  • Les contextes d'apprentissage doivent être sûrs, stimulants et adaptés.
  • Les enseignants qui travaillent avec des élèves migrants et réfugiés ayant subi un traumatisme font face à des difficultés particulières et ont besoin d'une formation adaptée.
  • Les interventions psychosociales nécessitent une coopération entre les services d'éducation, de santé et de protection sociale.
  • Les interventions sociales et psychologiques doivent tenir compte de la culture et être adaptées au contexte.

Les conflits et les déplacements ne vont pas disparaître.

Ils nécessitent des changements considérables dans les pratiques pédagogiques, qui doivent être intégrées dans les programmes des pays.

Il faut les faire évoluer pour mieux accompagner ces enfants et les aider à renforcer leur confiance en eux, notamment grâce à des jeux de rôle et à des discussions de groupe.

« Je tiens à saluer les pays qui, malgré leurs propres préoccupations économiques ou sécuritaires, font preuve d’humanité en accueillant des réfugiés.

tags: #agir #professoral #et #traumatisme #refugies