Carte des grands courants migratoires dans le monde

Les migrations internationales désignent les déplacements de personnes qui quittent leur pays ou arrivent dans un autre pendant une période déterminée. Selon l’Organisation des Nations unies, les flux migratoires correspondent au « nombre de migrants internationaux arrivant dans un pays (immigrants), ou nombre de personnes quittant un pays (émigrants) pendant une période déterminée[1] ».

Cette définition statistique doit toutefois être utilisée avec parcimonie. Elle massifie un phénomène plus complexe et invisibilise des parcours individuels. Les cartes donnent ainsi une représentation globale des mobilités, mais elles ne peuvent pas toujours restituer la succession des transits, des arrêts, des retours et des changements de destination qui composent les trajectoires migratoires.

Carte mondiale des grands flux migratoires

Lire une carte des migrations internationales

Depuis deux siècles, l’immigration en France s’intègre dans un système plus large de circulations à l’échelle du monde. Les cartes en rendent compte de manière incomplète, faute de chiffres précis et homogènes. Elles ne peuvent, par exemple, figurer la complexité des trajectoires migratoires, faites de transits, d’arrêts, de retours. Mais elles brossent les grandes lignes de ces migrations mondialisées.

Le terme « flux migratoires » permet de représenter les départs et les arrivées entre différents territoires. Il ne doit cependant pas faire oublier les personnes et la diversité des situations. Désincarner les mobilités, notamment forcées, tout en les montrant globales et en indiquant généralement qu’elles ne vont que dans une direction, qui serait du « Sud » vers le « Nord », ne représente pas la réalité des faits et participe à faire le lit des discours xénophobes et racistes, tout en justifiant une politique migratoire plus ferme.

Les déplacements de population n’impliquent pas forcément le passage d’une frontière internationale. Les populations restées à l’intérieur de leur pays entrent dans la catégorie des « déplacés ». Celles qui passent la frontière peuvent demander l’asile dans un autre pays.

Des migrations principalement intracontinentales

Les migrations se font principalement entre pays à fort niveau de développement. 190 millions des migrant∙e∙s internationaux∙les, soit près de 67 %, résident dans un pays à IDH, indice de développement humain, très élevé ou élevé. Ces deux catégories sont également les pays d’émigration les plus importants : ils étaient à l’origine de 162 millions des personnes migrantes en 2020, soit 58%[3].

Ainsi, ces pays sont donc à la fois attractifs et émetteurs de migrant·e·s internationaux·ales. Cette situation montre que les principaux pôles migratoires ne sont pas uniquement des territoires d’accueil : les pays les plus développés participent également fortement aux départs et aux circulations internationales.

De manière générale, la majorité des mouvements migratoires sont intracontinentaux. Ainsi, en 2020, 52,5% des migrant·e·s internationaux·ales ressortissant·e·s d’un pays d’Afrique vivaient dans un pays du même continent.

Une carte mondiale des migrations ne doit donc pas être interprétée comme un ensemble de déplacements allant principalement des pays pauvres vers les pays riches. Les mobilités s’organisent aussi entre pays voisins, entre États appartenant à une même région et entre territoires présentant des niveaux de développement comparables.

IndicateurDonnée
Migrant·e·s internationaux·ales résidant dans un pays à IDH très élevé ou élevé190 millions, soit près de 67 %
Personnes migrantes originaires de pays à IDH très élevé ou élevé162 millions en 2020, soit 58%
Migrant·e·s internationaux·ales africain·e·s vivant en Afrique52,5% en 2020

Les grands courants historiques

Organisés depuis l’Inde et la Chine, ils alimentent en main d’œuvre les grandes plantations de l’Asie du Sud-Est, mais aussi l’Est de l’Afrique et les Caraïbes.

Ces circulations historiques ont contribué à structurer durablement les populations et les sociétés de plusieurs régions du monde. Elles montrent que les grands courants migratoires ne sont pas uniquement contemporains et qu’ils peuvent s’inscrire dans des systèmes économiques organisés sur de longues périodes.

A la fin du 20e siècle, les flux migratoires s’accélèrent, alimentés par les grands écarts de richesse, les crises et les conflits, et la circulation de l’information qui nourrit les envies de départ.

Parmi les migrants, les travailleurs manuels font place aux personnes qualifiées et les femmes sont de plus en plus nombreuses. Nombre de mouvements ont une longue portée et les itinéraires migratoires sont de plus en plus compliqués.

Anciennes routes migratoires entre continents

La proximité géographique et les migrations régionales

Certains flux sont liés à la proximité géographique, comme les migrations entre le Mexique et les États-Unis.

La proximité des frontières, les liens historiques, les relations économiques et les différences de conditions de vie peuvent favoriser des déplacements réguliers ou durables entre pays voisins. Ces mouvements régionaux constituent une composante majeure des migrations internationales et sont souvent plus importants que les itinéraires intercontinentaux.

Les migrations entre le Mexique et les États-Unis illustrent cette logique de voisinage. Elles s’inscrivent dans un espace transfrontalier marqué par des échanges économiques, des mobilités de travail et des parcours familiaux.

Crises, conflits et déplacements forcés

Les crises politiques, les conflits, les persécutions et les violences collectives alimentent d’importants mouvements migratoires.

Les populations restées à l’intérieur de leur pays entrent dans la catégorie des « déplacés ». Celles qui passent la frontière peuvent demander l’asile dans un autre pays.

La carte prend en compte les réfugiés bénéficiant du statut officiel ou qui vivent dans des conditions comparables, selon la définition du HCR.

Les migrations forcées constituent donc une catégorie particulière des mobilités humaines. Elles ne peuvent pas être assimilées à des déplacements motivés uniquement par la recherche d’un emploi ou d’une vie meilleure, car elles sont liées aux crises politiques, aux conflits, aux persécutions et aux violences collectives.

Clandestins : les routes les plus dangereuses vers l'Europe

Les migrations vers l’Europe

Selon les Nations Unies, 86,7 millions de migrant·e·s internationaux·ales résidaient en Europe en 2020, parmi lesquels 3,85 millions de réfugié·e·s et de personnes en demande d’asile.

Un peu plus de la moitié était né dans un autre pays européen, soit 50,5%[7], tandis que 5,9 % étaient issus d’Afrique sub-saharienne, 16% d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et 6,2% d’Amérique du Sud et des Caraïbes.

Origine ou statut des migrant·e·s résidant en Europe en 2020Part ou nombre
Migrant·e·s internationaux·ales résidant en Europe86,7 millions
Réfugié·e·s et personnes en demande d’asile3,85 millions
Personnes nées dans un autre pays européen50,5%
Personnes issues d’Afrique subsaharienne5,9 %
Personnes issues d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient16%
Personnes issues d’Amérique du Sud et des Caraïbes6,2%

Si les « flux migratoires » vers l’Europe, notamment depuis l’Afrique, dominent dans les discours politiques et médiatiques, c’est qu’ils se concentrent sur les entrées irrégulières sur le territoire.

Cette focalisation ne rend pas compte de l’ensemble des mobilités présentes sur le continent. La majorité des migrant·e·s internationaux·ales résidant en Europe est née dans un autre pays européen, tandis que les personnes originaires d’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d’Amérique du Sud et des Caraïbes représentent des parts distinctes de la population migrante.

La place de la France dans les migrations mondiales

La France était, en 2020, le 7ème pays d’accueil dans le monde de migrant·e·s internationaux·ales, avec 8,1 millions de personnes, soit 12,4 % de sa population[9].

Cependant, le nombre de primo-entrant·e·s sur le territoire français a beaucoup diminué depuis le milieu des années 1970. Selon l’OCDE, le « flux d’immigration à caractère permanent »[10] en 2019 par rapport à la population totale de la France était de 0,4 %, soit plus faible que la moyenne de l’UE, 0,8%, la Suède, plus d’1 %, ou de la Suisse, 1,4%[11].

Ces chiffres décrivent deux dimensions différentes : le nombre total de migrant·e·s internationaux·ales résidant en France et le flux d’immigration à caractère permanent rapporté à la population totale en 2019. Ils ne mesurent donc pas la même réalité.

En 2022, on comptait 499 486 personnes réfugiées en France, soit 5,8 % du nombre total de migrant·e·s internationaux.ales dans le pays[12]. Le pays se plaçait alors au 13ème rang mondial en termes d’accueil de personnes réfugiées dans le monde[13].

Indicateur concernant la FranceDonnée
Migrant·e·s internationaux·ales en France en 20208,1 millions
Part de la population française12,4 %
Flux d’immigration à caractère permanent en 20190,4 %
Moyenne de l’Union européenne0,8%
Flux d’immigration à caractère permanent en Suèdeplus d’1 %
Flux d’immigration à caractère permanent en Suisse1,4%
Personnes réfugiées en France en 2022499 486
Part des personnes réfugiées parmi les migrant·e·s internationaux·ales5,8 %

Évolution du nombre de personnes vivant à l’étranger

Plusieurs millions de personnes quittent chaque année leur pays pour s’installer dans un autre, dans l’espoir d’y trouver une vie meilleure.

Sur le thème de l’immigration, qui soulève presque partout des passions, l’information statistique est déficiente. Dans les pays d’accueil, le nombre des immigrés est souvent mal connu : seuls les réfugiés font l’objet de comptages. Il faut donc se contenter de chiffres très approximatifs.

Selon le Fonds des Nations unies pour la population, le nombre des personnes vivant dans un autre pays que leur pays natal serait passé de 75 millions en 1965 à 120 millions en 1990 et à 150 millions en 2000.

AnnéePersonnes vivant dans un autre pays que leur pays natal
196575 millions
1990120 millions
2000150 millions

Ces chiffres doivent être relativisés : il s’agit de près de 2 % de la population du monde, une proportion qui n’a pas beaucoup changé depuis la seconde guerre mondiale.

Ce n’est pas tant l’ampleur que la généralisation des flux qui est le trait nouveau : presque tous les pays du monde sont désormais concernés.

Les cartes mondiales permettent de visualiser cette généralisation, mais elles doivent être lues avec prudence, car les données disponibles ne décrivent pas toujours l’ensemble des parcours et des situations migratoires.

Les données et les limites des cartes migratoires

Explorez les statistiques sur les migrations internationales sur notre carte du monde.

Explorez les données internationales sur les migrations, publiquement disponibles et comparables au niveau international, sur notre carte du monde interactive. Les données sont disponibles sur une variété de sujets, notamment l’immigration et l’émigration, l’opinion publique et l’intégration des migrants.

Toutes les données proviennent de sources internationales, telles que le DAES des Nations Unies et l’UNICEF.

Dans les pays d’accueil, le nombre des immigrés est souvent mal connu : seuls les réfugiés font l’objet de comptages. Il faut donc se contenter de chiffres très approximatifs.

Les cartes en rendent compte de manière incomplète, faute de chiffres précis et homogènes. Elles ne peuvent, par exemple, figurer la complexité des trajectoires migratoires, faites de transits, d’arrêts, de retours.

Leur intérêt est néanmoins de faire apparaître les grands axes de circulation, les principaux espaces d’accueil et d’émigration, les dynamiques régionales et les mouvements liés aux crises et aux conflits.

Les migrations et les objectifs de développement durable

La migration est une question transversale de l’Agenda 2030, pertinente pour tous les Objectifs de développement durable, ODD.

Les données migratoires permettent ainsi d’étudier les liens entre mobilité internationale, développement, intégration, opinion publique et conditions de vie. La représentation cartographique des migrations peut être utilisée pour comparer les situations nationales et régionales à partir de données publiquement disponibles et comparables au niveau international.

Migration internationale et objectifs de développement durable

La lecture d’une carte des grands courants migratoires doit donc associer les chiffres, les trajectoires et les contextes. Les flux internationaux regroupent des mobilités de travail, des migrations familiales, des départs liés aux écarts de richesse, des déplacements provoqués par les crises et des circulations entre pays voisins. Les femmes sont de plus en plus nombreuses parmi les migrants, les personnes qualifiées occupent une place croissante et les itinéraires migratoires sont de plus en plus compliqués.

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